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Hôpital Général de Douala : Une campagne de chirurgie cardiaque met en valeur un plateau technique en expansion

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Les responsables de l’établissement ont présenté les équipements modernes installés dans cette formation sanitaire et les interventions par cathéter, dont le TAVI, qui évitent aux patients un départ à l’étranger.

Depuis le 28 septembre, l’Hôpital Général de Douala (HGD) accueille une campagne de chirurgie cardiaque conduite avec les médecins de l’association allemande HeartBeat. Le rendez-vous réunit des équipes camerounaises et allemandes au bloc opératoire. Il met en avant le plateau technique installé dans l’établissement et sa capacité à réaliser des interventions que les patients camerounais cherchaient jusqu’ici à l’étranger, dont le remplacement valvulaire aortique par cathéter, appelé TAVI. La directrice générale adjointe de l’hôpital, le Pr Danielle Christiane Kedy Mangamba, indique que cette opération s’inscrit dans une continuité. « C’est l’énième campagne de ce genre qui est organisée à l’Hôpital Général de Douala », précise-t-elle. Selon elle, l’objectif consiste à faire bénéficier les Camerounais d’interventions sur le cœur « de très haut niveau », pour des cardiopathies congénitales parfois complexes, des cardiopathies acquises et des pathologies lourdes qui conduiraient à une évacuation sanitaire si elles ne pouvaient pas être prises en charge sur place.

Le Pr Kedy met en avant la question du coût. Les frais sont partagés entre l’hôpital et l’association partenaire. « Le patient paye vraiment le strict minimum », affirme-t-elle. Elle compare les montants : une chirurgie cardiaque de ce type à l’étranger coûte entre 15 millions et 30 millions de FCFA, contre 2 millions à 3 millions de FCFA à Douala. Elle ajoute que les coûts indirects d’un départ, comme le voyage et les frais parallèles, alourdissement considérablement la facture d’une évacuation.

Un plateau technique installé par l’État

La directrice générale adjointe rattache la tenue de la campagne aux équipements fournis par le gouvernement. « Nous sommes juste là pour héberger ce matériel et l’utiliser pour le bien des Camerounais », déclare-t-elle. En effet, l’HGD est équipé d’électrocardiogramme, d’échographie, de coroscanner, de l’IRM cardiaque et de la coronarographie pour le diagnostic, auxquels s’ajoutent les équipements de chirurgie cardiaque et de cardiologie interventionnelle.

Les données publiées par le ministère de la Santé publique décrivent l’activité de l’établissement, dirigé par le Pr Henry Namme Luma. Elles font état de 265 chirurgies cardiaques réalisées, d’environ 35 pacemakers implantés chaque année, de 127 coronarographies, de 38 angioplasties, de 5 cathétérismes pour cardiopathies congénitales et de 2 TAVI.

La salle d’angiographie, base des interventions par cathéter

Le directeur médical de l’hôpital, le Pr Félicité Kamdem, professeur titulaire de cardiologie, situe le tournant en 2021. « Depuis 2021, grâce au plan d’urgence du chef de l’État, l’Hôpital Général de Douala a été doté d’une salle d’angiographie », explique-t-elle à Échos-Santé tout en présentant ce bloc opératoire équipé. Ladite salle, aussi appelée salle de coronarographie ou cath lab, sert à visualiser les artères du cœur et à poser des stents chez les patients victimes d’un infarctus du myocarde.

Elle permet aussi des actes qui obligeaient auparavant à envoyer les patients à l’étranger. Dans la pratique, le Pr Kamdem cite la fermeture d’une communication interauriculaire, la fermeture d’une persistance du canal artériel et la dilatation d’une sténose pulmonaire chez l’enfant. « Dans cette salle, l’enfant qui entre voit sa malformation corrigée et ressort au bout de 48 heures sans cicatrice », décrit-elle.

Le TAVI, une intervention sans ouverture du thorax

Le TAVI, pour Transcatheter Aortic Valve Implantation, consiste à remplacer la valve aortique en suivant le trajet artériel jusqu’au cœur. Le ministre de la Santé publique, Malachie Manaouda, a annoncé le 14 mars 2026 la réalisation du premier TAVI de l’établissement chez un patient de 70 ans à haut risque opératoire, en collaboration avec HeartBeat.

Le Pr Kamdem affirme que le Cameroun est devenu, depuis mars 2026, le premier pays d’Afrique centrale à réaliser cet acte. « Le patient sort de la salle de cathétérisme éveillé, il cause avec tout le monde et il quitte l’hôpital le lendemain », indique-t-elle. Avant 2026, le remplacement valvulaire passait par l’ouverture du thorax, avec une hospitalisation de 10 jours et une cicatrice. L’équipe vient de réaliser le troisième TAVI de l’hôpital, selon le directeur médical. Elle cite aussi l’implantation de pacemakers sans sonde, réalisée dès le mois de mars, présentée comme une première dans la sous-région.

Une coopération avec HeartBeat qui forme et équipe

Le Dr Thierry Siemeni, chirurgien cardiovasculaire formé en Allemagne et cofondateur de HeartBeat, rappelle l’origine de la démarche : « Nous sommes tout d’abord camerounais ». Il explique que la mission de l’organisation consiste à appliquer au Cameroun, puis en Afrique, la maîtrise acquise en Occident. Il juge que l’hôpital a été à la hauteur, tant pour la fourniture du matériel que pour l’accompagnement du personnel.

Le Dr Siemeni fixe un cap : « Notre objectif est que la médecine pratiquée à Paris et à New York soit exactement la même que celle pratiquée à Douala ». Selon lui, le TAVI permet à des patients âgés et fragiles de bénéficier d’une chirurgie sans ouvrir le thorax. Il y voit aussi un

levier pour développer des techniques voisines et relever le niveau médical au Cameroun.

Le Pr Kamdem précise que HeartBeat coopère avec l’hôpital depuis environ deux ans. Ce partenariat couvre la chirurgie à cœur ouvert et les pontages coronariens à cœur battant, réalisés sans arrêter le cœur. À l’en croire, l’hôpital reçoit désormais des patients venus du Tchad, de la République centrafricaine et du Congo.

Une patiente opérée témoigne

Rose Mary Forbah, enseignante à la retraite, a reçu une nouvelle valve. « Depuis quelques heures que je suis sortie du bloc opératoire, la douleur dans mon cœur a disparu », raconte-t-elle. Avant l’intervention, elle ne pouvait ni porter de charges ni assurer ses tâches ménagères. Elle remercie les spécialistes venus d’Allemagne et l’équipe dirigée par le Pr Kamdem. « Qu’ils viennent à l’Hôpital Général et leurs problèmes trouveront une solution », conseille-t-elle aux personnes souffrant d’une maladie cardiaque.

Réactions : « Les équipements pour la chirurgie cardiaque et la cardiologie interventionnelle sont placés pour le bien des Camerounais »

Pr Danielle Christiane Kedy Mangamba, Directrice générale adjointe de l’HGD

Le gouvernement a mis à l’Hôpital Général de Douala un plateau technique de haut niveau, d’abord pour le diagnostic des cardiopathies. Depuis les équipements de base l’ECG, l’échographie, le coroscanner, l’IRM cardiaque et la coronarographie, le diagnostic d’une

pathologie cardiaque est posé avec minutie à l’Hôpital Général de Douala. Les équipements pour la chirurgie cardiaque et pour la cardiologie interventionnelle ont aussi été placés à l’Hôpital Général de Douala pour le bien des Camerounais. C’est tout ce plateau technique qui nous permet d’abriter une campagne de ce genre. Si vous n’avez pas les moyens de faire le diagnostic ou de traiter, vous ne pouvez pas agir, car ce sont des équipements lourds. Même avec l’échange de compétences avec l’association HeartBeat qui vient nous accompagner, sans ce plateau technique, ses équipes ne pourraient pas intervenir.

Nous en profitons pour remercier notre tutelle et le Président de la République, qui a voulu, dans sa politique de mise à niveau de notre système de santé, installer ces équipements à l’Hôpital Général de Douala. Grâce à eux, nous pouvons abriter des campagnes de ce genre. Quand les médecins de l’association viennent, ils apportent leur expertise, leur savoir-faire, et ils travaillent en collaboration avec les experts camerounais. Les diagnostics sont posés par des Camerounais. Dans les salles d’intervention, l’équipe est mixte : elle réunit l’équipe de l’association HeartBeat et des praticiens camerounais. Cardiologues, anesthésistes-réanimateurs et chirurgiens camerounais sont au bloc opératoire actuellement pour prendre en charge ces patients.

« Grâce à cette salle, ils peuvent bénéficier des traitements de dernière génération »

Pr Félicité Kamdem, Professeur titulaire de cardiologie, Directeur médical de l’Hôpital Général de Douala

« Au-delà de la coronarographie, cette salle d’angiographie permet également à l’Hôpital Général de Douala de réaliser d’autres examens très spécialisés qui, avant 2021, ne pouvaient pas être

réalisés au Cameroun parce qu’on était obligé d’envoyer les patients à l’étranger, notamment pour la prise en charge des cardiopathies congénitales par cathétérisme interventionnel. Avec des technologies modernes et l’acquisition d’une salle comme celle-ci, nous réalisons la correction des malformations cardiaques congénitales, notamment la fermeture d’une communication interauriculaire, la fermeture d’une persistance du canal artériel ou la dilatation d’une sténose pulmonaire. Ce sont des techniques où l’enfant entre, voit sa malformation corrigée et ressort au bout de 48 heures sans cicatrice.

L’autre avantage de cette salle concerne la réalisation de techniques chirurgicales par cathétérisme interventionnel, notamment la chirurgie cardiaque interventionnelle. Plusieurs activités innovantes se font à l’Hôpital Général de Douala et permettent au Cameroun, sur le plan national et sous-régional, de prendre en charge des patients présentant ces affections cardiovasculaires graves qui ne pouvaient pas, faute de moyens pour une évacuation sanitaire, bénéficier de soins et dont le pronostic vital était engagé. Aujourd’hui, grâce à cette salle, ils peuvent bénéficier de traitements de dernière génération sans avoir besoin de se déplacer à l’étranger.

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