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Chirurgie : 5 ligamentoplasties réalisées à l’Hôpital Laquintinie de Douala

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Une chirurgie des ligaments du genou par voie arthroscopique est désormais réalisable au sein de cette formation hospitalière. Une campagne menée du 13 au 17 juillet 2026 a permis six interventions, dont cinq ligamentoplasties, sous la conduite des Dr Bombah Freddy Mertens et Dr Jan Noyez.

Cette technique mini-invasive reconstruit un ligament rompu grâce à une greffe prélevée sur le patient lui-même, guidée par une micro-caméra. Elle réduit les douleurs post-opératoires et accélère la récupération, avec plus de 90% de genoux stabilisés selon les spécialistes.

Fruit d’une coopération belgo-camerounaise axée sur le transfert de compétences, cette première campagne pose les jalons d’une pratique régulière de l’arthroscopie à Laquintinie, hôpital de deuxième catégorie.

Réaliser une chirurgie des ligaments du genou par voie arthroscopique est désormais possible à l’Hôpital Laquintinie de Douala. À l’occasion d’une campagne spéciale organisée du 13 au 17 Juillet 2026, l’Hôpital Laquintinie de Douala a mobilisé ses équipes, pour effectuer plusieurs opérations de ligamentoplastie. Durant cette période, six interventions ont été réalisées. Dont : Cinq ligamentoplasties et un traitement d’une blessure qui touche les ménisques (les petits coussinets situés entre le fémur et le tibia).

D’après les spécialistes, la ligamentoplastie par arthroscopie est une chirurgie mini-invasive visant à reconstruire un ligament du genou rompu. Elle consiste à

remplacer la structure endommagée par une greffe tendineuse prélevée sur le patient lui-même, garantissant ainsi la stabilité future de l’articulation. « Le tout est guidé par une petite caméra introduite dans l’articulation à travers de minuscules incisions », expliquent les experts.

Selon le Dr Bombah Freddy Mertens, médecin orthopédiste à l’hôpital Laquintinie, cette méthode présente des avantages majeurs par rapport à la chirurgie ouverte traditionnelle. Pour lui, elle garantit beaucoup moins de douleurs post-opératoires et permet une récupération nettement plus rapide.

Lutter contre l’instabilité

La ligamentoplastie est souvent réalisée pour lutter contre l’instabilité. Il est indiqué qu’après un traumatisme, notamment une entorse grave ou une torsion, l’articulation devient “lâche”. Alors, la chirurgie rétablit le pivot central ou la bonne tenue latérale. Elle est aussi effectuée pour protéger les autres structures. Car un genou ou une cheville instable soumet les ménisques et le cartilage à des contraintes anormales. La ligamentoplastie prévient l’usure précoce encore appelé arthrose et les lésions méniscales. Elle intervient aussi pour permettre la reprise sportive. Elle est particulièrement recommandée chez les patients jeunes ou actifs pratiquant des sports nécessitant des changements de direction, des pivots ou des sauts (football, basket, ski, rugby).

Les spécialistes rappellent que la rupture du ligament croisé antérieur ne cicatrise pas spontanément de manière efficace. Les répercussions sur la stabilité varient selon les individus, mais les résultats de cette technique restent très encourageants. L’on apprend par ailleurs que, plus de 90 % des patients retrouvent un genou stable avec une fonction nettement améliorée, ce qui réduit drastiquement le risque de dégradation du cartilage.

Cette première campagne marque le début d’une coopération durable. Elle pose les bases pour instaurer et pérenniser la pratique régulière de l’arthroscopie au sein de cet hôpital de deuxième catégorie.

Interview

« Pérenniser la prise en charge des pathologies ligamentaires du genou au Cameroun »

Dr Freddy Mertens Bombah

Dr Freddy Mertens Bombah est médecin orthopédiste en service à l’Hôpital Laquintinie de Douala. Nous l’avons rencontré pour cerner les contours d’une opération chirurgicale de cette envergure.

L’Hôpital Laquintinie de Douala a réalisé une ligamentoplastie des ligaments du genou par voie arthroscopie. En quoi consiste cette opération ?

Une ligamentoplastie du genou par voie arthroscopique est une intervention qui consiste à reconstruire un ligament déchiré, le plus souvent le ligament croisé antérieur (LCA). Le chirurgien réalise de petites incisions pour introduire une caméra et des instruments, puis remplace le ligament abîmé). Cette technique est peu invasive et permet de restaurer la stabilité du genou.

Quelles sont les difficultés qui entourent cette opération ?

Il y a plusieurs difficultés. L’une d’elles est liée aux infrastructures : elles concernent la disponibilité d’un plateau technique adapté, notamment le matériel d’arthroscopie, un bloc opératoire fonctionnel et une équipe formée à cette technique.

Les difficultés chirurgicales : elles reposent sur la précision du geste opératoire, en particulier le prélèvement et la mise en place du greffon, le positionnement correct des tunnels osseux et sa fixation stable, afin de restaurer efficacement la fonction du ligament.

Les difficultés post-opératoires : elles concernent la surveillance des complications, la récupération progressive de la mobilité et de la force musculaire, ainsi que l’adhésion du patient à un programme de rééducation prolongé.

Que viennent faire des médecins étrangers dans cette opération ?

L’intervention des médecins étrangers se fait dans le cadre d’une convention de coopération avec l’Hôpital Laquintinie pour la formation et le transfert de compétences, l’accompagnement de l’équipe camerounaise par des échanges de pratiques, des formations théoriques et des séances opératoires permettant de perfectionner la maîtrise de la technique arthroscopie. L’appui technique et organisationnel par la contribution à l’amélioration des protocoles de prise en charge, de la préparation des patients, don de matériels opératoire (don d’une table opératoire au cours de cette campagne). La discussion des cas complexes via le partage d’expérience autour des indications chirurgicales, des difficultés rencontrées et des solutions adaptées aux réalités locales. Le développement d’une collaboration durable avec la mise en place d’un réseau d’échanges permettant d’améliorer progressivement l’autonomie de l’équipe camerounaise et la qualité des soins proposés aux patients.

L’objectif principal n’est pas de se substituer aux chirurgiens locaux, mais de soutenir, transmettre et renforcer une expertise déjà présente afin de pérenniser la prise en charge des pathologies ligamentaires du genou au Cameroun.

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📰 Dernière parution : Echos santé n°1445 du mardi 21 juillet 2026

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