Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Mayo-Tsanaga : Les attaques armées fragilisent l’accès aux soins des populations
ACTUALITE

Mayo-Tsanaga : Les attaques armées fragilisent l’accès aux soins des populations

Email : 10

Des raids nocturnes répétés entre avril et juin 2026 ont contraint 482 personnes à fuir leurs localités. Morts, enlèvements, pillages, centre de santé saccagé : le département du Mayo-Tsanaga porte les cicatrices d’une insécurité aux conséquences sanitaires directes sur les populations déplacées.

Dans son tableau de bord n°143, publié le 8 juin 2026 et couvrant la période du 1er au 5 juin 2026, l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM), à travers sa Matrice de Suivi des Déplacements (DTM), documente les mouvements de populations dans le département du Mayo-Tsanaga, région de l’Extrême-Nord du Cameroun. Au total, 78 ménages, soit 482 individus dont 54 % de femmes, ont été recensés dans des sites d’accueil et des sites spontanés. Leurs besoins prioritaires :

des vivres pour 45 % d’entre eux, de l’eau et des installations sanitaires pour 35 %, des abris et articles ménagers essentiels pour 20 %.

Trois nuits, trois attaques

Tout commence dans la nuit du 1er avril 2026. Des groupes armés non-étatiques (GANE) s’en prennent aux localités de Tourou et Ldamang, dans l’arrondissement de Mokolo. Le bilan est lourd : une personne enlevée, une autre grièvement blessée, onze motos emportées, une quarantaine de boutiques incendiées, des sacs de céréales brûlés, plusieurs maisons saccagées et pillées.

Trois semaines plus tard, dans la nuit du 22 avril 2026, c’est la localité de Vouzod, également dans l’arrondissement de Mokolo, qui subit une nouvelle attaque : deux morts, cinq maisons réduites en cendres.

Dans la nuit du 3 au 4 juin 2026, les GANE frappent cette fois le village de Gouzda Wayam, dans l’arrondissement de Koza. Des denrées alimentaires et du bétail sont emportés. Le centre de santé est vandalisé et pillé, privant une communauté déjà éprouvée de son unique point d’accès aux soins.

Un exode enclenché depuis le 15 avril

Face à la répétition de ces attaques, les habitants de onze localités, Vouzoud, Ldamang, Houdahai, Tourou, Magoumaz, Oupai, Ldama dans l’arrondissement de Mokolo ; Houva, Gouzda Wayam et Ziver Montagne dans l’arrondissement de Koza ; ainsi que Tchébé-Tchébé dans l’arrondissement du Mayo-Moskota, ont quitté leurs villages à partir du 15 avril 2026. Ils se sont dirigés vers quatre zones d’accueil considérées comme relativement épargnées : le site de Mabaskolai-Mouhour, le site de Zamalva, le site de Sirak-Gorai et la localité de Zileng, dans l’arrondissement de Mokolo.

Des conséquences sanitaires immédiates

C’est sur le terrain de la santé que les effets de cette crise sécuritaire se mesurent avec le plus d’acuité. Le pillage du centre de santé de Gouzda Wayam illustre une réalité bien connue des acteurs humanitaires : dans les zones de conflit, les structures de soins sont trop souvent prises pour cible, aggravant la vulnérabilité des populations au moment précis où elles en ont le plus besoin.

En situation de déplacement, les risques sanitaires se multiplient : surpopulation des sites d’accueil, accès limité à l’eau potable, absence d’installations d’hygiène adéquates, rupture du suivi médical pour les malades chroniques, les femmes enceintes et les enfants. Le rapport de l’OIM indique que 35 % des personnes déplacées placent l’eau, l’hygiène et l’assainissement parmi leurs besoins les plus urgents , un signal d’alerte que les acteurs de santé de la sous-région ne peuvent ignorer.

Les données du tableau de bord n°143 ont été collectées par observation directe et

entretiens téléphoniques auprès de treize informateurs clés, incluant des autorités locales, des ONG, des organisations de la société civile et des représentants des communautés affectées.

img

MIREILLE SIAPJE

Rédacteur en Chef

Journaliste multimédia, rédactrice en chef du groupe de presse Échos Santé. Spécialisée en santé publique, droits humains et environnement. S’exprime en français et en anglais. Lauréate du Prix Médiation Press Trophies 2014 et du Prix Michel Sidibé 2024.

Leave a Reply

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1419 du mardi 9 juin 2026

×