Tous les jeudis matin, l’arrondissement de Yaoundé 3ème organise une opération de nettoyage général. De 7h à 10h, tous les commerces, des boutiques aux marchés, doivent fermer leurs portes pour faciliter le travail des équipes de nettoyage de la mairie. Ce qui n’est pas toujours pour plaire aux commerçants.
A la question de savoir l’impact que pouvait avoir la fermeture des boutiques sur le petit-déjeuner de ses enfants, maman Delphine explique : « Quand je sais que demain c’est jeudi propre, je préfère acheter des macaronis et des plantains en réserve au lieu du pain pour faire des gamelles. C’est plus facile pour moi de le faire et ce n’est pas tous les jours que j’achète du pain pour mes enfants. Pour moi le mieux est d’acheter même par exemple du pain à la boulangerie et le mettre au frais ». A priori, la commune de la mairie de Yaoundé 3 avait ordonné à tous les commerçants de garder fermés leurs lieux de commerces. Mais, force est de constater que les instructions donnés aux différents tenanciers de commerce ne sont pas respectées.
Il est normal pour Maman Delphine, de fermer les lieux de commerce pour faire la propreté, car pour elle c’est important de travailler dans un environnement sain qui permettra d’ailleurs à d’éventuels clients d’être à leur aise ; surtout que l’insalubrité est un phénomène de mise au sein des quartiers de cet arrondissement.
La mairie aurait toutefois pu faire une exception pour les épiciers, communément appelés « boutiquiers », apprend-t-on d’un épicier lambda du quartier Efoulan. « C’est vrai que normalement l’on ne doit pas ouvrir du tout jusqu’à 10H, mais la mairie a permis que nous qui vendons des vivres comme le pain et tout. Nous restons ouverts jusqu’à 8H parce qu’il y a des enfants aussi qui doivent apprêter leur petit déjeuner et même pour certains leurs goûters et tout le reste. Après 8H nous devons rester fermé jusqu’à 10H comme tout le monde », explique-t-il. Aussi, entre l’aurore et 8H, il est possible de se ravitailler autant que nécessaire, mais seulement en vivres alimentaires car pour les commerçants d’un autre genre, ils se doivent de rester fermés.
D’après Lihinaca Raïssa, une étudiante en droit : « C’est un problème d’organisation, parce que si l’on sait déjà que les boutiques de commerce sont fermés jusqu’à 10H, même dans les marchés il faut être en avance et faire tous les achats importants avant ». Elle rajoute dans ses propos que certains boutiquiers sont même prêts à corrompre la commune lorsqu’ils font le tour pour pouvoir laisser ouverte leurs boutiques. « Ce que moi je souhaiterais c’est que lorsqu’on dit même Jeudi propre, les gens s’appliquent à respecter ces choses-là », conclut Raïssa.
Charone DONGMO Stg















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