Face à la hausse des cas de cancers et d’hypertrophies bénignes de la prostate, l’hopital multiplie les actions de sensibilisation. Objectif : informer, dépister précocement et limiter les complications qui frappent particulièrement les hommes de plus de 50 ans.
Deux jours ont été entièrement consacrés à la prostate, cette glande masculine, qui permet à l’homme, non seulement de liquéfier son sperme, mais aussi de pouvoir avoir le sperme qui facilite l’activité sexuelle.
Plus de 300 hommes se sont présentés pour profiter des consultations gratuites et des examens à coûts réduits.
La situation semble donc préoccuper les hommes qui ont couru en nombre important, pour se faire consulter gratuitement. Au premier jour de notre descente, on a compté 127 hommes. Et au 2ème jour, ils étaient 208. Soit 335 patients pour 129 consultations. « Ces chiffres de dépistages sont partiels. La séance de dépistage continue jusqu’à la fin du mois de novembre avec les examens à coûts réduits », nous fait-on comprendre.
Et le mal préoccupe les médecins qui expliquent les raisons de réunir les populations : « nous avons la campagne de sensibilisation et de dépistage des maladies de la prostate, c’est dans le but, non seulement d’informer, d’éduquer, mais aussi de dépister chez les patients potentiellement atteints des cancers de la prostate, voire d’une hypertrophie bénigne de la prostate. Il faut limiter les dégâts », va déclarer le Dr Frantz.
A partir de 50 ans, il faut suivre les examens
Pour les populations, il faut y aller. Du moins chacun se sent concerné : « nous sommes ici à l’hôpital général de Douala pour une campagne de consultation et de sensibilisation sur le cancer de la prostate. Je suis concerné puisque nous avons eu un entretien avec les docteurs et l’un des médecins nous a informés qu’à partir de 50 ans, les problèmes surviennent. Et moi j’ai plus de 50 ans, donc j’ai intérêt à me faire consulter, si oui, aller même jusqu’aux examens, c’est-à-dire au dépistage », a répondu M. Mbedi, qui semble avoir retenu la leçon : «.Certains parlent de 40 ans, mais le docteur nous a dit qu’à partir de 50, il faut suivre les examens. Il faut faire le dépistage et voir, parce que celui chez qui on dépiste tôt la maladie, il y a de fortes chances que même le cancer soit anéanti » surtout que « mon grand frère, été menacé par la prostate. On nous a dit que si un membre de la famille a été menacé, il faut faire attention. Il faut anticiper, se faire consulter avant la seule chose que je souhaite voir. On nous a dit que l’examen a été réduit de 18 000 Fcfa à 10 000 Fcfa. Mais je voulais que ça soit même à 5 000 Fcfa. Oui, comme ça, on peut faire deux examens à 10 000 », dit ce patient rencontré sur place.
Les prix des examens à 5 000 Fcfa
Dans le dispositif, 3 boxes ont été aménagés pour les consultations. Avec une organisation bien planifiée. « Chacun attendait son tour et dans la discipline. Pas de favoritisme constaté. Il faut que la direction générale de l’Hôpital général, revoie les prix des examens à 5 000 Fcfa. Comme ça les gens viendront plus que cela. Il y a des malades mais les examens ne sont pas à la portée de tous. Et comme les assurances aussi sont sélectives. La maladie va seulement nous décimer », dit Vincent Ekanlo, septuagénaire venu en consultation aussi.
Alphonse Jènè
« Le cancer de la prostate peut se révéler par les problèmes urinaires… »

Il est médecin urologue en service à l’Hôpital général de Douala. Rencontré le 18 novembre 2025, pendant la campagne de sensibilisation et de dépistage des maladies de la prostate organisée par l’Hôpital Général de Douala, il nous parle de la prostate et ses maladies avec un accent sur le cancer qui attaque cette glande.
C’est quoi la prostate très exactement?
La prostate, c’est cette glande masculine, qui permet à l’homme, non seulement de liquéfier son sperme, permettant de pouvoir avoir le sperme, pour pouvoir traverser la barrière vaginale, dont le sperme est constitué à 75% des éléments de la prostate. Donc, la prostate, c’est cette glande qui permet à l’homme d’avoir les enfants. Sauf que, la prostate, grandit grâce à la testostérone, à partir de 12 ans, on va dire chez l’homme, à partir de la puberté, jusqu’à 20 ans, on va dire, plus ou moins, arrêt de sa croissance, et la croissance peut commencer à nouveau, à partir de 45 ans, jusqu’à X âge. Dès la naissance, tous les hommes ont le cancer. Mais à un certain âge, il est stoppé.
Dans le langage courant, docteur, on dit qu’il a la prostate, aujourd’hui vous parlez des maladies de la prostate, qu’est-ce qu’il faut comprendre finalement?
C’est ce que j’ai dit tantôt, grâce à la prostate, pour avoir les enfants, ça veut dire que la prostate existe chez tous les hommes, donc on ne peut pas dire que la prostate, c’est une maladie, mais non, la prostate, c’est cet organe-là qui permet à l’homme de pouvoir avoir les enfants, mais, l’autre chose à retenir, c’est que la prostate se trouve au carrefour des voies urinaires, c’est-à-dire qu’elle se trouve en dessous de la vessie, lorsque la prostate augmente de volume, je dis à partir de 45 ans, jusqu’à 50 ans, la prostate commence à augmenter de volume, vous retrouvez avec des troubles urinaires, c’est pour ça que les personnes viennent en consultation avec des difficultés à uriner. Avec des irritations aigues et autres.
Alors, quelles sont les maladies de la prostate?
Nous commençons par la maladie la plus connue, le cancer de la prostate, multiplication anarchique des cellules à l’intérieur de la prostate qui entraîne certains problèmes à partir de 45-50 ans, d’où le dépistage que nous faisons, mais aussi la sensibilisation. Vous avez aussi le côté bénin, c’est-à-dire l’augmentation du volume de la prostate.
Le cancer de la prostate et l’augmentation du volume de la prostate, connu sous le nom de l’hypertrophie bénigne de la prostate, peuvent arriver au même moment. Donc une personne peut se retrouver avec au même moment et le cancer et l’hypertrophie bénigne de la prostate. Et nous avons une troisième maladie, qui est l’inflammation de la prostate, qui peut être soit d’origine infectieuse, prostatite, qui peut être aussi d’une autre origine.
Par exemple, lorsque la prostate augmente de volume, elle peut aussi avoir une inflammation. Donc un homme peut se retrouver en même temps avec une inflammation de la prostate, le cancer de la prostate et l’hypertrophie bénigne de la prostate. Ce n’est pas un qui donne l’autre.
Comme une personne peut avoir uniquement l’hypertrophie bénigne de la prostate. Est-ce qu’on peut guérir de cette maladie, docteur?
Vous devez savoir que pour le cancer de la prostate, le fait d’enlever complètement la prostate permet à la personne, avec un moyen suivi, lorsque le dépistage a été fait de manière précoce ou bien tôt, de pouvoir guérir de cette pathologie cancéreuse.
Mais l’hypertrophie bénigne de la prostate, vous devez comprendre que la prostate grossit avec la formation à l’intérieur de ce qu’on appelle un adénome. Lorsque nous enlevons cela, la personne peut avoir, pour une très longue période, peut uriner comme si de rien n’était. Mais concernant l’inflammation de la prostate, c’est clair qu’avec un bon traitement suivi chez un urologue, la personne peut guérir, bien que parfois ce soit la partie la plus difficile à traiter.
Peut-on vivre sans une prostate?
Je ne sais pas si vous connaissez les eunuques. Les eunuques sont les personnes qui, avant 20 ans ou avant la puberté, généralement 12 ans ou bien entre 12 et 18 ans, ont subi l’ablation de leurs testicules. Lorsqu’on a fait cette castration, le patient qui est appelé eunuque devient un patient dont la prostate ne peut plus grandir.
En général, ce sont les eunuques qui ne peuvent pas. Le problème, c’est que ces personnes ne peuvent plus avoir d’enfants. On peut vivre, à la fin, on peut vivre sans la prostate.
Est-ce qu’on peut éviter les maladies de la prostate?
Pour revenir, les facteurs de risque. J’ai cité deux pathologies. Le cancer de la prostate, l’hypertrophie de la prostate en grande majorité. La prostatite, j’ai dit, première chose, éviter les IST. Les trois viendront ensemble. Éviter les infections, sexuellement transmissible.
Ça prévient le risque de faire le cancer de la prostate et les inflammations au nom de la prostatite. Maintenant, l’âge. L’âge, c’est un facteur sur lequel nous ne pouvons pas changer.
Toutes les personnes qui ont un cancer de l’hypertrophie, qui est généralement lorsqu’il y a des histoires familiales, on peut avoir le cancer de la prostate. Et, chez cet homme, on peut avoir un volume de prostate. Pour revenir au cancer de la prostate, le fait d’être noir, d’après ces études européennes, américaines notamment, prédispose, au cancer de la prostate.
Maintenant, il est recommandé d’éviter l’obésité, car ça peut être un facteur de risque pour le cancer de la prostate, d’éviter certains aliments comme les viandes rouges. Par contre certains aliments comme la tomate, qui contient la lycopène, qui a des éléments protecteurs pour la prostate, peuvent nous aider. L’ail et la pistache. Maintenant, vous devez comprendre que le fait d’avoir des rapports sexuels, l’éjaculation ou pas, si la personne a une histoire familiale, c’est-à-dire que si le père a eu le cancer de la prostate, le risque que cette personne ait le cancer est multiplié par 3. Si son père et son oncle ou son grand-père ont eu le cancer de la prostate, le risque qu’il fasse le cancer de la prostate est multiplié par 11.
Donc, si la personne évite le diabète, l’obésité, les IST, autre chose, mais qu’il est dans une histoire familiale, il est clair que le dépistage, maintenant, précoce, va faire en sorte qu’il y ait une éradication précoce de la pathologie et ainsi éviter à la longue les effets délétères liés au cancer de la prostate.
Comment est-ce qu’on reconnaît qu’on est menacé d’un cancer de la prostate?
Le cancer de la prostate peut se révéler par les problèmes urinaires. Nous avons les patients qui viennent en consultation avec des difficultés à émettre des urines. Le fait que, par exemple, il urine beaucoup la nuit, il se réveille beaucoup la nuit pour aller uriner, il ne peut pas contenir ses urines dans un transport en commun, il a des difficultés, par exemple, après avoir uriné, à contenir ses urines, donc il est obligé constamment d’aller uriner, ce qui fait qu’en urinant tous les deux heures, le get des urines est devenu faible. Ces troubles-là peuvent se retrouver en même temps chez une personne qui a un volumineux de prostate, comme chez une personne qui a un cancer ou bien qui a les deux.
Le mode de révélation dans ce cas peut être les troubles urinaires, voire même la rétention urinaire aiguë, le fait de ne pas uriner. Mais, vous avez aussi des patients pour le cancer qui viennent avec des difficultés, des douleurs osseuses, des problèmes au niveau de la colonne vertébrale et d’autres problèmes.
Le mal est-il si profond au point d’avoir tout un moment consacré au dépistage? Est-ce que c’est ce mal qui gagne du terrain?
Vous devez retenir que les problèmes liés au cancer de la prostate et la volumineuse prostate, voire la prostatite, en révèlent un coût économique important. Lorsque le dépistage est additif, le patient vient avec ce qu’on appelle des métastases, le patient vient avec des complications, déjà comme, par exemple, l’insuffisance rénale.
Autrement dit, vous comprenez le coût lié à ça. Le patient vient avec un cancer, il doit aller en radiothérapie, prendre par exemple la chimiothérapie ou autre. Vous devez comprendre que le coût lié aux examens, faire une IRM de nos jours qui est élevée, faire un scanner pour voir si la maladie est allée à d’autres organes.
Donc, il est important de pouvoir dépister précocement le cancer de la prostate afin d’évacuer cela. Il est important pour nous de savoir que les troubles urinaires, ce n’est pas attendre quand on est en rétention et qu’on vienne en consultation avec tout ce que cela implique sur le plan financier, sur le plan familial déjà. Il faudrait toujours avoir quelqu’un pour nous accompagner.
Propos recueillis par Alphonse Jènè















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