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Antibiorésistance et dérive des intrants : L’urgence d’une riposte globale dans le Sud

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Portée par le mésusage des antibiotiques et la prolifération des pesticides, l’antibiorésistance menace de faire dix millions de morts par an d’ici 2050 .

Le monde contemporain vacille sous le poids d’une menace invisible mais redoutable, qualifiée par l’Organisation mondiale de la Santé comme le péril sanitaire le plus grave pesant actuellement sur l’humanité : l’antibiorésistance. Si la trajectoire actuelle se maintient, ce phénomène pourrait provoquer jusqu’à dix millions de décès par an à l’horizon 2050, transformant des infections autrefois bénignes en impasses thérapeutiques absolues. Alimentée par le mésusage chronique des médicaments, cette crise trouve un terreau particulièrement fertile dans les pratiques agricoles et l’élevage intensif. C’est pour répondre à cette urgence absolue que l’ONG Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières a réuni à Nogent-sur-Marne experts, chercheurs et organisations internationales lors d’une

journée technique décisive, explorant les voies d’une réduction concertée des intrants chimiques dans une démarche globale de santé unique.

Au cœur de cette problématique se dressent des constats alarmants concernant la dérégulation des marchés des pesticides et des produits vétérinaires dans les pays des Suds. Depuis trente ans, la consommation mondiale de pesticides ne cesse d’enfler, portée par des procédures d’homologation laxistes et des contrôles frontaliers défaillants qui favorisent l’importation de substances pourtant proscrites. Des témoignages poignants issus de la région du Fouta Djalon en Guinée Conakry illustrent l’ampleur de ces dérives, tandis qu’en Côte d’Ivoire, les périmètres maraîchers subissent une contamination insidieuse des sols et des ressources en eau. Parallèlement, le secteur de l’élevage souffre cruellement d’un déficit chronique de professionnels qualifiés, ouvrant la voie à une automédication généralisée et à une prolifération de contrefaçons où les antibiotiques occupent une place tragiquement prépondérante, représentant près de trente pour cent de ces flux illicites.

Pour endiguer cette spirale destructrice pour la santé publique et l’environnement, les participants à cette journée d’échange ont posé les jalons d’une stratégie rigoureuse articulée autour de messages clés incontournables. Il est désormais impératif de cesser l’utilisation des antibiotiques comme facteurs de croissance dans l’alimentation animale et de mener une lutte implacable contre le commerce incontrôlé de médicaments contrefaits. De surcroît, la transformation des services de conseil agricole s’avère capitale : les réseaux d’accompagnement doivent délaisser la simple prescription d’intrants au profit de la valorisation de pratiques agroécologiques durables, en synergie étroite avec la recherche scientifique et les organisations paysannes.

En définitive, la concrétisation de cette transition sanitaire repose sur la mise en œuvre de politiques publiques proactives, capables d’appliquer strictement les règlementations relatives à la commercialisation des produits tout en soutenant activement les alternatives écologiques. En somme, seule une mobilisation générale et coordonnée de l’ensemble des acteurs, allant des éleveurs aux instances internationales, permettra de préserver l’efficacité de nos thérapeutiques, de protéger nos écosystèmes et de garantir un avenir viable pour les générations futures face aux défis du concept Une seule santé.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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📰 Dernière parution : Echos Sante n°1462 du jeudi 13 aout 2026

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