Près de 80 % des jeunes Camerounais sont sexuellement actifs à 18 ans, mais restent dépendants de l’accord parental pour accéder aux soins. Soutenu par le REMAPSEN, le RECAJ+ appelle à l’adoption urgente d’une loi sur la majorité sanitaire.
Le Réseau Camerounais des Adultes et Jeunes Positifs (RECAJ+) a réitéré son appel en faveur de l’adoption d’une loi sur la majorité sanitaire, lors d’un Café Média organisé au siège d’ONUSIDA à Yaoundé. Soutenu par le Réseau des Médias Africains pour la Promotion de la Santé et de l’Environnement (REMAPSEN Cameroun), ce plaidoyer vise à lever les barrières juridiques qui limitent l’accès des jeunes et adolescents aux soins de santé.
Laura Lontsi, directrice des programmes du RECAJ+, a rappelé l’urgence d’une telle disposition :« Il est primordial aujourd’hui au Cameroun d’adopter la majorité sanitaire, au même titre que nous avons la majorité civile, pénale ou électorale. À 18 ans, près de 80% des jeunes sont sexuellement actifs et exposés à de nombreuses maladies telles que le VIH, l’hépatite ou d’autres IST. Sans un cadre légal, les jeunes restent privés d’un accès autonome et responsable aux soins », a-t-elle expliqué.
Selon elle, l’absence de cette disposition accentue la vulnérabilité des jeunes, confrontés aux relations transgénérationnelles, aux phénomènes de « Sugar Daddy », aux drogues et aux relations sexuelles non protégées.
Au-delà de la majorité sanitaire, le RECAJ+ insiste également sur la reconnaissance et la valorisation du rôle des agents de santé communautaire. Ces derniers, souvent bénévoles, se battent pour atteindre les populations dans les zones les plus reculées sans bénéficier de financements durables. « Leur travail est indispensable si nous voulons mettre fin aux maladies au Cameroun. L’État doit encadrer et professionnaliser ce métier », a plaidé Laura Lontsi.
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Prince Mpondo, coordonnateur national du REMAPSEN Cameroun, a renchéri en soulignant la responsabilité des médias :« La loi actuelle empêche les jeunes d’accéder seuls aux services de santé sans accord parental. Pourtant, les tabous autour de la sexualité rendent cette exigence inopérante. Nous, journalistes, devons accompagner ce plaidoyer et sensibiliser la population comme les décideurs. La santé des jeunes doit être placée au cœur des priorités nationales », a-t-il martelé.
Ce Café Média tenu le 20 aout 2025 à Yaoundé, a ainsi permis aux acteurs de la société civile et aux journalistes d’unir leurs voix pour interpeller les autorités publiques. L’adoption d’une loi sur la majorité sanitaire apparaît désormais comme une étape incontournable pour renforcer la lutte contre le VIH et protéger la jeunesse camerounaise.
Mireille SIAPJE















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