Nommé le 28 mars 2025, le Dr Saïd Ahmed hérite d’un établissement en quête de renouveau.
Entre réhabilitation de l’infrastructure, mise en service du centre d’hémodialyse, et rapprochement des soins de la population, le nouveau directeur devra relever des défis de taille dans un contexte de transformation accélérée, marqué notamment par l’ouverture du pont stratégique reliant Yagoua à Bongor.
Médecin expérimenté et gestionnaire reconnu, il arrive à un moment charnière pour cette structure hospitalière confrontée à de multiples défis. À peine entré en fonction, les regards sont déjà tournés vers lui, porteurs d’espoir et de questionnements.
Parmi les priorités identifiées, figure en premier lieu le rapprochement de la population de l’hôpital. Trop souvent perçue comme distante ou peu accessible, l’institution médicale peine à créer une relation de confiance durable avec les habitants de Yagoua et des environs. « On a besoin de sentir que l’hôpital est là pour nous, qu’il nous comprend », confie Mariam, commerçante rencontrée au marché de Yagoua.
Un hôpital à reconstruire, au propre comme au figuré
Autre dossier brûlant : la réhabilitation complète de l’hôpital. Certaines infrastructures sont vétustes, l’équipement médical obsolète, et les conditions d’accueil parfois indignes. « Le service pédiatrique a urgemment besoin d’un coup de neuf », lance un infirmier sous couvert d’anonymat. Ce vaste chantier nécessitera non seulement des moyens financiers importants, mais aussi une vision claire, une gestion rigoureuse et un engagement de tous les acteurs.
Par ailleurs, la finition du centre d’hémodialyse est attendue comme une bouffée d’oxygène par de nombreux patients souffrant d’insuffisance rénale, aujourd’hui contraints à de longs déplacements. L’aboutissement de ce projet symbolisera un réel progrès en matière de soins spécialisés à Yagoua.
Le succès de cette mission dépendra aussi de la qualité de la collaboration avec le personnel hospitalier. « Le climat de travail doit être apaisé pour que nous soyons efficaces », explique un aide soignant rencontré à l’hôpital.. À cet égard, le Dr Saïd Ahmed est attendu sur sa capacité à instaurer un dialogue constructif et à valoriser les compétences internes.
Un hôpital au carrefour de deux nations
L’ouverture récente du pont reliant Yagoua à Bongor, au Tchad, bouleverse déjà les dynamiques locales. L’hôpital devient de fait un pôle de santé stratégique dans la sous-région. Cela implique une probable augmentation du flux de patients, une pression accrue sur les services, mais aussi des opportunités en matière de coopération transfrontalière et de visibilité.
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Dans la rue, les avis oscillent entre espoir et scepticisme. « Si le nouveau directeur tient ses promesses, ce sera une révolution pour notre santé », espère Idriss, enseignant. D’autres restent plus prudents : « On a vu des directeurs passer, mais peu de choses ont changé. Il faut des actes concrets », tranche Awa, habitante du quartier Danayré
Quoi qu’il en soit, le Dr Saïd Ahmed n’a pas droit à l’erreur. À lui d’écrire une nouvelle page de l’histoire de l’hôpital régional annexe de Yagoua, avec comme plume la transparence, la rigueur et l’humanité.
Samuel ADJEWA















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