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    Adamaoua : Quand certaines considérations religieuses heurtent les pratiques médicales.

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    La récente offensive gouvernementale contre les « églises dites de réveil » relance un débat sensible autour de pratiques religieuses et d’actes médicaux, en particulier le refus de la transfusion sanguine par certains fidèles. Ce qui vient davantage porter un coup aux efforts des associations qui prônent le don de sang.

    Le Cameroun est engagé depuis quelques semaines dans l’assainissement des milieux confessionnels qui agissent en marge de la règlementation et de l’éthique. A Yaoundé, où des fermetures d’églises ont été annoncées et exécutées, les autorités affirment vouloir encadrer les lieux de culte qui opèrent hors du cadre légal et protéger les populations contre des dérives signalées par les enquêtes administratives. Dans la région de l’Adamaoua, cette actualité relance le débat sur le refus de la transfusion sanguine par les adeptes de ces églises. A Ngaoundéré dans le chef-lieu de la région, Christoph se rappelle comme si c’était hier lorsque son voisin, fidèle d’une de ces églises aurait refusé d’être transfusé par respect à ses préceptes religieux jusqu’à ce que mort s’en suive. Selon cet habitant de la ville, ce cas bien qu’isolé, traduit les comportements de ces nouvelles confessions religieuses qui écument les quartiers des villes de la région de l’Adamaoua. « J’ai du mal à comprendre qu’une personne refuse d’être soignée pour obéir aux enseignements de son pasteur et de son église. A chaque fois que le personnel soignant évoquait la transfusion sanguine, la famille quittait la formation sanitaire contre avis médical et jusqu’à ce que le monsieur est décédé », se désole Christoph.

    Sur le terrain, des soignants et des acteurs de la société civile qui œuvrent pour le don de sang rapportent des situations dramatiques où le refus de la transfusion compromet le pronostic de patients blessés ou en état critique, posant un dilemme éthique entre le respect des croyances et l’obligation de sauver des vies. Les hôpitaux de la région, déjà confrontés à des ressources limitées, doivent gérer ces refus tout en essayant d’expliquer les risques médico-chirurgicaux aux familles concernées. « Nous sommes régulièrement confrontés à des cas de refus de don de

    sang. L’une des raisons évoquées est le respect des prescriptions religieuses qui seraient contre cet acte médical. Nous sommes contraints de respecter leurs volontés », raconte Belmondo, membre d’une association qui œuvre pour le don de sang et communicateur santé dans la ville de Ngaoundéré.

    Pourtant, lors des différentes campagnes de promotion de la santé, les leaders religieux modérés sont associés aux responsables sanitaires afin de promouvoir la santé des populations.

    Face à la détermination du gouvernement à assainir le secteur religieux et aux risques sanitaires identifiés, les acteurs du secteur de la santé au niveau de la région renforcent la communication sur les actes médicaux tout en associant les leaders religieux. C’est le cas de la dernière campagne à l’occasion de la journée mondiale du donneur de sang. Au cours de plus de deux semaines d’activités, l’équipe de l’Hôpital régional de Ngaoundéré, associée aux associations qui œuvrent pour le don de sang se sont déployées pour sensibiliser tout en invitant à une prise de conscience sur la nécessité du don de sang et l’importance de la transfusion sanguine comme un acte médical qui vise à sauver des vies au même titre que les médicaments administrés aux patients.

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    Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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