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« Woman eh, wuna place dey » : L’UNFPA fait passer le message dans les amphis !

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Grâce à un projet de transformation du genre porté par l’UNFPA, financé par la GIZ avec le soutien du ministère allemand de la coopération et du développement (BMZ) et de l’Union européenne, des actions sont engagées pour harmoniser les contenus de formation sur les VBG. Dans ce cadre, l’UNFPA a soutenu le colloque international et le symposium tenus à l’Université de Yaoundé II-Soa les 24 et 25 juillet 2025.

Le projet, intitulé « Woman eh, wuna place dey », d’une durée de quatre ans (2025-2028), est mis en œuvre dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest du Cameroun. Il soutient activement les approches féministes et les dynamiques de transformation du genre en mettant en avant les organisations dirigées par des femmes, tout en s’attaquant à la racine des inégalités sociales et des violences qui en découlent.

« Ce projet vise à promouvoir les organisations féminines et à renforcer la prévention et la réponse aux VBG dans un contexte particulièrement vulnérable. Il était essentiel qu’il s’inscrive dans la réflexion nationale portée par le colloque de Soa », explique Agnès Christelle Ndondock, spécialiste du programme Genre et lutte contre les violences basées sur le genre au Fonds des Nations Unies pour la Population (UNFPA).

Un colloque stratégique pour des solutions pérennes

Parrainé par le ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, le colloque international s’est articulé autour du thème « Genre et protection sociale dans les pays en développement : enjeux, défis et opportunités ». Il a rassemblé experts, universitaires, chercheurs et organisations de la société civile pour échanger sur les synergies possibles entre genre et politiques de protection sociale.

Dans ce cadre, l’UNFPA, en collaboration avec le laboratoire de recherche « Genre et Développement » de l’Université de Soa, a organisé un symposium spécifique intitulé : « Vers un module harmonisé de formation sur les VBG en contexte universitaire : enjeux, contenus et démarche d’élaboration ».

L’objectif ? Poser les jalons d’un outil pédagogique standardisé, destiné à être intégré dans les curricula universitaires à l’échelle nationale, afin de doter les étudiants et le personnel académique d’une compréhension commune et approfondie des VBG.

« De plus en plus de programmes sur le genre voient le jour dans nos universités, mais il subsiste un manque de cohérence sur le traitement des VBG. L’harmonisation est devenue urgente pour garantir une réponse efficace, basée sur des standards internationaux », souligne Agnès Christelle Ndondock.

Colloque international de l’université de Yaoundé 2. Plénière placée sous le thème : Renforcer l’équité de genre dans la protection sociale : innovations et défis en contexte de crise.
Colloque international de l’université de Yaoundé 2. Plénière placée sous le thème : Renforcer l’équité de genre dans la protection sociale : innovations et défis en contexte de crise.

Une démarche inclusive et multisectorielle

Ce projet, soutenu par la coopération allemande et l’Union européenne, ambitionne de dépasser la seule réponse académique. Il s’agit d’ancrer la lutte contre les VBG dans les politiques universitaires, mais aussi de bâtir des alliances avec les collectivités territoriales décentralisées, les ONG, les centres de santé et les autorités locales.

Durant le symposium, plusieurs experts ont partagé leurs expériences sur les mécanismes de prévention et de prise en charge des victimes de violences basées sur le genre (VBG), les dispositifs juridiques existants, ainsi que sur les approches pédagogiques innovantes pour sensibiliser les jeunes.

La perspective est clairement nationale. L’outil en gestation devra servir de boussole pour toutes les universités camerounaises, afin de guider la prévention, la détection précoce et la réponse aux cas de violences sexuelles et sexistes dans le milieu universitaire. Cette standardisation des modules permettra aussi de lutter plus efficacement contre l’impunité, tout en instaurant un climat d’apprentissage plus sécurisé et inclusif pour les filles et les femmes.

A lire aussi: Genre et protection sociale en Afrique : Un prix UNFPA salue l’analyse du Dr Adibou Diallo

Construire l’avenir avec les jeunes et les universités

Le choix de l’université comme lieu d’implantation stratégique du projet n’est pas fortuit. L’UNFPA considère les jeunes comme des acteurs clés du changement. En les formant à ces enjeux dès le cycle universitaire, ils seront mieux préparés à devenir des leaders de demain, porteurs des valeurs d’égalité et de respect des droits humains.

« Nous voulons que ce module serve de socle commun pour tous, avec des standards clairs, afin que chaque université puisse enseigner et répondre aux VBG avec rigueur et efficacité. C’est une étape majeure vers un changement culturel durable », ajoute Agnès Christelle Ndondock.

Une dynamique à poursuivre

Au sortir du symposium, les échanges ont permis de dégager les bases d’une feuille de route pour l’élaboration du module harmonisé. Un comité technique devrait être mis sur pied dans les semaines à venir pour piloter ce processus de manière inclusive et participative.

L’UNFPA entend poursuivre cette dynamique au-delà de 2025, en renforçant son plaidoyer pour que ce projet pilote puisse s’étendre à d’autres régions du Cameroun et intégrer durablement les politiques de gouvernance universitaire.

« La transformation du genre ne se décrète pas. Elle se construit, pas à pas, dans les espaces de savoir, de pouvoir et de vie. Et c’est exactement ce que nous essayons de faire avec ce projet », conclut Agnès Christelle Ndondock.

Le colloque de Soa, bien plus qu’un événement académique, devient ainsi un levier stratégique pour faire progresser la lutte contre les VBG au Cameroun, en plaçant la prévention et l’éducation au cœur de la transformation sociale.

Mireille Siapje

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