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Santé publique : Des défis persistants entre planification familiale et prévention des maladies

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Le Cameroun se trouve à un tournant de son développement sanitaire. Bien que des progrès notables soient enregistrés dans certains domaines, de nombreux défis persistent, notamment en matière de planification familiale et de prévention des maladies. C’est ce que met en lumière la Stratégie Sectorielle de la Santé 2020-2030, qui dresse un état des lieux sans concession des réalités sanitaires du pays.

Les interventions à haut impact, telles que l’alimentation équilibrée, l’hygiène et l’allaitement maternel, sont des piliers de la santé des populations. Cependant, malgré ces “pratiques familiales essentielles”, les défis en matière de santé reproductive restent de taille. Selon le document de stratégie, l’usage de la contraception reste encore très faible : en 2018, seulement 19,3 % des femmes âgées de 15 à 49 ans utilisaient une méthode contraceptive (moderne ou traditionnelle), ce qui laisse une marge de progression considérable.

Parallèlement, la demande totale en planification familiale s’élevait à 42 % en 2018, mais n’était satisfaite que dans 46 % des cas. Le texte souligne que les besoins non satisfaits en la matière concernent près de 23 % des femmes en union, avec des pics particulièrement élevés chez les femmes de 35-39 ans (28 %) et de 15-19 ans (26 %). Les disparités régionales sont également criantes, le pourcentage de besoins non satisfaits variant de 34 % dans le Sud à 13 % dans l’Est.

Avortement clandestin : une conséquence dramatique

Cette insatisfaction des besoins en planification familiale a des conséquences tragiques. Un grand nombre de grossesses non planifiées débouchent sur un avortement, bien que l’avortement provoqué soit interdit au Cameroun, sauf pour raisons médicales. La majorité de ces interventions se réalise dans la clandestinité, ce qui entraîne très souvent de graves complications qui mettent en danger la santé et la vie des femmes. Le document de stratégie relève un manquement majeur dans la prise en charge de ces cas, car “très peu de formations sanitaires offrent des Soins Après Avortement.”

Un manque de ressources institutionnelles et humaines

Les problèmes liés à la planification familiale s’expliquent par plusieurs facteurs. Le document pointe du doigt “un engagement politique insuffisant, des ressources humaines insuffisamment qualifiées, un manque d’intrants et une faible mise en œuvre des stratégies de communication”. Les exemples donnés illustrent l’ampleur du problème : sur les 11 794 postes prévus par le texte organisant le MINPROFF, seuls 823 sont pourvus, ce qui ne représente que 7 % des besoins en ressources humaines. De la même manière, le MINAS ne dispose que de 32 services d’action sociale auprès des formations sanitaires sur l’ensemble du territoire national, un effectif “quantitativement insuffisant” au regard des besoins.

La prévention des maladies : une transition en cours

Sur le front de la prévention des maladies, le Cameroun a connu une baisse globale de la morbidité depuis les années 2010. Le pays a amorcé une transition épidémiologique, caractérisée par une baisse de la prévalence des maladies transmissibles (grâce à une meilleure accessibilité à l’eau potable et à l’hygiène) et une augmentation de celle des maladies non transmissibles. Cependant, malgré cette évolution, le texte précise que “la prévalence et le poids des maladies transmissibles demeurent nettement plus élevés que celui des maladies non transmissibles”.

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Le financement de la prévention de la maladie est également une source de préoccupation. Bien que les financements alloués à la prévention et à la prise en charge des cas aient représenté près de 30 % du budget du MINSANTE entre 2007 et 2015, les dépenses réelles relatives à la prévention ne s’élevaient qu’à 13,6 milliards de FCFA en 2011, soit “2,9 % seulement des dépenses totales de santé”.

En conclusion, le Cameroun fait face à un double défi : combler le fossé entre la demande et l’offre en planification familiale tout en consolidant ses acquis en matière de prévention des maladies. Les données de la Stratégie Sectorielle de la Santé 2020-2030 sont un appel à l’action pour les autorités et les partenaires, afin de garantir un système de santé plus robuste, plus équitable et mieux adapté aux besoins des populations.

E.S.N

 

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