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Protéines bleues : les animaux aquatiques, nouvel enjeu de sécurité alimentaire mondiale

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Alors que la consommation d’animaux aquatiques bat des records, leur santé devient un défi planétaire. Entre besoins nutritionnels croissants et menaces sanitaires, l’OMSA sonne l’alarme et déploie une stratégie globale pour préserver cette ressource vitale pour 3 milliards de personnes.

Les animaux aquatiques constituent aujourd’hui la première source de protéines animales pour des milliards d’individus, notamment dans les pays en développement. En effet, leur consommation a augmenté de 122% depuis 1990 selon la FAO. Face à une dépendance croissante aux produits de la pêche, le secteur se trouve confronté à des défis majeurs qui menacent sa durabilité. Premièrement, la demande mondiale en produits aquatiques ne cesse d’augmenter, ce qui implique que la production devra doubler d’ici 2050 pour y répondre.

Par conséquent, la pression sur les stocks de poissons sauvages s’intensifie. En effet, 30% des stocks sont déjà surexploités, ce qui compromet la capacité des écosystèmes marins à se renouveler naturellement. Cette surexploitation a pour conséquence de fragiliser les populations de poissons et, à terme, de menacer la biodiversité marine.

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C’est la raison pour laquelle le développement de l’aquaculture est devenu indispensable. Actuellement, l’aquaculture représente 54% de l’approvisionnement global en produits de la mer, jouant un rôle crucial pour combler le déficit de la pêche de capture. Cependant, cette solution, bien qu’essentielle, soulève de nouveaux défis environnementaux et sociaux qui nécessitent une gestion attentive et durable.

D’une part, l’intensification de l’aquaculture accroît les risques épidémiques. D’autre part, les maladies aquatiques provoquent déjà des pertes annuelles de 6 milliards de dollars. Bien que les progrès scientifiques aient permis de grandes avancées, plusieurs dangers majeurs ont été identifiés. Premièrement, la propagation de pathogènes résistants aux traitements constitue une menace sérieuse pour la santé publique.

Deuxièmement, les zoonoses des maladies transmises des animaux à l’homme représentent un autre risque important. La promiscuité entre l’homme et l’animal, souvent due à l’urbanisation ou à la déforestation, favorise le passage de ces agents pathogènes.

En réponse à ces enjeux, l’Organisation mondiale de la santé animale a mis en place une stratégie inédite, lancée lors de sa 88e Assemblée générale. Cette approche repose sur trois piliers fondamentaux. Tout d’abord, elle vise le renforcement des systèmes de surveillance afin de mieux anticiper et contrôler les menaces sanitaires.

Cette mobilisation est cruciale, car le rôle des animaux aquatiques va bien au-delà de la simple alimentation. Non seulement ils nourrissent le monde, mais ils soutiennent également de manière significative l’économie et le développement durable. Ainsi, le secteur représente directement 20 millions d’emplois et joue un rôle vital pour l’économie des zones côtières. De plus, il contribue à la réalisation de huit des objectifs de développement durable, soulignant son importance capitale pour l’avenir de la planète.

Charone DONGMO  

 

 

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