Le Conseiller Technique n°1 a présidé le 20 juillet 2026 la première concertation préparatoire à l’organisation des États généraux de la santé, prévus avant la fin de l’année.
Cette rencontre visait à entériner les termes de référence de cette activité majeure du secteur sanitaire. Responsables des services centraux et partenaires ont revisité les huit axes thématiques retenus, décliné la démarche organisationnelle de l’événement, examiné le format des différentes concertations, validé les parties prenantes et fixé le cap sur les prochaines étapes.
Plusieurs amendements ont été apportés au cours des travaux : la reformulation des objectifs et des résultats attendus dans une perspective de long terme, la prise en compte de la diaspora et d’autres acteurs dans les niveaux de concertation, ainsi que la reformulation et la consolidation de certains axes thématiques.
La suite du processus prévoit un atelier de cadrage méthodologique, une réunion de cadrage budgétaire, puis une réunion d’information officielle qui marquera le lancement de cette grande activité.
Un système qui a progressé, mais qui reste fragile
Ces États généraux interviennent à un moment charnière. En avril dernier, le ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, a dressé le bilan des trois
premières années de la Couverture Santé Universelle, réforme phare pilotée par son département : plus de 5,8 millions de Camerounais pré-enrôlés, dont 4,6 millions effectivement enregistrés, soit un taux d’adhésion de 81 %. Un signal encourageant, montrant que la CSU dépasse le stade de simple réforme administrative pour devenir un dispositif concret de protection contre le risque d’appauvrissement lié à la maladie.
Mais ces avancées cohabitent avec des défis structurels que les documents stratégiques du ministère eux-mêmes reconnaissent depuis plusieurs années : difficultés d’accès géographique et financier aux soins, insuffisance du financement de la santé, faiblesse persistante de certains indicateurs de qualité et de continuité des soins. La Stratégie Sectorielle de Santé 2016-2027 avait déjà posé ce diagnostic, tout comme le Plan Stratégique National de Santé Communautaire 2021-2025, qui pointe la capacité encore limitée du système à répondre de manière satisfaisante aux besoins de l’ensemble de la population pour atteindre la Couverture Santé Universelle à l’horizon 2030.
C’est précisément cette tension entre progrès enregistrés et écarts persistants que les États généraux devront objectiver. Le gouvernement a d’ailleurs engagé, en parallèle, un chantier de modernisation avec le lancement, en mars dernier, du Plan Stratégique National de Santé Numérique 2026-2030, doté d’un financement de 51,3 millions de dollars, destiné à accélérer la digitalisation du système sanitaire, réduire les délais de prise en charge des patients et améliorer la gestion des urgences.
Poser un diagnostic partagé pour construire l’avenir
Les États généraux de la Santé à venir seront l’occasion pour toutes les parties prenantes services centraux, partenaires techniques et financiers, société civile, diaspora de poser le diagnostic complet du système de santé, de fixer une vision commune et d’élaborer des stratégies et un plan de développement. L’enjeu est de taille : traduire en actions durables les engagements pris ces dernières années, dans un contexte où le Cameroun ambitionne d’atteindre la Couverture Santé Universelle et d’améliorer durablement l’état de santé de ses populations d’ici 2030.













