
« Normalement, un nouveau-né qui a une bonne adaptation crie à la naissance. Cela signifie qu’il s’est bien adapté au milieu extérieur. »
Ce qu’est la réanimation néonatale
Ce qu’il faut savoir, c’est que la réanimation du nouveau-né est un ensemble d’étapes qui consiste en la bonne adaptation de ce dernier afin qu’il puisse avoir une vie favorable. La réanimation du nouveau-né, ou plutôt la vie du nouveau-né, passe par l’accouchement. Et si tout ne s’est pas bien passé à la naissance, il est fort possible que cet enfant développe des complications ou des séquelles plus tard qui peuvent être délétères pour lui. Il est important pour nous, pour les sages-femmes en amont et les pédiatres par la suite, les néonatalogistes que nous sommes, de bien prendre en charge un nouveau-né qui ne s’est pas adapté à la naissance. C’est une succession d’étapes : il faut savoir immédiatement quel est le problème que pose ce nouveau-né et réagir.
Normalement, un nouveau-né qui a une bonne adaptation crie à la naissance. Cela signifie qu’il s’est bien adapté au milieu extérieur. Si ce nouveau-né ne crie pas, il faut bien chercher quel pourrait être le blocage, pourquoi il n’a pas crié. Une fois le blocage trouvé, il faut savoir ce qu’il faut faire. La réanimation passe par trois étapes : l’évaluation du nouveau-né, la décision, puis l’action. On l’évalue : s’est-il adapté ? Est-ce un nouveau-né à terme ? Est-ce un prématuré ? Tout cela est important. La prise en charge du nouveau-né à terme est différente de celle du prématuré. Une fois l’évaluation faite, on passe à la décision : qu’est-ce qu’il y a lieu de faire ? Enfin, on passe à l’action, c’est-à-dire la mise en œuvre de la décision prise.
Tout cela se fait pour réduire de façon significative et drastique le taux de mortalité des nouveau-
nés, qui est encore important de nos jours. Nous, à l’Hôpital général de Douala, nous avons recensé environ 11 % de décès, et nous nous battons chaque jour, corps et âme, pour que ce taux diminue de façon considérable. Parce que c’est la vie des nouveau-nés qui en dépend. La vie d’un adulte commence par la période néonatale. Si tout ne se passe pas bien à la naissance, l’enfant ne connaîtra pas des jours favorables, même s’il survit. Mal pris en charge à la naissance, il peut avoir des complications ou des séquelles neurologiques. Il peut ne pas s’asseoir, ne pas parler. C’est déjà un frein pour lui dans l’environnement où il grandit. Les regards des autres ne seront pas les mêmes que pour un bébé qui a eu une bonne adaptation. C’est vraiment un mécanisme qui doit être pris au sérieux pour éviter que le taux de mortalité ou de morbidité augmente. Nous nous battons pour qu’il diminue, pas qu’il augmente.
Ceci dit, à l’Hôpital général, les mesures sont prises grâce aux dispositifs existants, au matériel que nous avons, et à la prise en charge des difficultés respiratoires. En tout cas, on a parlé hier, lors de la journée scientifique, de la mise en place de la SIPAP chez les nouveau-nés. Le service de néonatologie là-bas est équipé d’un gazomètre qui permet également de poser le diagnostic dans les cas d’asphyxie et d’assurer une prise en charge favorable et adéquate pour ces nouveau-nés. Nous pouvons donc dire, pour conclure, que ce n’est pas un travail complexe : il suffit d’avoir de la volonté pour parvenir à ses fins. Surtout que c’est la vie des nouveau-nés, qui nous tient particulièrement à cœur.
Une alerte
Nous lançons un cri d’alerte aux centres de santé, aux hôpitaux de district et de niveau inférieur, pour qu’ils nous réfèrent les nouveau-nés à temps pour leur prise en charge. Parce qu’une minute, une seconde comptent énormément pour eux. Le cerveau peut basculer d’un moment à l’autre et entraîner des complications à long terme, voire la mortalité.
Recueilli par Alphonse JENE










