À l’occasion de Novembre Bleu, le Dr Annick Mokam alerte sur ce “tueur silencieux” qui progresse souvent sans symptômes.
Alors que Novembre Bleu, campagne mondiale de sensibilisation dédiée à la santé masculine, bat son plein, le cancer de la prostate reste un sujet tabou malgré son incidence alarmante. Le Dr Annick Mokam, médecin généraliste et experte en santé sexuelle, s’insurge contre cette omerta et appelle à briser les silences. « Le cancer de la prostate est qualifié de tueur silencieux parce qu’il évolue souvent lentement, discrètement, sans provoquer de symptômes évidents », explique le Dr Mokam. Le problème est précisément là. « Beaucoup d’hommes découvrent la maladie à un stade déjà avancé, lorsque les traitements sont plus lourds et les chances de guérison plus faibles ».
Face à cette réalité, la spécialiste plaide pour un dépistage systématique. « Le dépistage, c’est un simple examen clinique et une prise de sang (PSA). C’est rapide, indolore et ça peut sauver votre vie ». Un message d’autant plus crucial que « le diagnostic posé précocement augmente les chances de guérison et le traitement sera plus efficace ».
Démystifier les craintes et les symptômes
Les réticences masculines trouvent souvent leur source dans des idées reçues tenaces. “Certains hommes redoutent ce moment parce qu’ils pensent que l’examen est douloureux ou humiliant. D’autres n’osent pas consulter parce qu’ils ont peur. La crainte d’une maladie qui va remettre en cause leur virilité ou leur sexualité”, analyse le médecin. Pour contrer ces appréhensions, le Dr Mokam insiste. « Ce fait de dépister, ce n’est pas une faiblesse, c’est une preuve de courage. Parce que prendre soin de soi, c’est aussi prendre soin de sa famille, de sa compagne, de ses enfants ». Quant aux symptômes annonciateurs, la spécialiste dresse une liste non exhaustive » Les difficultés à uriner, un besoin plus fréquent d’aller aux toilettes, surtout la nuit, parfois des douleurs dans le bas du dos ou le bassin. Mais elle tempère. « Ces symptômes ne sont pas toujours synonymes de cancer. C’est justement pour ça qu’il ne faut pas hésiter à consulter dès que quelque chose semble anormal ».
Prévention globale et mises en garde
Au-delà du dépistage, la prévention passe par une hygiène de vie équilibrée. « Il est important de manger équilibré, pratiquer une activité physique régulière, éviter le tabac et limiter l’alcool », recommande-t-elle, tout en alertant sur la qualité des aliments. « Les gens aujourd’hui consomment plus d’aliments qui sont bourrés d’engrais, qui sont malheureusement nocifs pour la santé ».
Le Dr Mokam se montre particulièrement sévère envers les automédications dangereuses : « Dans tous les espaces publics où on vous dit faiblesse sexuelle chez les hommes, voici tel produit qu’on vous propose. Est-ce qu’on n’est pas en train de tuer ces hommes à petit feu ? » Et de dénoncer vigoureusement. « Il y a un produit qui va faire des ravages plus tard. C’est un produit qui est très consommé dans la population masculine en ce moment. La langue va créer beaucoup de problèmes sexuels chez les hommes. Je suis totalement contre cette pratique ». En conclusion, le Dr Mokam lance un appel solennel, notamment aux femmes : “Le cadeau d’anniversaire qu’une femme doit offrir à son homme, c’est d’aller consulter un neurologue pour qu’on puisse lui faire le dépistage du cancer de la prostate.” Un message fort qui résume l’esprit de Novembre Bleu : prendre soin de sa santé, c’est aussi un geste d’amour.
Elvis Serge NSAA














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