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Épidémie d’Ebola en RDC : Le pic n’a toujours pas été atteint selon Africa CDC

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7 404 cas confirmés, 3 577 décès et 1 776 guérisons, absence d’outils médicaux homologués, faible suivi des cas contacts : c’est ce qui ressort du bilan dressé lors du point de presse tenu jeudi 17 septembre 2026 par le Dr Jean Kaseya, Directeur général de l’Africa CDC. L’agence sanitaire de l’Union africaine appelle à un sursaut international d’urgence.

« Personne ne peut venir dire que l’épidémie est sous contrôle. Personne ! » Telle est la formule lâchée par le Dr Jean Kaseya depuis les studios d’Africa CDC à Addis-Abeba. En une seule phrase, le directeur général de l’agence sanitaire de l’Union africaine a balayé le relatif optimisme affiché la semaine dernière par le gouvernement de la République démocratique du Congo (RDC). Alors que Kinshasa affirmait le 10 septembre que le pic épidémique avait été franchi, l’agence continentale oppose une réalité scientifique bien plus sombre : la maladie continue sa progression destructrice.

Le bilan humain communiqué lors du point de presse franchit des seuils critiques : 7 404 cas confirmés, 3 577 décès et seulement 1 776 guérisons. Derrière ces chiffres froids se cache une crise sanitaire aux contours vertigineux, alimentée par la propagation de la souche Bundibugyo.

Une riposte qui peine à se concrétiser

Sur le terrain, la situation des infrastructures frôle la rupture logistique. Dans la province du Kivu, les centres de prise en charge sont submergés. Le taux d’occupation des lits dédiés y atteint désormais 143,6 %, avec 316 patients entassés pour seulement 220 lits disponibles.

Mais la plus grande menace réside dans l’incapacité des services de santé à isoler les chaînes de transmission. Les statistiques d’Africa CDC révèlent une faille béante dans la surveillance épidémiologique : sur l’ensemble des cas contacts estimés, seules 32 000 personnes sont aujourd’hui listées et suivies. Cela signifie que plus de 70 % des cas contacts échappent totalement au contrôle des autorités.

À cette faille stratégique s’ajoute un obstacle médical majeur : contrairement à d’autres variantes du virus, il n’existe à ce jour aucun vaccin ni traitement officiel homologué contre la souche Bundibugyo. Sans armement pharmaceutique spécifique, la lutte repose entièrement sur la prise en charge des symptômes, l’isolement rigoureux et la sensibilisation des communautés.

L’illusion du répit

Pour justifier sa mise au point, Africa CDC a tenu à décortiquer la dynamique de la contagion. Si une accalmie temporaire a pu être observée fin juillet, elle ne constituait en rien la fin de l’épisode sanitaire.

« Quand on parle de pic, il faut comprendre qu’il peut y en avoir plusieurs au cours d’une même épidémie », a expliqué le responsable des urgences de l’agence, le Dr Wessam Mankoula. « Il peut y avoir une hausse des cas, que vous parvenez à juguler momentanément. La situation se stabilise, puis entame une légère baisse. Mais si le contrôle n’est pas maintenu avec une rigueur absolue sur la durée, la courbe repart aussitôt. »

Si sept zones de santé n’ont enregistré aucun nouveau cas depuis 42 jours, et six autres depuis 21 jours, le virus reste extrêmement actif ailleurs. Au total, 49 zones de santé recensent encore de nouvelles contaminations, représentant près de 80 % des territoires touchés.

En recadrant le gouvernement congolais sur la base de données qu’elle jugeait « incomplètes », l’Union africaine ne cherche pas seulement à rétablir la vérité des chiffres. Elle lance un cri d’alarme : crier victoire trop tôt face à Ebola, c’est lui offrir le terrain idéal pour frapper plus fort. Face à un virus qui ne pardonne aucun relâchement, l’autosatisfaction reste la plus mortelle des imprudences.

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Audray Ndengue

Journaliste

Ndengue Audray, journaliste dans le groupe Échos santé, Brevet de Technicien Supérieur en sciences et techniques de l'information et de la communication à l'Institut Universitaire Siantou. Écris et parle parfaitement le français

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