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Centre Médical d’Arrondissement d’Ahala : Une vaste opération de propreté pour des soins de qualité

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Mobilisant agents de santé, patients et communauté locale, le Centre Médical d’Arrondissement d’Ahala a mené, ce jeudi 6 août 2026, une opération coup de poing pour assainir ses locaux. Une initiative salubre visant à renforcer la prévention des infections nosocomiales et à redéfinir l’accueil des usagers à travers une coresponsabilité citoyenne.

La santé publique ne se limite pas à la simple prescription de médicaments ou à la technicité des soins ; elle commence dès l’accueil dans un environnement assaini, sécurisé et accueillant. C’est dans cette perspective que le Centre Médical d’Arrondissement (CMA) d’Ahala a organisé, ce jeudi 6 août 2026, une vaste opération de propreté intense. Cette initiative majeure, bâtie autour de la devise claire et mobilisatrice d’un « cadre propre pour des soins de qualité », a transformé le quotidien de la structure sanitaire en un véritable chantier collectif de salubrité et de prévention. Dès les premières heures de la matinée, la mobilisation a été totale au sein de l’établissement. « Tout le personnel de l’hôpital a été mobilisé durant cette matinée : les stagiaires, les agents de l’État et même les patients ont apporté leur contribution. Il s’agissait pour nous de nettoyer l’ensemble des services ainsi que la cour, afin d’offrir à tous un environnement parfaitement salubre », explique le Dr Jessica SOUORE Sanda, Médecin-chef du Centre médical d’arrondissement d’Ahala à Yaoundé.

Cette synergie d’actions a permis de nettoyer de fond en comble les moindres recoins de la structure. Comme le détaille le Médecin-chef : « Nous avons dépoussiéré les murs, enlevé les toiles d’araignée, décroché et lavé les rideaux, et nettoyé les lits des malades. Toutes les salles ont été lavées à grande eau, notamment la maternité, la petite chirurgie, le laboratoire, l’accueil-orientation, l’hospitalisation, le service dentaire et, bien sûr, les abords des locaux. » L’objectif recherché à travers cette vaste opération menée par les agents de santé, les accompagnants, les partenaires et les membres de la communauté locale est double : réduire drastiquement les risques d’infections nosocomiales et offrir aux usagers des conditions d’accueil dignes, chaleureuses et rassurantes.

Car un environnement sain constitue le premier rempart contre la maladie et le meilleur gage de confiance entre les usagers et le corps médical. En prenant ainsi activement soin de leur lieu de santé, les acteurs de la communauté d’Ahala ont rappelé que l’entretien d’un espace public sanitaire ne relève pas de la seule responsabilité du personnel technique, mais d’une coresponsabilité citoyenne. Les discussions menées sur place ont également permis de sensibiliser chacun sur l’importance du maintien de cette propreté au jour le jour, érigeant l’hygiène en culture pérenne au service du bien-être collectif.

Au terme de cette journée intense et fructueuse, le CMA d’Ahala affiche un visage métamorphosé, plus propre, plus sûr et résolument rayonnant. Cette réussite collective illustre à merveille la force de l’engagement communautaire face aux défis de la santé de proximité. En unissant leurs efforts, les personnels et les usagers ont prouvé que la propreté est l’affaire de chacun et le bien-être de tous, posant ainsi les jalons durables d’un service de santé publique exemplaire à Ahala.

INTERVIEW

Dr SOUORÉ SANDA, épouse EBISSOULEYE Jessica

« Malgré nos défis structurels, le CMA d’Ahala reste pleinement mobilisé pour les populations »

Médecin-chef du Centre médical d’arrondissement d’Ahala à Yaoundé, le Dr Jessica SOUORE Sanda dresse un état des lieux sans concession de sa structure. Entre contraintes d’effectifs, urgences matérielles et projets de modernisation avec la municipalité, elle détaille l’engagement quotidien de son équipe pour garantir une offre de soins de qualité aux populations riveraines.

Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs ?

Je suis le Dr SOUORÉ SANDA, épouse EBISSOULEYE Jessica. Médecin biologiste de formation, diplômée de la Faculté de médecine et de sciences biomédicales de l’Université de Yaoundé I, je suis mère de famille et actuellement médecin-chef du Centre médical d’arrondissement (CMA) d’Ahala. Avant cette nomination, j’ai exercé pendant deux années à l’hôpital de district de Biyem-Assi, avant d’être affectée il y a un an à la tête de cette structure.

Pouvez-vous situer votre structure dans la cartographie sanitaire de Yaoundé III et nous présenter ses missions principales ?

Le Centre médical d’arrondissement (CMA) d’Ahala est un hôpital public de cinquième catégorie, rattaché au district de santé d’Efoulan. Géographiquement, nous sommes idéalement situés entre l’ancien échangeur de l’Ensemble et le nouvel échangeur menant vers l’aéroport, ce

qui nous rend accessibles à une large population. Nos missions principales s’articulent autour de la promotion de la santé maternelle et infantile, pilier fondamental de la santé publique. Nous œuvrons également à subvenir aux besoins primordiaux des populations riveraines en matière de couverture vaccinale, de suivi des grossesses et d’accouchements.

Quelles sont les offres de soins et les spécialités qui caractérisent aujourd’hui votre structure ?

Notre offre de soins est multidisciplinaire. Nous disposons d’un service de médecine générale, d’un service de petite chirurgie et d’une maternité. Nous proposons également des consultations spécialisées. Il convient de préciser que, relevant du district de santé d’Efoulan, nous référons les patients vers les structures de niveau supérieur (hôpitaux de district ou hôpitaux régionaux) chaque fois que leurs besoins excèdent nos compétences techniques.

Comment se compose votre personnel médical et paramédical et comment gérez-vous les effectifs ?

Notre centre fonctionne 24 heures sur 24, ce qui exige à la fois un personnel qualifié et disponible. Nous faisons face à un handicap majeur : le faible effectif du personnel d’État affecté à notre établissement. Nous comptons actuellement un médecin généraliste, deux chirurgiens-dentistes, dix infirmiers et trois sages-femmes. Malgré ces ressources limitées, nous nous mobilisons collectivement pour toucher le plus grand nombre de patients et offrir à chacun une consultation de qualité. Nous lançons un plaidoyer auprès du ministère de la Santé publique pour obtenir de nouvelles affectations, tant médicales que paramédicales.

Quelles sont les difficultés quotidiennes auxquelles votre structure est confrontée ?

Nos difficultés sont d’abord structurelles. Bien que nous disposions d’un vaste espace vert, nous manquons cruellement de bâtiments durables. Notre service d’hospitalisation est installé dans des constructions provisoires, ce qui dissuade certaines populations d’accepter d’y être internées. Nous ne pouvons offrir ni services spécialisés ni salles individuelles. L’acquisition d’infrastructures pérennes constitue donc notre principal défi. À cela s’ajoute un problème de sécurité : notre position géographique, en bordure de l’autoroute, expose nos personnels à des actes de violence. Un renforcement des forces de l’ordre aux abords de l’établissement serait un atout considérable.

Comment assurez-vous l’approvisionnement en médicaments et le maintien de votre plateau technique ?

Nous nous approvisionnons principalement auprès du Fonds régional pour la santé, et nous n’y rencontrons pas de difficultés particulières. L’approvisionnement est continu et les médicaments essentiels sont généralement disponibles. Nous proposons même des traitements gratuits contre le paludisme grave pour les enfants de zéro à cinq ans, conformément aux directives nationales.

Quels sont les besoins matériels et structurels les plus urgents ?

Nos besoins prioritaires concernent les bâtiments, afin de disposer d’une construction durable et fonctionnelle. En matière d’équipement, nous manquons cruellement d’un fauteuil dentaire pour permettre à nos deux chirurgiens-dentistes d’exercer pleinement. Nous avons également un besoin urgent d’une table d’accouchement, car nous n’en disposons pas actuellement. Des lits

d’hospitalisation supplémentaires et certaines machines de laboratoire figurent également parmi nos priorités.

Quelles sont les urgences absolues qui exigent une intervention immédiate ?

Je citerai trois urgences majeures : une table d’accouchement, un fauteuil dentaire et des lits d’hospitalisation supplémentaires. Sans ces équipements de base, certains services clés comme la maternité et la chirurgie dentaire ne peuvent fonctionner de manière optimale.

Quelles sont les priorités managériales que vous avez inscrites dans votre feuille de route ?

Nous avons inscrit en priorité l’organisation de journées de santé, conformément à notre calendrier annuel. Nous prévoyons de multiplier les campagnes gratuites à destination des populations, afin d’attirer un plus grand nombre d’usagers et de les fidéliser à notre offre de soins. Cette stratégie vise à renforcer la prévention et le dépistage précoce au sein de la communauté.

Le centre est situé dans une zone en pleine expansion démographique. Comment adaptez-vous votre stratégie face à cette pression croissante ?

Nous nous impliquons activement dans toutes les activités liées à l’offre de soins. Actuellement, nous recevons en moyenne 60 usagers par semaine, avec des pics pouvant atteindre 80 consultations, soit environ 240 à 300 patients par mois. En ce qui concerne les accouchements, nous enregistrons une moyenne de 35 naissances sur une période de huit mois, ce qui témoigne de l’activité soutenue de notre maternité.

Quelles sont vos perspectives de modernisation et vos projets avec la municipalité ?

Un projet important est en cours avec la commune de Yaoundé III. La mairie a prévu d’aménager une voie d’accès entre l’autoroute et notre centre hospitalier, facilitant ainsi l’entrée des usagers. Nous attendons vivement la concrétisation de cette initiative, qui améliorera considérablement l’accessibilité de notre structure et renforcera notre ancrage dans le tissu urbain en pleine mutation. Ce projet s’inscrit dans notre vision d’un hôpital moderne, accessible et proche des populations.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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