Le Cameroun s’engage dans une refonte ambitieuse de sa politique nationale de jeunesse, avec pour objectif cardinal de garantir à au moins 70 % de ses jeunes l’accès à des services de santé et de bien-être de qualité. Révélée lors d’une session de validation à Yaoundé ce 6 mai 2025, cette nouvelle orientation, fortement soutenue par le Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA), est perçue comme un levier essentiel pour pleinement exploiter le dividende démographique du pays et bâtir une jeunesse plus saine et plus résiliente.
Avec 36,89 % de sa population âgée de 15 à 35 ans sur un total de 29,8 millions d’habitants, le Cameroun dispose d’un potentiel démographique colossal. Cependant, comme l’a souligné le gouvernement, cette opportunité pourrait rester inexploitée. Les facteurs limitants incluent un taux de fécondité élevé, notamment chez les adolescents, des systèmes éducatifs, de formation professionnelle et de santé jugés inadéquats, ainsi qu’une croissance économique encore limitée. Pour inverser cette tendance, le gouvernement, épaulé par des partenaires clés comme l’UNFPA, a mené une vaste consultation et une analyse situationnelle. L’objectif est de bâtir un cadre politique plus ambitieux et transversal, couvrant la période 2025-2035.
Le document soumis à la validation d’experts de divers départements ministériels, de la société civile et des partenaires techniques et financiers met un accent particulier sur la santé. Il vise à créer un environnement propice où une large majorité de jeunes peuvent non seulement accéder aux soins, mais aussi participer activement et bénéficier des processus de développement social et économique.
Lors de la cérémonie d’ouverture, le ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, Mounouna Foutsou, a fermement appelé les experts à adopter une politique qui s’attaque notamment au déficit de formation professionnelle, une position largement appuyée par Issa Tchiroma Bakary, ministre de l’Emploi et de la Formation professionnelle, également présent.
Pour le Dr Justin Koffi, représentant résident de l’UNFPA, la confiance est de mise. « Le projet de politique de la jeunesse soumis à validation étant basé sur les besoins et les aspirations des jeunes », a-t-il déclaré, « le document qui sera validé pourrait contribuer à accélérer l’exploitation du dividende démographique au Cameroun ». Cette déclaration souligne l’importance stratégique de l’accès à la santé et au bien-être pour la jeunesse camerounaise, pierre angulaire d’un développement humain durable et équitable.
E.S.N















Comments are closed