Trois ans après la mort de son fondateur Alhadji Mohamadou Abbo Ousmanou, l’entreprise familiale, désormais dirigée par sa fille Ousmanou Aminatou d’une main de maître, a prouvé que le maïs camerounais pouvait encore nourrir les corps et les ambitions.
À l’occasion de la célébration de la fête du Travail, la première agro-industrie de la région de l’Adamaoua a fait sensation lors de son passage devant le public massé à la place des fêtes de Ngaoundéré
Tandis que les défilés syndicaux scandaient les revendications classiques du 1er mai, une autre forme de puissance s’est invitée sur la place des fêtes. Celle, plus silencieuse mais tout aussi éloquente, d’une industrie qui refuse de mourir. Ce mercredi, Maïscam, la plus ancienne agro-industrie de la région de l’Adamaoua, a offert au public massé un véritable spectacle de résilience. Derrière les échantillons de farine de maïs finement présentés et les sacs alignés comme des soldats, c’est tout un symbole qui s’exposait : l’entreprise fondée en 1982 par Alhadji Mohamadou Abbo Ousmanou, brutalement endeuillée il y a trois ans, est désormais solidement tenue par sa fille, Ousmanou Aminatou. Le navire n’a pas sombré. Il a changé de capitaine.
En effet, reprendre les rênes d’une entreprise pionnière n’est jamais anodine, surtout dans un secteur aussi stratégique que celui des céréales. Fondée en 1982, Maïscam s’est imposée comme la première du Cameroun à miser sur la transformation locale du maïs en farine de haute qualité. Pendant plus de quatre décennies, son fondateur en avait fait une référence de la souveraineté alimentaire. Or, sa disparition il y a trois ans aurait pu fragiliser l’édifice. Pourtant, sa fille, Ousmanou Aminatou, a su préserver l’outil de production, moderniser certaines lignes et, surtout, maintenir le cap. Sa présence massive à la fête du Travail 2026 n’était pas un hasard : elle venait dire aux consommateurs et aux partenaires que Maïscam est non seulement debout, mais prête à reconquérir le terrain.
Ensuite, des vertus nutritionnelles et environnementales remarquables
Par ailleurs, ce qui distingue Maïscam sur le marché, ce n’est pas seulement son ancienneté. C’est aussi la qualité intrinsèque de ses produits. En harmonie avec les terres fertiles de l’Adamaoua, l’entreprise valorise chaque grain de maïs avec une exigence rare. La farine produite est riche en glucides complexes, naturellement dépourvue de gluten, et conserve une partie des minéraux essentiels tels que le magnésium, le phosphore et le zinc. Sur le plan nutritionnel, elle offre une alternative saine aux farines trop raffinées venues de l’extérieur. De plus, Maïscam s’engage dans une culture respectueuse de la nature : elle privilégie des méthodes qui réduisent l’utilisation d’intrants chimiques, protègent les sols et valorisent le savoir-faire des producteurs locaux. Concrètement, consommer la farine Maïscam, c’est encourager une filière vertueuse, de la semence locale à l’assiette.
Par conséquent, une fierté régionale et un appel à la consommation responsable
Cette démonstration de force n’a d’ailleurs pas laissé indifférentes les autorités. Présent sur place, le gouverneur de l’Adamaoua, Kildadi Taguiéké Boukar, n’a pas caché sa satisfaction. Pour lui, voir Maïscam revenir en force sur la scène commerciale du Cameroun est « une fierté régionale ». Et pour cause : l’entreprise crée des emplois directs et indirects, stabilise les revenus des producteurs de maïs de l’Adamaoua et réduit la dépendance aux farines importées. Dans une période où la souveraineté alimentaire devient un enjeu géopolitique, chaque tonne de farine locale produite est un pas vers l’indépendance du Cameroun. Le gouverneur a ainsi appelé ses concitoyens à privilégier les produits Maïscam, non par patriotisme aveugle, mais par choix éclairé.
Reste que la route est encore longue. La farine de maïs doit concurrencer des céréales mieux établies dans les habitudes alimentaires. Mais Ousmanou Aminatou semble armée pour relever le défi. À la fête du Travail, elle a incarné une double promesse : celle d’une continuité familiale respectueuse du fondateur disparu, et celle d’une ambition industrielle résolument moderne. Alors que les cortèges s’éloignaient de la place des fêtes, les camions de Maïscam, eux, repartaient déjà vers les marchés. Pour continuer à nourrir la région, grain après grain.











































































































































































































































































