En République démocratique du Congo, l’épidémie d’Ebola s’étend à deux nouvelles zones de santé du Nord-Kivu, Biena et Manguredjipa. Selon l’OMS, le pays compte désormais 60 zones touchées dans six provinces, avec 5 794 cas confirmés et 2 786 décès depuis le début de l’épidémie en mai 2026. La riposte est compliquée par l’insécurité et les déplacements de populations.
Deux nouvelles zones touchées
La progression du virus se poursuit dans l’est de la RDC. Biena et Manguredjipa, deux zones de santé du Nord-Kivu, figurent désormais parmi les territoires affectés par l’épidémie. Cette extension intervient alors que quatre autres zones de santé ont également signalé des cas depuis la précédente mise à jour de l’OMS : Ganga et Viadana dans le Bas-Uélé, Mutwanga au Nord-Kivu et Tshopo dans la province du même nom. Au total, six provinces sont aujourd’hui concernées : le Bas-Uélé, le Haut-Uélé, l’Ituri, le Nord-Kivu, le Sud-Kivu et la Tshopo.
Avec 60 zones de santé touchées, cette flambée est considérée comme l’épidémie de virus Ebola Bundibugyo à la propagation la plus rapide jamais observée. Le bilan arrêté au 28 août fait état de 5 794 cas confirmés, dont 2 786 décès, soit une létalité d’environ 48 %. Dans certaines zones du Nord-Kivu, la proportion de décès est toutefois nettement supérieure à cette moyenne.
Une riposte confrontée à de nombreux obstacles
La situation sanitaire évolue dans un environnement particulièrement difficile. Dans plusieurs territoires affectés, les violences armées limitent les déplacements des équipes médicales et compliquent le suivi des personnes ayant été en contact avec des malades. Les déplacements de populations représentent également un défi majeur pour la surveillance épidémiologique, alors que les infrastructures sanitaires restent fragiles dans plusieurs zones.
À ces difficultés s’ajoutent les tensions parmi les personnels de santé engagés dans la riposte. Des mouvements de grève ont notamment affecté certaines activités, tandis que des agents déplorent des retards de paiement. L’OMS estime que la transmission reste active et que la RDC demeure confrontée à un risque élevé de propagation.
Une vaccination déjà en cours
Pour renforcer la protection des personnes les plus exposées, la RDC a commencé, le 27 août, à vacciner des personnels de santé en première ligne. La campagne utilise le vaccin Ervebo, homologué contre le virus Ebola Zaïre, alors que l’épidémie actuelle est provoquée par le virus Ebola Bundibugyo. Il ne s’agit donc pas d’un vaccin spécifiquement homologué contre cette souche. Son utilisation dans la riposte s’accompagne d’une collecte de données destinée notamment à mieux documenter son efficacité dans ce contexte.
Le virus Bundibugyo constitue en effet un défi particulier : aucun vaccin ni traitement spécifique n’est actuellement homologué contre cette souche. Des
travaux de recherche et des essais cliniques sont néanmoins en cours.
Beni renforce sa capacité de prise en charge
Face à la pression exercée sur les structures de soins, Médecins sans frontières a ouvert le 28 août un nouveau centre de traitement Ebola à Beni, au Nord-Kivu. L’objectif est d’augmenter les capacités de prise en charge et de permettre une réponse plus rapide dans une zone fortement touchée.
Alors que l’Ouganda, voisin de la RDC, a officiellement déclaré la fin de son épidémie de Bundibugyo le 28 juillet après 42 jours sans nouveau cas, la situation reste préoccupante de l’autre côté de la frontière. Pour l’OMS, le maintien de la surveillance et de la coopération régionale demeure essentiel afin d’éviter de nouvelles transmissions transfrontalières.










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