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Ebola et santé animale : Le Cameroun évalue le risque d’introduction du virus chez les animaux

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Le Programme Zoonoses, plateforme Une Seule Santé, a organisé ces 08 et 09 juin 2026 à Yaoundé, un atelier d’évaluation des risques d’émergence de Maladie à Virus Ebola en santé animale au Cameroun.

Et si le prochain cas d’Ebola au Cameroun n’était pas humain, mais animal ? La question, longtemps reléguée au second plan, est désormais posée avec une acuité nouvelle. En effet, la résurgence du virus en République démocratique du Congo et en Ouganda voisins ne menace pas seulement les populations par voie interhumaine. Elle expose également la faune camerounaise, et à travers elle, toute la chaîne de transmission. C’est pourquoi, dans le but d’évaluer le risque d’introduction, de circulation et de dissémination du virus d’Ebola au sein des populations animales, le Programme Zoonoses, plateforme Une Seule Santé, a organisé les 8 et 9 juin 2026 à Yaoundé un atelier d’évaluation des risques d’émergence de la maladie à virus

Ebola en santé animale au Cameroun.

Tout d’abord, pourquoi s’intéresser aux animaux ? Parce que les chauves-souris frugivores, les primates non humains et certains rongeurs sont des réservoirs ou des hôtes amplificateurs potentiels du virus. Ensuite, parce qu’une circulation silencieuse chez ces espèces peut précéder et alimenter des épidémies humaines, comme l’ont tragiquement montré les précédentes flambées en Afrique centrale. En conséquence, comprendre où et comment le virus pourrait s’installer dans la faune locale devient une priorité absolue de santé publique.

Pendant deux jours, les experts réunis à Yaoundé ont travaillé à identifier les principaux facteurs de risque. Parmi eux : les mouvements transfrontaliers non contrôlés d’animaux sauvages, la chasse et la consommation de viande de brousse, mais aussi la dégradation des habitats qui rapproche les animaux réservoirs des zones habitées. Par ailleurs, les participants ont entrepris de cartographier les zones les plus exposées du territoire national, en croisant les données écologiques, les corridors de faune et les précédents historiques de surveillance.


En présence des représentants des administrations sectorielles concernées — ministères de l’Élevage, des Forêts, de la Santé publique, ainsi que de la recherche — et des partenaires techniques internationaux, l’atelier a également permis de formuler des mesures appropriées de prévention, de préparation et de gestion du risque. Concrètement, il s’agit de renforcer la surveillance épidémiologique chez les animaux, d’améliorer la biosécurité dans les zones à risque, et d’élaborer des protocoles d’alerte précoce couplant santé animale et santé humaine.

Ainsi, cet atelier marque une avancée décisive dans l’approche Une Seule Santé chère à l’Organisation mondiale de la santé animale. Car on ne saurait trop le répéter : tant que le virus circulera chez les animaux, les hommes ne seront jamais vraiment à l’abri. En anticipant le risque animal, le Cameroun choisit l’offensive plutôt que la réaction. Une stratégie qui, espérons-le, pourrait faire la différence lors de la prochaine alerte. Les conclusions de cette évaluation seront prochainement rendues publiques, afin de guider les actions des services vétérinaires et sanitaires sur l’ensemble du territoire.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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