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    Violences sexuelles : Accompagner les victimes vers la reconstruction

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    Le samedi 25 juillet à Yaoundé, l’association Course of Action a réuni thérapeutes et survivantes pour parler de guérison. Sa fondatrice, Nchang Joycelline Tita, appelle toute la communauté à protéger les enfants.

    Treize ans après son agression, Evelyne porte encore ces mots. Adolescente au moment des faits, elle a longtemps gardé le silence, sur demande de son entourage, avant de décider de raconter son histoire publiquement.

    Son témoignage résonne avec une réalité plus large. Selon l’OMS, une femme sur trois dans le monde a déjà subi des violences physiques ou sexuelles. Au Cameroun, plus de 1 500 cas ont été enregistrés entre janvier et avril 2026, un chiffre en dessous de la réalité selon les acteurs du secteur, freinés par la peur, la honte ou la pression familiale.

    C’est pour répondre à ce silence que l’association Course of Action, fondée par Nchang Joycelline Tita, a organisé le 25 juillet une rencontre à l’Hôpital Baptiste d’Étoug-Ébé, consacrée à la thérapie et à la prise en charge des survivantes. « J’ai vu un vide dans la communauté, et j’ai décidé d’agir plutôt que d’attendre qu’une autre personne le fasse », explique-t-elle. L’initiative est aussi née d’une douleur collective, après le décès de la petite Divine Mbarga, un drame qui a rappelé l’urgence de mieux protéger les enfants.

    Psychologues, thérapeutes et un gynécologue-obstétricien ont insisté sur l’importance de l’écoute. Pour Marie Brenda Aborang, présidente de Goodness of Humanity, les victimes ont besoin d’un cadre où parler sans être jugées ni culpabilisées. Le Dr Yves Bertrand Kasia a rappelé que la prise en charge doit associer accompagnement médical, psychologique et social.

    Pour Nchang Joycelline Tita, cette protection ne peut reposer sur les seuls parents. « Même protégé à la maison, un enfant reste en danger si son environnement ne l’est pas. La

    sécurité d’un enfant dépend de toute la communauté », insiste-t-elle. Une conviction qui l’a poussée à sensibiliser directement dans les lieux publics, notamment au marché des Acacias, pour porter le message là où vivent les populations.

    Au-delà de la parole, les participantes ont bénéficié d’une initiation à l’autodéfense animée par un maître de Kung-fu, et Prosper Nsabiyumva, de l’association NBV, a présenté la musique comme outil thérapeutique pour les enfants victimes.

    Mais le combat se heurte à des résistances. « Le premier défi, c’est le silence. Il y a aussi la négligence : on préfère souvent les sujets qui font rire ou rapportent de l’argent », déplore la fondatrice. C’est pourquoi Course of Action a lancé une pétition à l’Assemblée nationale, réclamant un renforcement des lois sur les violences sexuelles faites aux enfants et une application plus stricte des sanctions.

    L’association prévoit déjà une nouvelle activité en septembre, dans les lycées, pour sensibiliser les jeunes. « Ce n’est pas seulement un événement ponctuel, c’est un plan d’action », résume-t-elle. Derrière chaque victime, une souffrance mais aussi, quand l’écoute et l’accompagnement sont là, une possibilité de reconstruction.


    Marie Chantale Faida/M.S

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