En prélude à la journée mondiale contre les hépatites, l’Hôpital Général de Garoua(HGG) déploie une série d’activités destinées à informer, dépister, prévenir et rapprocher les populations de l’offre de soins.
La campagne, placée sous le thème « Élimination pour tous, partout, maintenant » sous l’impulsion du Pr Hamadou Bâ, Directeur Général de l’institution, vise à mobiliser le plus grand nombre autour de la lutte contre les hépatites virales.
L’une des principales articulations de cette campagne sera la vaste opération de dépistage gratuit des hépatites B et C, programmée du 22 au 29 juillet 2026 .
À l’entrée de l’Hôpital Général de Garoua(HGG), une grande banderole ne passe pas inaperçue. Elle annonce la campagne de sensibilisation engagée par l’institution sanitaire en prélude à la journée mondiale contre les hépatites, célébrée chaque année le 28 juillet. Dans les couloirs et les différents espaces de l’hôpital, des affiches annoncent également les patients et les visiteurs du programme de la campagne.
L’initiative, impulsée par le Directeur Général de l’Hôpital Général de Garoua, le Pr Hamadou Bâ, vise à mobiliser le plus grand nombre autour de la lutte contre les hépatites virales. À travers cette campagne, l’institution entend faire de la prévention un véritable outil de protection de la santé publique. Le thème retenu cette année, « Élimination pour tous, partout, maintenant », illustre l’urgence d’agir afin de réduire le poids de ces maladies et de faciliter l’accès des populations à l’information, au dépistage et à la prise en charge.
Déjà visible au sein de l’hôpital, la sensibilisation va se poursuivre jusqu’au 29 juillet
prochain. Pendant cette période, plusieurs activités sont prévues pour toucher différentes catégories de la population. L’une des principales articulations de cette campagne sera la vaste opération de dépistage gratuit des hépatites B et C, programmée du 22 au 29 juillet 2026. Une opportunité offerte aux populations de connaître leur statut sérologique et, le cas échéant, d’être orientées vers une prise en charge adaptée.
La vaccination contre l’hépatite B figure également au cœur du programme. Elle sera proposée à coût réduit, afin de favoriser l’accès du plus grand nombre à cette mesure préventive. L’hépatite B, qui peut être évitée grâce à la vaccination, demeure une préoccupation de santé publique en raison de ses conséquences potentielles sur le foie. La prévention apparaît ainsi comme l’un des moyens les plus efficaces de réduire le risque de contamination et les complications liées à la maladie.
Les personnes dépistées positives ne seront pas laissées à elles-mêmes. Des consultations gratuites sont prévues en concomitance avec la campagne de dépistage. Elles permettront aux patients concernés de bénéficier d’une première orientation médicale et d’informations sur les possibilités de prise en charge. La mobilisation va également sortir du cadre strictement médical. Une marche sportive est annoncée pour le 25 juillet. À travers cette activité, l’Hôpital général de Garoua encourage la participation communautaire et rappel que la lutte contre les hépatites est l’affaire de tous. Le personnel de santé sera lui aussi mis à contribution. Un symposium viendra renforcer les capacités des professionnels autour des experts. Au-delà des activités programmées, l’Hôpital général de Garoua veut profiter de cette campagne pour renforcer le dialogue avec les populations. L’information occupe une place centrale dans cette démarche. Car si les hépatites restent parfois méconnues, les conséquences d’une infection non diagnostiquée peuvent être importantes. Une personne peut parfois vivre longtemps avec la maladie sans présenter de signes apparents, d’où l’importance du dépistage et du recours aux professionnels de santé.
Interview
« Si chacun vient, on pourra casser la chaîne de transmission et sauver des vies. »

Pourquoi l’Hôpital Général de Garoua (HGG) organise-t-il un programme spécial à l’occasion de la journée mondiale contre les hépatites ?
L’hépatite virale est un vrai problème de santé publique dans la région du Nord, avec des prévalences allant jusqu’à 18% pour l’hépatite virale B, dans certains groupes de personnes. Beaucoup de nos patients arrivent déjà à un stade avancé, cirrhose ou cancer du foie, tributaire d’une forte mortalité alors qu’on aurait pu agir plus tôt. Le 28 juillet, la journée mondiale contre les hépatites est donc l’occasion de sonner l’alerte. C’est pourquoi, L’Hôpital Général de Garoua, sous l’impulsion de son Directeur Général le Pr Hamadou Bâ, a donc décidé d’organiser ce programme pour 3 raisons, sensibiliser, dépister, et prévenir. On veut que chaque personne dans la ville de Garoua et ses environs connaisse son statut et sache qu’elle peut être aidée. Cette approche s’aligne parfaitement avec la dynamique de l’ODD sur les hépatites qui a pour principal objectif l’élimination des hépatites d’ici 2030.
Quelles sont les principales activités prévues durant cette campagne de sensibilisation ?
La sensibilisation a débuté depuis le 06 Juillet 2026 via les canaux de communication tels que les réseaux sociaux, les communiqués radios, et le bouche à oreille. Nous avons prévu d’autres activités du 22 au 28 juillet 2026, au sein de l’Hôpital Général de Garoua, notamment, le dépistage gratuit de l’hépatite B et C, la vaccination à coût réduit contre l’hépatite B, les consultations gratuites d’hépatologie pour les personnes dépistées positives, des séances d’IEC sur les modes de transmission des hépatites B et C, la grande marche sportive prévue le 25 juillet 2026
Qui peut participer à cette campagne et comment la population peut-elle en bénéficier ?
Cette campagne est ouverte à toute la population de la région du Nord sans exception, particulièrement les femmes enceintes, les jeunes de 15 à 35 ans, les personnels de santé, les coiffeurs, les personnes tatouées ou scarifiées, et toute personne ayant eu une transfusion. Pour en bénéficier, il suffit de se présenter à l’Hôpital Général de Garoua. C’est gratuit, confidentiel et sans rendez-vous. Vous venez, vous êtes reçu, dépisté, et vous repartez avec le résultat et des conseils.
Quelles sont les conditions ou les démarches à suivre pour se faire dépister ?
Aucune condition compliquée. Vous venez à l’accueil du service de gastro-entérologie de l’Hôpital Général de Garoua. Vous bénéficiez d’un entretien rapide et confidentiel, d’un test rapide par piqûre au doigt ou une prise de sang, d’un résultat en 15 à 20 minutes. Pas besoin d’être à jeun. Apportez juste une pièce d’identité si possible pour l’enregistrement.
Dr, qu’est-ce que l’hépatite et pourquoi cette maladie constitue-t-elle aujourd’hui un problème de santé publique ?
L’hépatite c’est l’inflammation du foie, le plus souvent due à un virus. C’est un problème de santé publique parce que des millions de personnes dans le monde et au Cameroun sont affectés par cette maladie. Au Cameroun, l’hépatite B touche près de 1 personne sur 10, et est responsable de complications mortelles, telles que la cirrhose et le cancer du foie.
Il existe plusieurs types d’hépatites. Pouvez-vous nous les présenter et expliquer ce qui les différencie ?
En termes d’hépatites virales, on distingue 5 virus principaux : A, B, C, D, E. Les hépatites A et E, on les attrape par l’eau et les aliments contaminés. Ce sont des hépatites bénignes qui se manifestent volontiers par des signes digestifs tels que la diarrhée, les vomissements. Elles guérissent généralement spontanément. L’hépatite B est la plus fréquente chez nous. Elle a 3 principaux modes de transmission que sont les rapports sexuels, la voie sanguine, et la transmission de la mère à l’enfant. Elle peut devenir chronique, et se compliquer d’une cirrhose et ou d’un cancer du foie. Heureusement, il existe un vaccin. L’hépatite C quant à elle se transmet essentiellement par voie sanguine. Elle peut également devenir chronique et se compliquer initialement d’une cirrhose pouvant évoluer vers un cancer du foie. Il n’existe pas de vaccin à ce jour, mais aujourd’hui on guérit à plus de 95% avec les médicaments. Enfin l’hépatite D n’existe que chez les personnes qui ont déjà
l’hépatite B et elle aggrave la maladie. Au Nord, nous nous battons surtout contre les hépatites B et C car ce sont elles qui tuent à long terme.
Pendant la campagne si une personne est déclarée positive après le dépistage, comment sera-t-elle prise en charge par l’hôpital ?
La première chose, c’est de ne pas avoir peur. Un diagnostic positif c’est le début de la solution. À l’hôpital, on fait d’autres examens pour évaluer le foie. Ensuite on propose un traitement adapté. Pour l’hépatite B, le traitement repose sur des comprimés à prendre au long cours pour contrôler le virus. Pour l’hépatite C, un traitement de 3 mois avec des comprimés, permet la guérison. Aussi, on suit régulièrement le patient, on éduque la famille, et on préconise la vaccination des proches contre l’hépatite B.
Qu’attendez-vous de la population de la région du Nord pour assurer le succès de cette campagne ?
Nous attendons une forte mobilisation. Venez-vous faire dépister vous-même. Et parlez-en autour de vous. N’ayez pas peur du résultat. Ayez plutôt peur de ne pas savoir. Si chacun vient, on pourra casser la chaîne de transmission et sauver des vies.
Pour conclure Dr, quel message souhaitez-vous adresser aux populations au sujet de la prévention et du dépistage des hépatites ?
Connaître son statut, c’est protéger son foie et protéger sa famille. L’hépatite B se prévient par le vaccin. L’hépatite C se guérit. Mais pour cela, il faut d’abord se faire dépister. Du 22 au 28 juillet, les portes de l’Hôpital Général de Garoua vous sont ouvertes. Venez nombreux. Votre foie compte sur vous.













