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    Les agents de santé communautaire : Entre dévotion et précarité

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    Acteurs de la santé de premier plan dans la facilitation de l’accès aux soins de santé primaire dans les communautés, ces personnels de santé participent à l’adhésion des populations aux programmes et projets dans le domaine de la santé. Seulement, la précarité dans laquelle ils se retrouvent appelle des actions urgentes afin de permettre l’atteinte des indicateurs de santé dans la région de l’Adamaoua.

    « Le bénévolat ne doit pas tuer le bénévole ». Cet adage bien connu des Camerounais s’applique chez les agents de santé communautaire de la région de l’Adamaoua. Les agents de santé communautaire et les agents de santé communautaire polyvalents sont engagés aux côtés du personnel médical et les partenaires du Cameroun dans la santé de manière de bénévole. Après une formation, les agents de santé communautaire constituent le premier niveau de

    l’accès des populations aux soins de santé primaire par les TDR du palu, la surveillance communautaire des perdus de vue de la TB, la détection des cas suspects de cette maladie à travers les VAD (Visites à domicile) qu’ils font, la détection des cas de malnutrition et la mobilisation. Sur eux, reposent plusieurs activités comme la sensibilisation aux programmes et campagnes de santé. Il s’agit entre autres des campagnes de vaccination qui impliquent la mobilisation et le dénombrement des ménages, l’administration des vaccins, la recherche des perdus de vue. Dans les aires de santé où ils interviennent, ils participent à la mobilisation de la communauté à l’acceptation des divers programmes de santé. Ce qui fait d’eux, les premiers acteurs de santé avec lesquels les populations entretiennent des relations plus intenses.

    Sur le terrain, les populations reconnaissent la qualité du travail abattu au quotidien par les agents de santé communautaire. « Je suis très satisfaite de ce que font les agents de santé communautaire polyvalents dans notre village Meidougou. Ils sont toujours là avec nous, nous conseillent sur comment nourrir l’enfant, comment la vaccination est importante » apprécie Sylvie, mère d’un bébé de 7 mois. Selon elle, à la naissance, l’enfant a eu un problème de malnutrition, mais avec les interventions des agents de santé communautaire polyvalents de cette aire de santé située dans le département du Mbéré, l’enfant a vite récupéré et se porte mieux. Comme Sylvie, Djouhairia salue les actions des ASCP suite à l’accouchement de son 4ème enfant par césarienne à l’Hôpital Régional de Ngaoundéré après avoir été référée depuis le Centre de Santé Intégré de Nom-Kandi dans l’arrondissement de Ngan-Ha, département de la Vina. « Je suis très reconnaissante envers les Agents de Santé Communautaire. Ils nous ont beaucoup aidés, mon bébé et moi », clame cette mère de famille avant de relever que grâce aux interventions des agents de santé communautaire, les populations accèdent facilement aux soins primaires.

    Le personnel médical dit également bénéficier du soutien des agents de santé

    communautaire polyvalent. « Chaque mois, ils viennent déposer les rapports de leurs descentes dans les villages pour les sensibilisations, la recherche des perdus de vue et les enfants 0 dose et sans acte de naissance, sans oublier les cas de malnutrition dans l’aire de santé de Meidougou » avance Félix Nguefack, chef du Centre de Santé Intégré de Meidougou et responsable de ladite aire de santé. Son collègue Samuel Salatou du CSI de Nom-Kandi renchérit. « Sans les agents de santé communautaire, certaines campagnes auraient du mal à se faire sur le terrain. Ce sont les enfants de la localité, et ils arrivent à mieux convaincre les populations à adhérer aux campagnes ».

    Résultats impressionnants

    Aux côtés du personnel médical, ils abattent un travail impressionnant. Leur rôle est éminemment salutaire dans la mise en œuvre des programmes de santé au niveau local. « Ils sont impliqués dans toutes les activités que nous menons, que ce soit en vaccination, en stratégie avancée, dans le domaine de la malnutrition, la surveillance épidémiologique, la recherche des enfants non vaccinés, ou encore la santé de la mère et de l’enfant. », fait savoir Samuel Salatou, le chef du Centre de Santé Intégré de Nom Kandi. Le responsable de cette FOSA détaille qu’au cours du trimestre Juillet- Septembre 2024, le centre de santé a enregistré 15 enfants zéro dose de vaccin, 173 cas de paludisme d’enfants de moins de 5 ans et 13 de femmes enceintes, 11 cas de mal nutrition sévère et 27 modérés. Ces résultats sont issus du travail des agents de santé communautaire qui sont au nombre de 5. Ces résultats ne sont pas loin de ceux que Garga Souman et son équipe ont obtenu à Meidougou. Ici, ils référent en moyenne 6 cas de malnutrition des enfants vers le CSI, environ 20 à 25 enfants zéro doses de vaccins, sans oublier les femmes enceintes qui sont orientées vers les formations sanitaires. A Nom-Kandi, par exemple pour le seul mois de Septembre, l’ASCP Baba Youssoufa déclare avoir effectué 20 VAD (Visite à Domicile) et notifié environ 15 cas de paludisme au Centre de santé.

    Dans les aires de santé où les ASCP sont actifs, les populations adhérent de plus en plus aux activités et programmes de santé. Sa majesté Abdouramanou, chef du village Massakbatt dans l’arrondissement de Ngan-Ha, département de la Vina salue les prouesses de ces jeunes bénévoles qui appuient le personnel de la santé. 

    Précarité et nécessité d’un appui financier adéquat

    Soutenus par le Fonds des Nations Unies pour l’Enfance (UNICEF) et d’autres partenaires du gouvernement dans le domaine de la santé, ces efforts restent insuffisants pour des résultats optimums. S’il est vrai que dans la communauté et les Fosa, l’on apprécie les efforts de ces agents, il reste que leur prise en charge pécuniaire urge. A Meidougou, Meigana et Nom-Kandi, les doléances sont quasiment les mêmes « Il faut qu’on soit dotés des moyens de déplacement, et nous avons besoin de rémunération, car nous avons notre petite famille à nourrir. Pendant la saison pluvieuse, pendant que certains chefs de famille vont dans les champs, nous sommes en train de mener des campagnes de santé et les perdiems qu’on reçoit suffisent à peine » plaide Baba Youssoufa, Agent de santé dans l’aire de santé de Nom-Kandi. Et à son compère Mamadou Oumarou de renchérir « Nous travaillons dans la crainte, car nous sommes dans une zone d’insécurité avec les preneurs d’otages ». Que ce soit à Nom-Kandi, Meiganga ou Meidougou, et les autres aires de santé de la région, les agents de santé communautaire plaident auprès des partenaires comme l’Unicef et du gouvernement camerounais pour une meilleure prise en charge et la valorisation de leur travail.

    La prise en charge salariale adéquate et la réactualisation des Initiatives Sous Directives Communautaires (ISDC) sont des leviers à actionner pour améliorer les conditions de travail des ASCP sur le terrain dans la région de l’Adamaoua.

    Malgré les conditions de travail difficiles et précaires des agents de santé communautaire, ceux-ci continuent d’abattre un travail salué par non seulement les

    populations bénéficiaires des interventions, mais aussi des responsables des formations sanitaires. Par leur abnégation et leur dévouement au travail, ils participent énormément à l’atteinte des indicateurs de santé tant pendant les campagnes que dans la surveillance épidémiologique en communauté et la recherche des cas suspects des maladies.

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    Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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