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« Le système de régulation des interventions sanitaires activé dans la région de l’Est, vise à améliorer la santé publique »

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Le délégué Régional de la santé publique pour la région de l’Est, le Dr Mambo Maka Albert explique le Système de Régulation des Interventions Sanitaires mis en place dans cette région et qui vise à améliorer la prise en charge des patients, à renforcer la coordination des interventions de santé et à promouvoir la santé publique.  Dans cet entretien, il présente les avantages de ce système  et les défis à relever dans le cadre de sa mise en œuvre effective.

Monsieur le délégué, merci d’accepter cette interview. D’emblée, pourriez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis le Dr Mambo Maka Albert, médecin de santé publique, option gestion hospitalière et expert en système de gestion de l’incident. Actuellement j’occupe les fonctions de délégué régional de la santé publique pour la région de l’Est.

Pouvez-vous nous en dire plus sur le système de régulation des urgences sanitaires qui vient d’être activé dans votre région sanitaire ?

Nous sommes en réalité entrain de continuer un processus qui a été initié par monsieur le ministre de la santé publique depuis les années 2020-2021 lorsque nous étions encore délégué régional de la santé publique du littoral. En effet, pendant la pandémie du Covid-19, le ministre avait apprécié en termes d’organisation, le système que nous avons mis en place dans la prise en charge des patients destinés à l’isolement dans nos hôpitaux ainsi que ceux devant l’être dans leurs domiciles. Il nous a donc instruits d’améliorer ce que nous faisions afin de produire un système de prise en charge extra hospitalier qui devrait aboutir à la mise sur pied d’une forme de régulation médicale complète. Nous avons donc commencé ce travail dans le littoral avec des équipes auxquelles nous rendons d’ailleurs hommage ce jour, cela nous a permis après le Covid-19, de bien gérer l’épidémie de choléra ainsi que les aspects de prise en charge sanitaire lors de la coupe d’Afrique des nations de fooball Total Energy 2021 qui s’est jouée dans notre pays. Nous avons continué à évoluer jusqu’à ce que nous puissions réaliser que le  système de gestion pré-hospitalier était soutenu par les mêmes entités qui permettaient de faire une réelle coordination de la prise en charge globale en mettant en réseau des hôpitaux pour que le patient soit pris en charge sur tous les plans.

Qu’avez-vous constaté qui pouvait mieux améliorer l’implémentation de ce système ?

Dans ce système, nous avons constaté que toutes les interventions de santé telles que la surveillance, la prise en charge des cas spéciaux comme les réfugiés, les cas de violence contre les enfants qui doivent être pris en charge par les centres de jeunesse, les formations sanitaires dans d’autres secteurs comme le ministère du travail, le ministère de l’enseignement supérieur, les enseignements secondaires, le ministère de l’éducation de base, etc, que tout cela pourrait être coordonné par le même système à travers un centre d’appel qui serait assez spécialisé en termes de régulation des interventions. Nous avons donc élaboré un outil qui a été validé par le ministre de la santé publique en 2023 lorsqu’il est venu à douala. Le travail qui est actuellement fait dans la région de l’Est n’est en réalité que la poursuite de l’implémentation avec  des améliorations de l’outil parce qu’au littoral, nous n’avons pu mettre en place que l’unique aspect du transfert des patients entre les hôpitaux.

Et qu’avez-vous apporté de plus aujourd’hui en dehors du transport des patients entre les hôpitaux qui était le seul aspect au début de cette initiative au littoral ?

Aujourd’hui nous avons déjà peaufiné l’intégration de toutes les interventions. C’est pour cette raison que nous avons donné à ce dernier l’appellation de système de régulation des interventions de santé au lieu de système de régulation médicale parce qu’il est question ici, de tout coordonner, de tout réguler. Tout le travail qui se fait sur le terrain peut être coordonné au niveau du centre d’appel qui est une grande opportunité pour le contrôle-qualité en ce sens que toutes informations collectées, vont nous permettre de mieux orienter et vérifier la qualité de nos interventions dans le but de déceler, non seulement les meilleures pratiques mais aussi les insuffisances à améliorer. C’est cela qui nous nous permet de couvrir jusqu’à la surveillance biologique. Avec cette approche, les populations pourraient signaler facilement les problèmes de santé publique tels qu’un viol, une morsure de chien, une maladie endémique à surveiller, une blessure par arme à feu ou arme blanche. Elles pourront les signaler et cela permettra au système de mettre en place des mécanismes que nous avons développés pour prendre en charge ce type de cas jusqu’à ce que la réponse puisse arriver à son terme. Cela nous permettra de mieux coordonner les interventions à tous les niveaux en tenant compte des autres sectorielles concernées  et également de mieux alimenter nos bases de données, y compris le DHIS2 afin que le niveau central suive ces données ainsi que les informations de nos interventions sur le terrain.

A lire aussi; Région de l’Est : Un système de régulation des interventions sanitaires activé

En agissant ainsi quels sont de manière spécifique, les aspects que vous résorbez ?

En le faisant, nous résorbons beaucoup d’aspects de notre système, notamment la coordination, la qualité des interventions mais surtout la production et la gestion des données plus fines, plus ciblées qui permettent d’obtenir de meilleurs résultats. Au-delà de ces aspects de surveillance, c’est aussi possible pour la communauté, de signaler des cas d’événements de santé publique nous permettant de mettre en branle le système et  descendre sur le terrain en vue de la prise en charge des cas. Tous ces aspects sont intégrés dans le système que nous sommes en train de mettre progressivement sur pied. A ce jour, nous avons pu avec l’appui d’un certain notre de partenaires locaux et de ceux du ministère de la santé publique, relancer de façon formelle le centre d’appel qui a été mis en place en mai 2024 et inauguré par monsieur le Gouverneur de la région de l’Est. Nous sommes en train de lancer la surveillance à partir de la notification des cas ainsi que l’écoute communautaire et les conseils à travers les orientations que nous pourrions donner à ces populations pour qu’elles se sentent à l’aise et mieux orientées. Au cours du mois de mai prochain, nous allons travailler principalement sur la couverture sanitaire des grands événements. Il y en a trois qui vont nous permettre d’entrainer nos équipes mobiles pour que nous puissions arriver dans un délai d’un mois ou deux à ce que l’unité mobile soit très opérationnelle. En faisant allusion à l’unité mobile, nous ne parlons pas uniquement des ambulances communément appelées SAMU, mais nous parlons de tous les véhicules de liaison, de toutes nos motos qui seront mis en réseau pour pouvoir transporter les échantillons, les malades, etc. Tout cela pourra être coordonné et être fait et réduira nettement les dépenses. Les moyens qui seront maintenant intégrés, faciliteront ainsi les interventions ciblées et permettront surtout une optimisation des résultats. Voilà de façon concise de quoi il est question dans cette nouvelle approche ; ce système que nous sommes en train de mettre progressivement en place, et j’insiste sur l’adjectif progressif, parce qu’il s’agit d’un processus.

Monsieur le délégué régional, pourriez-vous nous  fournir aussi des informations sur le nombre et la qualité des personnels qui seront chargés de la mise en œuvre opérationnelle de ce système ?

Je dois dire d’emblée, que c’est un système qui rappelle les préalables de toute activité, à savoir qu’il y a deux niveaux d’intervention : la coordination et les interventions. Il y a donc des personnes qui seront affectées à la coordination pour coordonner toutes les activités liées au système. Ces personnes ont été préalablement formées sur un certain nombre d’aspects de la coordination. Ce sont des personnes qui ont déjà travaillé dans ce genre d’activités pendant la pandémie de Covid-19. Toutefois, nous sommes en train de mettre en place un plan de formation continue avec des recyclages réguliers. Leurs connaissances seront toujours renouvelées. Le centre d’appel qui est un outil de cette coordination, permet de faire une régulation et une coordination de tous les autres intervenants tels que les hôpitaux, les unités mobiles, les formations où les structures de toutes les sectorielles qui interviennent dans la prise en charge et qui sont également dans un projet de formation progressif. Au fur et à mesure que nous intégrons les personnels dans le système, nous les formons en fonction des interventions déjà prises en compte. C’est le cas du personnel qui est au centre d’appel qui a déjà été formé pour la surveillance, l’écoute, les conseils et les orientations. Maintenant, nous sommes en train de nous occuper des personnels qui doivent mener des interventions à travers ces trois grands événements qui sont : la visite imminente du vice-premier ministre ici à l’Est , visite pendant laquelle il y aura une couverture sanitaire sur trois ou quatre jours et qui va entrainer un déploiement des équipes mobiles qui ne sont pas uniquement formées sur la théorie mais de façon pratique en utilisant des événements réels. Cela leur permet d’être dans le feu de l’action, non pas comme faisant des exercices mais en pratiquant une couverture sanitaire avec des actions précises. Les fêtes du 1er mai et celle du 20 mai seront toutes couvertes par un système qui existe déjà dans la région et qui n’a qu’à renforcer certains aspects mais qui demeure un système de routine. En fait c’est ainsi que le système de santé doit être mis en place et coordonné dans toutes les régions et sur le terrain. Il est donc question pour nous, de présenter les résultats de ce système à monsieur le ministre de la santé publique qui les a demandés le plus tôt possible, afin qu’il puisse évaluer l’effectivité et surtout l’efficacité du système et savoir s’il y a des améliorations à faire pour pouvoir déterminer dans quelle mesure passer à l’échelle nationale.

Sachant que la région de l’Est est frontalière à certains pays, dites-nous, monsieur le délégué régional, de quelle manière ce système pourra améliorer la santé des populations dans les zones frontalières et quelles en seront les bénéfices pour les populations de l’ensemble de la région en termes de réponse aux urgences sanitaires, de prévention des maladies et de coordination des interventions de santé ?

Comme je l’ai précédemment dit, la détection précoce va s’améliorer considérablement. Il suffira de prendre son téléphone, quel que soit l’endroit où l’on se trouve, pour pouvoir notifier un événement ou un problème de santé. Vous convenez avec moi que si la détection précoce est améliorée, cela signifie que la riposte précoce peut également être organisée de manière efficace. Il y a également l’amélioration de la qualité des données qui va faciliter la mise à disposition aux districts de santé d’un ensemble d’informations qui permettront que les interventions soient plus précises et que ces districts de santé aient un ensemble de données importantes et intéressantes à leur disposition. Une autre chose qui sera améliorée, c’est la prise de décision adéquate pour une meilleure couverture des populations. Je n’oublierai pas cette promptitude à prendre en charge les événements de santé publique qui couvrent non seulement les problèmes de santé, mais également les accidents de la voie publique ; car on en compte beaucoup sur notre route entre Ayos et Garoua-Boulaï.

Tout ce qui concerne la coordination de la prise en charge dans les formations sanitaires de tout le système qui va être mis en place, nous permettra d’être plus précis, plus efficace et surtout que les populations ressentent qu’elles sont mieux couvertes, mieux suivies et avec de manière concrète, une  proximité du système de santé. Nous allons donc avec tout cela, prendre les meilleures décisions et obtenir de meilleurs résultats.

Auriez-vous un dernier point que vous aimeriez souligner pour permettre à nos lecteurs de mieux comprendre le système de régulation des interventions sanitaires dans  la région de l’Est ?

C’est un système que nous gagnerons tous à connaitre progressivement. Je sais qu’il y a beaucoup de questionnement dans les esprits des gens qui veulent surtout savoir de quoi il est exactement question. J’ai vu quelques informations qui ont circulé et il y a eu beaucoup de confusion dans l’esprit des gens parce que nous n’avons pas été habitués à savoir quel rôle joue effectivement un centre d’appel. Il a dans la plupart des cas été associé au SAMU c’est-à-dire, à une partie de l’unité mobile qui comprend les ambulances. Il sera progressivement question, que tous ensemble, nous apprenions de quoi il s’agit et que nous voyons tous ensemble aussi ce que cela nous apporte. On ne  peut expliquer tout cela aux gens  en deux ou trois minutes. C’est lorsqu’ils vivront les réalités de l’amélioration de la prise en charge des patients, de la proximité que la population va ressentir par rapport au système de santé, de la résolution effective des problèmes qui vont être rapportés ; puisqu’il y avait ce manque de trait d’union entre le désir des populations et la capacité de l’exprimer parfois pour que le système de santé les prennent en charge, qui vont également être résolus. Autant de choses qui vont faciliter une meilleure compréhension des gens et susciter leur adhésion de plus en plus à ce système.

Etes-vous sûr d’avoir des partenaires, monsieur le délégué régional ?

Oui, nous aurons des partenaires, des personnels de santé et des entités qui vont se joindre de plus en plus au système et le renforcer. Ce système de régulation des interventions sanitaires, sera au service du ministère de la santé, pour résoudre les problèmes en y apportant des solutions.  Et c’est ici pour moi l(occasion de  remercier monsieur le ministre de la santé publique parce que c’est lui qui est à l’origine de cette nouvelle dynamique. C’est lui qui nous a demandés de faire ce travail parce qu’il a eu la vision de l’embellie réelle et du bien-être que pourrait apporter ce système. Nous  travaillons quotidiennement donc dans ce sens pour atteindre de meilleurs résultats. Depuis ce moment, faut-il le relever, il a toujours été à nos côtés en nous donnant des orientations qui nous permettent de faire le travail actuel. Nous espérons que nous sommes en train de lui rendre satisfaction dans le sens de donner le meilleur de nous-mêmes en contribuant ainsi à l’implémentation de l’agenda de transformation du système de santé de notre pays et à l’humanisation des soins qui sont des axes stratégiques sur lesquels, le Dr Manaouda Malachie, notre ministre, tient si chèrement.

Entretien retranscrit par Arthur Fidelis Metsampito Bamlatol, Cellule de Communication DRSP-Est

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