À quelques semaines du coup d’envoi de la grand-messe continentale du kick-boxing à Yaoundé, la Fédération camerounaise de kick-boxing et disciplines affinitaires (FECA KICK-BOXING) vient de dévoiler la liste officielle des 33 combattants retenus pour le stage préparatoire.
Du 21 au 27 juin 2026, le gymnase de Mfandena vibrera au rythme des impacts du Championnat d’Afrique (ring et tatami). Si la course vers l’or africain est officiellement lancée, le calendrier d’enfer imposé aux athlètes soulève de profondes inquiétudes quant à leur intégrité physique et mentale.
Un marathon de haute intensité aux délais étouffants
Le secrétaire général de la FECA KICK-BOXING, M. Denis Mbarga, a communiqué une liste éclectique de 33 athlètes issus du Centre, du Littoral, de l’Ouest et du Sud-Ouest. Spécialistes du K1 Rules, du low-kick ou du full-contact, ils s’apprêtent à entrer dans une préparation s’apparentant à un véritable régime militaire. Le chronogramme interpelle : la sélection finale s’opérera le dimanche 14 juin 2026 au siège de la fédération à Nkomo Eldorado (Yaoundé). Dès le 16 juin, et jusqu’au 21 juin, les qualifiés enchaîneront avec un stage bloqué ultra-intensif, pour embrayer directement sur la compétition officielle du 21 au 27 juin. En clair, ces sportifs devront enchaîner près de deux semaines consécutives d’efforts maximaux sans véritable fenêtre de récupération, une hérésie sur le plan de la physiologie sportive.
Les dangers cachés d’une préparation express
Dans les sports de combat, une préparation aussi condensée comporte des risques physiologiques majeurs, souvent occultés par l’ambition de victoire à domicile. Accumuler des séances de haute intensité en seulement cinq jours augmente drastiquement le risque de microdéchirures musculaires, de tendinites aiguës et de fatigue nerveuse. Sans un temps de repos adéquat, le corps ne se régénère pas, ce qui expose les combattants à des blessures graves dès les premiers tours du tournoi. Plus alarmant encore, le calvaire du “weight cutting” (la perte de poids rapide) impose une déshydratation sévère à l’approche de la pesée à des athlètes comme Célestin Saka Njalli (-60 kgs) ou Nelly Patricia Ebilitigue (-60 kgs). Cette réduction hydrique drastique altère les facultés cognitives, diminue les réflexes, épuise les reins et réduit le volume de liquide céphalo-rachidien, laissant le cerveau moins protégé contre les commotions cérébrales lors des chocs à la tête.
Une cartographie des forces sous haute pression
Cette pression de performance pèse lourdement sur les épaules des délégations régionales qui devront gérer une charge mentale explosive. Le Littoral, principal pourvoyeur avec 12 athlètes (dont Mary Victory Nde Bih), le Centre et ses 10 combattants (menés par le super-lourd Zidane Kongne Negou chez les +114 kgs), ainsi que l’Ouest (8 spécialistes dont Jean Michel Tchedjou) et le Sud-Ouest (3 compétiteurs dont Pierre William Kontelejou) se retrouvent face à un défi autant physique que psychologique. La fédération a exhorté les encadreurs à prendre toutes les dispositions nécessaires pour encadrer cette armada. Mais au-delà de la simple logistique, c’est un suivi médical et psychologique de pointe qui sera crucial pour éviter que le rêve de suprématie nationale au gymnase de Mfandena ne se transforme en urgence sanitaire pour ces 33 ambassadeurs du ring.














