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Hôpital régional annexe d’Ayos: Une caravane médicale spécialisée redonne le sourire aux populations.

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Près de 300 patients ont bénéficié, les 7 et 8 mai 2026, d’une opération médicale d’envergure à l’Hôpital régional annexe d’Ayos. Pilotée par son directeur, le Dr Pierre Mintom Medjo, cette initiative a mobilisé 24 spécialistes de la 25ᵉ équipe médicale chinoise de Shanxi, venus délivrer consultations, examens biologiques et traitements gratuits aux populations souvent isolées du département.https://www.minsante.cm/site/?q=en/node/4476

Construit sur un site chargé d’histoire – d’abord poste sanitaire allemand en 1914, puis « centre d’instruction médicale » du célèbre Dr Eugène Jamot à partir de 1932 – l’Hôpital régional annexe d’Ayos incarne aujourd’hui un paradoxe. D’un côté, ses bâtiments centenaires et des équipements hérités d’époques révolues peinent parfois à fonctionner faute d’électricité stable. De l’autre, le personnel sur place accomplit des prouesses, enregistrant encore une douzaine de naissances par mois dans des conditions souvent précaires. C’est pourtant sur ce même terrain que la volonté politique et la coopération internationale viennent régulièrement souffler un vent d’espoir.

En effet, la campagne des 7 et 8 mai 2026 s’inscrit pleinement dans la politique nationale

d’amélioration de l’accès aux soins. Pendant deux jours, les 24 experts chinois – généralistes, chirurgiens, ophtalmologues, gynécologues et acupuncteurs – ont examiné environ 300 habitants venus des villages alentour. Au programme : consultations médicales complètes, examens de laboratoire, traitements délivrés sur place, le tout intégralement gratuit. « Ils nous ont auscultés, soignés et même donné des médicaments sans rien demander en échange », témoigne une patiente âgée, venue à pied depuis un village voisin.

Au-delà du geste humanitaire, l’opération a offert un véritable diagnostic sanitaire du territoire. Les pathologies les plus fréquentes – paludisme, infections respiratoires, troubles ophtalmologiques et douleurs liées à l’âge – ont ainsi pu être identifiées et prises en charge. Les cas plus complexes ont été référés vers des hôpitaux de district ou vers la capitale provinciale, grâce au « système de référence bien élaboré » reposant sur une plateforme de communication locale déjà opérationnelle au sein de l’HRAA.

Cette mobilisation exceptionnelle a été supervisée par le Dr Pierre Mintom Medjo, directeur de l’établissement, qui insuffle depuis plusieurs mois une nouvelle dynamique de proximité. Après une « Semaine de la Santé » réussie en janvier 2026 (consultations et dépistages gratuits, causeries éducatives dans les écoles contre les grossesses précoces), il multiplie les partenariats pour redonner à cet hôpital historique ses lettres de noblesse. « Nous avons pu compter sur différents partenaires tant sur le plan local qu’extérieur et sur la volonté et la capacité organisationnelle du personnel », soulignait-il lors d’une précédente interview.

Néanmoins, des défis structurels demeurent. L’alimentation en eau potable reste intermittente, le groupe électrogène principal est vétuste et énergivore, et une partie du bâti abandonné se dégrade sous les intempéries. Le ministre de la Santé publique, qui avait visité les lieux en janvier 2023, avait alors pointé l’urgence de travaux complémentaires après les importantes réhabilitations financées par la Banque africaine de développement (BAD) en 2012.

Pour l’heure, l’enthousiasme des bénéficiaires et l’engagement des praticiens chinois et camerounais montrent la voie. À l’Hôpital régional annexe d’Ayos, chaque campagne gratuite apporte un peu plus que des soins : elle rappelle aux populations du Nyong-et-Mfoumou que la santé de qualité n’est pas un luxe réservé aux grandes villes. Reste à espérer que la dynamique enclenchée – entre volonté locale, appui international et réhabilitation en cours – finira par faire taire le bruit des groupes électrogènes pour laisser la place à celle, bien plus douce, des enfants nés dans ces murs centenaires.

E.S.N

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