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Journée internationale des infirmières 2026: L’hôpital central de Yaoundé parie sur le bien-être des soignants.

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Après une ouverture sportive et culturelle le 11 mai, la grande famille soignante se retrouve dès ce mardi 12 mai pour une matinée scientifique inédite : intelligence artificielle, leadership au bloc opératoire, management de l’AVC, avant une soirée d’hommage aux anciens surveillants généraux.https://www.icn.ch/fr/nos-actions/campagnes/journee-internationale-des-infirmieres

L’uniforme blanc n’a jamais été un simple habit de travail. Il est le signe d’un engagement silencieux, d’une présence rassurante au chevet du malade, d’une compétence technique doublée d’une intelligence du cœur. En cette matinée du 11 mai 2026, dans l’enceinte de l’hôpital central de Yaoundé, l’ordinaire a cédé la place à une effervescence inhabituelle. Non pas l’agitation fiévreuse des services en surcharge, mais l’énergie joyeuse des équipes qui troquent, le temps d’un après-midi, la blouse contre le maillot, le stéthoscope contre le sifflet d’arbitre. Car c’est par le sport et la culture que les infirmières et infirmiers de l’HCY ont choisi d’ouvrir, ce lundi, les festivités de leur journée internationale. Footballeurs, athlètes et chorales se sont donné rendez-vous pour une première journée dédiée à la cohésion d’équipe, à la détente et à la prévention de l’épuisement professionnel. Une manière concrète de rappeler que soigner l’autre commence par prendre soin de soi.

Cette célébration sur deux jours – l’un consacré aux liens entre collègues, l’autre à la réflexion scientifique et au cérémonial – s’inscrit pleinement dans le nouveau projet hospitalier de l’établissement. Un projet qui place l’infirmier au cœur de la chaîne de survie et de la qualité des

soins. Ce 12 mai, la grande famille soignante se retrouvera pour une matinée de conférences, de débats et de partages d’expériences, avant une soirée solennelle d’hommages. Deux jours pour dire merci, mais aussi pour penser l’avenir de la profession à l’heure du numérique, de l’intelligence artificielle et des défis éthiques.

Narration – dialogues croisés et thématiques phares

« Le bien-être des infirmiers n’est pas un luxe, c’est une condition de la qualité des soins. » La phrase est de OTABELA Clémence, surveillante générale de l’hôpital central de Yaoundé. Interrogée à quelques heures de l’ouverture officielle, elle dresse sans fard le constat des dernières années : augmentation du nombre de patients, complexification des pathologies, diversification des missions… La charge de travail, tant physique que mentale, n’a cessé de croître. Face à cela, l’équipe managériale a choisi l’action plutôt que la résignation. « Depuis le 4 mai dernier, nous avons réorganisé le temps de travail du personnel médico-sanitaire autour de trois piliers : l’équité dans la répartition des tâches, le respect des horaires normés (38 à 42 heures par semaine), et la flexibilité à l’écoute des besoins individuels », détaille-t-elle. Une mesure qui permet d’assurer une organisation fluide et prévisible, sans sacrifier la vie personnelle des soignants.

À ses côtés, NIWA Agnès, surveillante générale adjointe et présidente du comité d’organisation, renchérit : « Notre priorité, c’est le patient. À l’hôpital central, le patient est roi. Mais pour qu’il soit bien soigné, il faut que l’infirmier soit respecté, écouté et reconnu. » Elle insiste sur les espaces d’échanges professionnels, le suivi de proximité par l’encadrement, et les activités culturelles et sportives – comme celles qui se déroulent ce lundi – comme autant de remparts contre l’épuisement professionnel. « Le bien-être des infirmiers conditionne directement la qualité des soins. Ce n’est pas une formule, c’est une réalité clinique. » Sur le terrain de l’éthique et de l’humanisation des soins, les deux responsables affichent une même ligne de conduite. « La qualité des soins ne se limite pas aux compétences techniques, rappelle OTABELA. Je sais piquer, je sais faire des soins autonomes, mais cela repose avant tout sur le respect, la dignité et l’empathie. » Pour garantir cette humanisation, l’hôpital a mis en place des « cafés éthiques » mensuels, ainsi qu’une sensibilisation permanente à l’accueil du patient et de sa famille. « Ce point figure dans tous les cahiers des charges des responsables », souligne-t-elle. Une attention particulière est portée à la globalité de la personne soignée : besoins physiques, psychologiques et sociaux ne font qu’un. NIWA abonde : « L’accueil en milieu hospitalier, la communication permanente, l’étroite collaboration entre collègues soignants et la sensibilisation des patients : voilà nos axes de formation continue. » Elle insiste sur une culture professionnelle où chaque geste technique s’accompagne d’une parole juste, d’une explication claire, d’une présence rassurante. C’est dans cet esprit que la matinée scientifique du 12 mai a été conçue.

Un programme scientifique au service de la pratique infirmière

En phase avec la thématique internationale, le comité d’organisation a élaboré un programme dense, décliné en plusieurs panels où se croisent innovations technologiques, expertises cliniques et retours d’expérience. Le premier panel, modéré par le Dr NTANDZI Thierry, chef du service de soins intensifs, explorera des sujets aussi variés que les implications médico-légales du pouvoir décisionnel infirmier, le rôle de l’infirmier dans la prise en charge du lupus,

ou encore le management d’une parturiente en salle d’accouchement. Ce dernier point, confié à ISMAEL NAFISSATOU, major du service d’urgence de la maternité principale, promet d’être un moment fort : comment l’infirmière peut-elle, par son leadership et sa vigilance, éviter une dystocie, reconnaître une souffrance fœtale, ou simplement rassurer une mère angoissée ? Autant de situations où son « pouvoir d’agir » sauve des vies, comme le rappelle le thème.

Le deuxième panel, placé sous la modération de NGAH NISEBAN Jean Noel, coordonnateur des blocs opératoires, abordera des sujets de pointe. ESSONO, major du service de neurologie, présentera la pratique infirmière dans la prise en charge de la personne victime d’un accident vasculaire cérébral (AVC). Un enjeu majeur, car chaque minute compte dans la récupération neurologique. Puis, une intervention très attendue : celle du Pr ZINTCHEM Roger, infirmier et physiologiste, cadre de santé à Sorbonne-Université Tenon, sur « l’intelligence artificielle générative et l’apprentissage du raisonnement clinique infirmier ». Une ouverture résolument tournée vers le futur, où l’IA devient un outil d’aide à la décision sans jamais déshumaniser la relation de soin. Enfin, TADJOUTEU Jacqueline, major du bloc opératoire René ESSOMBA, partagera son expérience du leadership infirmier au bloc, où la coordination, l’anticipation et la gestion des urgences sont quotidiennes.

Le troisième panel, dirigé par TCHAPDA Richard, reviendra sur des fondamentaux trop souvent négligés. Me EYEBE ONDOBO Lambert, spécialiste en management des services de santé, proposera une relecture du célèbre serment de Florence Nightingale : « Sens, signification, signifié » – un exercice de mémoire et de sens pour rappeler que l’engagement infirmier s’enracine dans une tradition éthique séculaire. Suivra une démonstration pratique de TAFEN Jean, major du service d’accueil des urgences, sur la manipulation du pousse-seringue électrique et de l’aspirateur : des gestes techniques apparemment simples mais qui, mal maîtrisés, peuvent avoir des conséquences graves. La preuve que le pouvoir d’agir passe aussi par une formation continue rigoureuse.

Enfin, la surveillante générale adresse un message direct à celles et ceux qui intègrent la profession. « La jeune génération s’ancre dans un environnement exigeant, mais extrêmement formateur », dit-elle. « La rigueur professionnelle doit être votre socle : rigueur dans le geste, dans les protocoles, dans la gestion du temps et dans la relation avec les patients. » Elle les encourage vivement à s’inscrire dans une dynamique de formation permanente. « Nul n’a le monopole du savoir. Nous apprenons tous les jours. » Et d’ajouter, avec une conviction palpable : « Au-delà de la technique, c’est votre posture professionnelle qui fera la différence. Qu’est-ce qui vous rend différent des autres ? C’est votre posture. Soyez porteurs d’humanisme et d’éthique. » NIWA, pour sa part, insiste sur le rôle de l’infirmier comme acteur clé de la santé de proximité. « L’infirmier est souvent le premier contact du patient avec le système de soins », rappelle-t-elle. « C’est lui qui accueille, qui prend les paramètres, qui oriente vers la consultation indiquée. » Elle prend un exemple concret : la gestion des médicaments trois fois par jour. « Beaucoup de patients pensent bien faire en prenant leur comprimé matin, midi et soir, sans se rendre compte qu’ils créent des dégâts. L’infirmier est là pour éduquer : planifier les prises en fonction du rythme de vie, expliquer pourquoi un écart de huit heures est préférable… » Un rôle d’éducation thérapeutique qui, dans la gestion des maladies chroniques comme le diabète ou l’hypertension, peut littéralement sauver des vies. En cette veille du 12 mai 2026, alors que les équipes achèvent leurs compétitions sportives et que les dernières répétitions

des chorales résonnent dans les couloirs de l’HCY, une certitude s’impose : investir dans les infirmières, c’est investir dans la qualité des soins et dans l’avenir de la santé. Le thème choisi cette année par l’International Council of Nurses résonne avec force au Cameroun, où la couverture santé universelle portée par son Excellence le Dr MANAOUDA MALACHIE, ministre de la Santé publique, exige des professionnels compétents, autonomes et reconnus.

Demain, après les débats et les panels, une cérémonie d’hommage rendra hommage aux anciens surveillants généraux de l’hôpital, avant la remise des prix aux vainqueurs des épreuves culturelles et sportives. Ce sera l’occasion de rappeler, une fois encore, que le pouvoir d’agir des infirmières n’est pas une formule abstraite : il se vit au quotidien, dans chaque perfusion posée, chaque parole de réconfort, chaque décision rapide qui évite le pire. Comme le conclut NIWA : « Nos infirmières, notre avenir. Merci pour vos soins, merci pour vos vies. » À l’hôpital central de Yaoundé, la Journée internationale des infirmières 2026 s’annonce comme un moment de mémoire, de célébration et d’engagement. Avec un message clair : l’infirmier n’est plus un simple exécutant ; il est un décideur, un leader, un maillon essentiel de la chaîne de survie. Et demain, comme aujourd’hui, son pouvoir d’agir sauve des vies.

Elvis Serge NSAA

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