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    Hôpital de District d’Odza : L’humanisation des soins à l’épreuve du terrain

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    Situé dans l’arrondissement de Yaoundé IV, région du Centre au Cameroun, l’Hôpital de district d’Odza s’impose comme une référence de la médecine de proximité au Cameroun ;

    Sous la direction du Dr Mireille Elele Mvogo, cette structure incarne l’humanisation des soins et déploie avec succès la Couverture Santé Universelle, notamment via la gratuité de la vaccination et du traitement du paludisme infantile ;

    Cependant, victime de son attractivité avec 1 800 patients mensuels, l’établissement fait face à un défi de taille : une capacité d’accueil limitée à 27 lits. Pour pérenniser sa mission, l’urgence repose désormais sur l’extension de ses locaux et la modernisation de son plateau technique.

    Alors que le système de santé camerounais traverse une phase importante de sa modernisation sous l’impulsion du ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie, l’hôpital de district d’Odza fait figure de modèle. Dirigée avec dynamisme par le Dr Mireille Elele Mvogo, cette structure n’offre pas seulement des actes médicaux : elle incarne une véritable mission de cœur où la dignité du patient dicte chaque protocole.

    Pousser les portes de l’hôpital de district d’Odza, c’est immédiatement mesurer l’effervescence qui caractérise les grandes institutions de santé publique au Cameroun. Située au carrefour de flux démographiques intenses dans l’arrondissement de Yaoundé IV, région du Centre, cette formation sanitaire de premier plan fait face à une demande croissante avec une méticulosité et une rigueur managériale exemplaires. Ici, l’accueil n’est pas un vain mot : c’est le premier acte thérapeutique. L’écoute attentionnée, le respect scrupuleux du patient et la volonté d’assurer une prise en charge digne constituent le socle déontologique de l’ensemble des équipes médicales et paramédicales.

    Un plateau technique efficace mais à améliorer

    Pour répondre avec efficacité à la diversité des pathologies de la population locale, l’établissement s’est doté d’une offre de soins particulièrement diversifiée et de plateaux techniques performants. L’architecture clinique s’articule aujourd’hui autour de services clés et stratégiques : des urgences ultra-réactives, une maternité conçue comme un cocon protecteur pour donner la vie en toute sérénité, et un service de pédiatrie où la douceur accompagne des soins adaptés aux plus petits. À cela s’ajoutent des spécialités de pointe indispensables à la communauté, telles que :

    la stomatologie, l’ophtalmologie, l’oto-rhino-laryngologie (ORL) ainsi qu’un bloc opératoire dédié à la petite-chirurgie et aux interventions programmées. L’offre globale est calibrée pour qu’aucun patient ne se sente délaissé.

    Les urgences : le cœur battant du dispositif

    Au service des urgences, le rythme est haletant. Les patients vont et viennent dans un flux continu, canalisé par l’activité permanente des soignants. Rosalie Etogo, chef de l’équipe 4, détaille cette mécanique de précision : « Le service des urgences reçoit les malades qui viennent en situation critique. Nous les prenons en charge très rapidement et, s’il faut les hospitaliser, nous procédons à leur installation après la consultation formelle du médecin. »

    Ce service stratégique englobe de fait, les hospitalisations de courte durée pour les hommes, les femmes et les enfants. « Nous pouvons accueillir en moyenne 20 malades par jour. Cependant, la logistique impose ses limites : tous ne peuvent pas être installés durablement car notre service spécifiquement dispose de 17 lits », précise-t-elle. Face à la saturation ou à la complexité extrême, la solidarité institutionnelle prend le relais : « Lorsque nous recevons un cas d’extrême urgence qui dépasse notre plateau technique, nous stabilisons le patient avant de le référer vers l’hôpital régional ou l’hôpital Central de Yaoundé ».

    Petite chirurgie et dilemmes humanitaires

    Non loin de là, l’équipe affectée au service de petite chirurgie s’active avec une minutie remarquable. Nicole Claire Tchemoho Misseine, infirmière au sein de ce service, témoigne de la dureté de son quotidien : « Ici, nous recevons les cas critiques en urgence. Notre quotidien est fait de brûlures du premier et du deuxième degré dont sont très fréquemment victimes les accidentés de la voie publique. Nous prodiguons les premiers soins de toute urgence, puis le médecin consulte et décide d’une réorientation si nécessaire. Notre volume varie de cinq à six cas par jour, même s’il existe de rares journées de répit. »

    Le service se heurte toutefois à une réalité sociale complexe : celle de la précarité des usagers. « La grande difficulté réside dans l’accueil des accidentés de la route qui arrivent inconscients ou sans aucun moyen financier pour leur prise en charge immédiate », confie l’infirmière. « Fidèles à notre charte humanitaire, nous effectuons les soins vitaux. Malheureusement, il arrive que le patient disparaisse une fois sur pied sans honorer sa facture. Nous nous retrouvons parfois à cotiser nous-mêmes pour solder les frais. C’est un sacerdoce. Pour tenir, nos équipes se relaient rigoureusement jour et nuit, assurant des permanences et des gardes nocturnes sans discontinuer », argumente-t-elle.

    La vaccination : bouclier de la petite enfance

    Le volet préventif constitue l’autre pilier majeur de l’hôpital de district d’Odza, matérialisé par un service de vaccination et de nutrition particulièrement performant. Mélanie Azouma, responsable au sein de ce service explicite cette

    politique de santé publique : « La vaccination s’occupe activement du couple mère-enfant, depuis le début de la grossesse jusqu’aux 15 mois du bébé. Au sein de notre district, ces vaccins essentiels sont entièrement gratuits. »

    Le protocole est rigoureux : BCG et polio orale dès la naissance, suivis de rendez-vous cruciaux à 6 semaines, 14 semaines, 6 mois, 9 mois et 15 mois. « Au-delà, pour les rappels des 5 ans non subventionnés par l’OMS, nous orientons les familles vers le Centre Pasteur ou l’Hygiène mobile », indique-t-elle. La prise en charge de la femme enceinte est tout aussi systématique avec un parcours de cinq doses espacées dans le temps, garantissant une immunité totale. « Une femme complètement vaccinée protège ses futures grossesses et éradique le risque de tétanos néonatal, l’une des causes majeures de mortalité infantile », se réjouit la spécialiste.

    Des ressources humaines à optimiser

    Pour soutenir cette immense charge de travail face à une explosion démographique sectorielle, l’hôpital s’appuie sur un personnel dévoué mais sous pression. La structure compte aujourd’hui 83 personnels qui travaillent en synergie directe avec la Surveillante Générale, Mariama Kissia. Récemment, le ministère de la Santé publique a renforcé ce dispositif en octroyant deux gynécologues supplémentaires, portant leur nombre à trois pour optimiser la prise en charge de la maternité. Pour combler les besoins de terrain, l’établissement intègre également de nombreux volontaires ainsi que des stagiaires de perfectionnement issus des écoles médicales et paramédicales de la région. Une synergie humaine remarquable au service exclusif de la vie humaine.

    Photos légendées :

    Une patiente soigneusement prise en charge au service de petite chirurgie.
    Vue extérieure du bâtiment A de l’hôpital.
    Le personnel du service des urgences toujours à l’écoute des patients.
    Les consultations des patients se font minutieusement
    Le personnel toujours mobilisé.
    Le bloc opératoire mérite d’être mieux équipé
    Un laboratoire étoffé pour les analyses

    Interview

    « L’hôpital de district d’Odza dispose d’un personnel qualifié, prompt à recevoir tout patient »

    Dans une interview accordée à notre rédaction, le Dr Mireille Elele Mvogo, directeur de l’Hôpital de district d’Odza, présente cette formation sanitaire. Elle évoque également les différents challenges à relever pour optimiser la prise en charge des patients.

    Madame la Directrice, pouvez-vous nous présenter l’hôpital de district d’Odza ?

    L’hôpital de district d’Odza est une formation sanitaire située dans l’arrondissement de Yaoundé IV. Elle est constituée de deux bâtiments. Nous avons le batiment A qui comporte plusieurs services, notamment les urgences, la chirurgie, la cardiologie, l’ORL, l’ophtalmologie, les salles d’hospitalisation ainsi que l’unité de prise en charge (UPEC) des personnes immunodéprimées. Et le bâtiment B qui abrite les bureaux du staff administratif, l’accueil ainsi que les services comme la vaccination, le laboratoire, la maternité, la consultation prénatale (CPN) et l’accueil.

    Quelle est la capacité d’accueil de cette formation sanitaire ?

    Comme vous pouvez constater l’hôpital est situé dans zone très fréquentée. C’est une difficulté majeure car, il y a une forte affluence des populations vers notre formation sanitaire. Pourtant, notre capacité d’accueil se limite encore à 27 lits pour les hospitalisations. L’espace est assez exigu pour recevoir toute cette population qui se dirige vers nous. C’est pourquoi, nous avons un réel besoin d’agrandissement.

    Quel est le taux de fréquentation de cette formation sanitaire ?

    La fréquentation dépend des services, mais en général, nous accueillons environ 1 800 personnes par mois. Par jour, on peut enregistrer jusqu’à 70 passages aux urgences, et une trentaine dans les autres services.

    Quelles sont les difficultés que vous rencontrez au quotidien ?

    La difficulté principale se situe au niveau de notre capacité d’accueil. Souvent, en fonction des pathologies, nous voulons hospitaliser, mais les places manquent. Par exemple, dans le cadre de la mise en œuvre de la Couverture Santé Universelle (CSU), les enfants qui doivent être pris en charge gratuitement pour le paludisme se retrouvent parfois pénalisés. Ainsi, nous sommes souvent contraints de les référer vers d’autres centres parce que notre capacité d’hospitalisation est trop faible.

    À cela s’ajoute le problème de l’approvisionnement continu en énergie. Ces coupures entravent la continuité du service, notamment au niveau du laboratoire où le rendu des examens prend du retard, ce qui freine le travail médical. Enfin, l’absence d’appareil de radiographie et le manque d’ambulance pour déplacer les malades vers d’autres structures plombent également notre quotidien.

    Quel est le parcours ou le circuit du malade dès son arrivée à l’hôpital ?

    Lorsque le malade entre, il se fait enregistrer à l’accueil. S’il s’agit d’un cas d’urgence, il est directement dirigé et pris en charge dans le service adéquat. Dans le cas contraire, le patient s’acquitte des frais de consultation, rencontre le médecin généraliste, puis est pris en charge en fonction de son diagnostic.

    En termes de personnel, combien de membres compte votre formation sanitaire ?

    L’hôpital dispose d’un personnel engagé, bien que le nombre reste insuffisant face à la forte demande. Nous comptons 83 personnels affectés. Toutefois, récemment, le ministère de la Santé publique nous a octroyé deux gynécologues de plus, ce qui nous permet d’en avoir trois aujourd’hui pour le suivi de toutes les femmes qui se présentent à la maternité. Nous nous appuyons également sur des volontaires ainsi que sur plusieurs stagiaires de perfectionnement issus des établissements médicaux partenaires. Ce qui porte à au nombre de 87, le personnel de santé exerçant au sein de l’Hôpital de district d’Odza.

    Comment s’implémente la Couverture Santé Universelle au sein de votre formation sanitaire ?

    La Couverture Santé Universelle est pleinement opérationnelle. L’accueil, la vaccination et l’UPEC constituent les premières portes d’entrée pour identifier et capter les patients. À titre d’exemple, la prise en charge du paludisme chez les enfants de 0 à 5 ans est totalement gratuite chez nous.

    Vous êtes là depuis quelques mois. Comment avez-vous trouvé l’hôpital et comment se porte-t-il à ce jour ?

    À mon arrivée, j’ai trouvé un hôpital avec de manière globale un bon fonctionnement. Mais comme partout, il y a toujours des améliorations à apporter. Un diagnostic précis a été posé et nous avons porté à l’attention de la hiérarchie nos besoins majeurs. Je profite d’ailleurs de votre tribune pour saluer le travail de mes prédécesseurs. Au-delà des défis liés aux infrastructures, à l’énergie et à l’équipement, je compte apporter ma pierre à l’édifice pour renforcer l’humanisation des soins, une vision chère au ministre de la Santé publique, le Dr Manaouda Malachie.

    Quelles sont les doléances que vous faites à l’endroit de la hiérarchie et de la population ?

    À l’endroit de la hiérarchie, nous sollicitons humblement l’amélioration du plateau technique et l’extension de nos locaux. De nouveaux bâtiments nous permettraient notamment d’ouvrir un service de néonatologie, un projet crucial vu le nombre élevé d’accouchements que nous enregistrons. L’attribution d’une ambulance est aussi une priorité. Côté ressources humaines, l’hôpital ne dispose que d’une pédiatre vacataire ; nous demandons donc l’affectation à temps plein d’un pédiatre et d’un pharmacien.

    À l’endroit de la population, je rappelle que l’hôpital de district d’Odza reste ouvert 24 heures sur 24, avec un personnel qualifié et prompt à recevoir chaque patient.

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    Junior NTEPPE KASSI, 33 ans, est un journaliste scientifique camerounais au Groupe Échos Santé. Spécialiste de la médecine du sport, il met sa passion au service de l'information médicale de pointe.

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