Le 17 juillet à Yaoundé, l’ancien Premier ministre Philémon Yang, au nom des élites du Nord-Ouest, a remis au président du conseil d’administration de l’établissement, le Pr Fru Angwafo III, un soutien financier de 53 603 179 FCFA destiné aux travaux de réhabilitation.
Dans la nuit du 17 au 18 juin dernier, un violent incendie a ravagé une partie de l’Hôpital régional de Bamenda, plongeant dans la consternation les personnels soignants, les patients et toute une région déjà éprouvée par une crise sécuritaire qui n’en finit pas. Les flammes ont dévoré plusieurs bureaux administratifs, des archives médicales précieuses, le service des ressources humaines, les statistiques médicales, l’aumônerie et la bibliothèque. Un coup dur pour cet établissement qui demeure l’un des principaux pôles de référence du Nord-Ouest, une région où l’accès aux soins est déjà un défi quotidien. Mais à peine la fumée retombée, un élan de solidarité exceptionnel s’est organisé, prouvant que l’hôpital de Bamenda n’est pas seul dans cette épreuve.
Le 17 juillet, à Yaoundé, une cérémonie empreinte d’émotion a marqué un tournant décisif dans la reconstruction de la formation sanitaire. L’ancien Premier ministre camerounais, Philémon Yang, au nom des élites de la région du Nord-Ouest, a remis officiellement un soutien financier de 53 603 179 francs CFA au Professeur Fru Angwafo III, président du conseil d’administration de l’hôpital, en présence du directeur de l’établissement, le docteur Denis Nsame, ainsi que de plusieurs responsables du secteur de la santé. Cette enveloppe, dont le bordereau de dépôt a été solennellement transmis, est destinée aux travaux de réhabilitation des infrastructures endommagées. Un geste fort qui témoigne de la mobilisation sans faille des fils et filles de la région pour redonner vie à leur hôpital.
La genèse de cette mobilisation remonte aux jours qui ont suivi le sinistre. Touchés par la tragédie, les élites du Nord-Ouest ont lancé un appel à contributions, relayé auprès de personnalités, de responsables publics et de donateurs de diverses régions
du pays. La réponse a été à la hauteur de l’urgence. Hommes d’affaires, cadres de l’administration, responsables politiques, tous ont joint leurs efforts pour offrir au système de santé de la région les moyens de réhabiliter l’infrastructure endommagée. Cet élan de solidarité, transcendant les clivages, illustre l’attachement profond des Camerounais à leur hôpital régional, symbole de résilience dans une zone en proie à des difficultés multiples.
L’incendie du mois de juin avait laissé des traces profondes. Au-delà des dégâts matériels considérables, ce sont des années d’archives médicales qui sont parties en fumée, des dossiers de patients, des données statistiques essentielles à la planification sanitaire. La destruction de la bibliothèque et de l’aumônerie a également privé l’établissement d’espaces essentiels à la formation et au réconfort spirituel des patients et de leurs familles. Dans l’immédiat après-incendie, le gouvernement, par l’entremise du ministre de la Santé publique, avait annoncé l’évaluation des pertes et la réhabilitation des services touchés. La mobilisation des élites est venue renforcer cette promesse, apportant un complément financier crucial pour accélérer les travaux.
L’Hôpital régional de Bamenda n’est pas un établissement comme les autres. Situé au cœur d’une région qui a connu des années de crise sécuritaire, il représente un pilier essentiel du système de santé du Nord-Ouest. Chaque jour, des centaines de patients viennent y chercher des soins, souvent au prix de longs déplacements et de sacrifices considérables. Les services de pédiatrie, de maternité, de chirurgie et de médecine générale y sont assurés dans des conditions parfois difficiles, mais avec un dévouement qui force le respect. La réhabilitation de l’hôpital est donc bien plus qu’une simple opération de reconstruction : c’est un acte de foi en l’avenir de la région, un message d’espoir adressé à des populations qui en ont grandement besoin.
L’enveloppe de 53,6 millions de francs CFA permettra de couvrir une partie des travaux de réhabilitation, notamment la reconstruction des bureaux détruits, la remise en état des services endommagés et la restauration des archives. L’établissement, malgré les dégâts, n’a jamais cessé d’assurer la prise en charge des patients. Cette continuité du service public, dans des circonstances dramatiques, témoigne de la détermination des équipes soignantes et administratives à ne pas abandonner les populations qui comptent sur elles. Les fonds mobilisés par les élites viendront renforcer cet effort, permettant d’accélérer le retour à la normale et d’améliorer les conditions d’accueil et de travail.
Cette initiative de solidarité s’inscrit dans une tradition d’entraide qui caractérise les
Camerounais, particulièrement en période de crise. Elle rappelle que, au-delà des difficultés et des divisions, l’union nationale reste une valeur fondamentale. Les élites du Nord-Ouest, en se mobilisant pour leur hôpital régional, ont montré l’exemple d’un patriotisme concret, d’un engagement citoyen qui ne se limite pas aux discours mais se traduit par des actes. La cérémonie de remise des fonds, présidée par Philémon Yang, a été l’occasion de saluer cet esprit de solidarité et de réaffirmer la détermination de tous à reconstruire ce qui a été détruit.
Les prochaines semaines verront le début effectif des travaux de réhabilitation. Les services déconcentrés du ministère de la Santé publique, en collaboration avec la direction de l’hôpital et le conseil d’administration, superviseront l’exécution des travaux pour garantir la transparence et l’efficacité de l’utilisation des fonds. Les élites, de leur côté, continueront à apporter leur soutien, convaincues que la reconstruction de l’hôpital est un enjeu prioritaire pour l’avenir de la région. Le Professeur Fru Angwafo III, président du conseil d’administration, s’est engagé à ce que les fonds soient utilisés avec rigueur et responsabilité, conformément à la volonté des donateurs.
L’Hôpital régional de Bamenda renaîtra de ses cendres, plus solide et mieux équipé qu’avant. Cet élan de solidarité, qui a permis de réunir plus de 53 millions de francs CFA en quelques semaines, est la preuve que l’espoir est plus fort que les épreuves. Il est le symbole d’une région qui refuse de baisser les bras, d’un peuple qui croit en son avenir et d’un établissement qui, malgré les difficultés, continue d’être un phare dans la nuit pour des milliers de patients. La reconstruction est en marche, portée par la générosité de tous et par la volonté inébranlable de faire de l’hôpital régional de Bamenda un lieu de vie, de guérison et de dignité pour les générations futures.













