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Choléra en hausse, Mpox sous surveillance : l’Africa CDC fait le point sur ces épidémies en Afrique

Extrême-Nord du Cameroun. La Croix –Rouge construit des communautés plus outillées pour se préparer à poser les premiers gestes pour lutter contre les épidémies.
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2025. Entre recrudescence du choléra et déclin du mpox, l’Africa CDC appelle à une mobilisation régionale. Plus de 71 000 cas de choléra et une alerte sur la progression du Mpox en Sierra Leone.

Dans un contexte où la santé publique en Afrique est mise à mal par plusieurs urgences sanitaires, Africa CDC (Centres africains de contrôle et de prévention des maladies) a tenu le 08 mai dernier, une conférence de presse pour faire le point sur la situation du Mpox et du choléra sur le continent. Cette rencontre, présidée par Dr Jean Kaseya, Directeur Général d’Africa CDC, a mis en lumière les défis et les réponses stratégiques nécessaires pour protéger la santé des Africains.

Il en ressort principalement que, alors que le continent africain poursuit ses efforts de résilience sanitaire, deux épidémies majeures retiennent l’attention : le choléra, dont les flambées sévissent dans quinze pays, et le mpox, en baisse globale mais en progression rapide en Sierra Leone.

Mpox : baisse générale mais vigilance accrue en Sierra Leone

Depuis le début de l’année, le Mpox, anciennement connu sous l’appellation de « variole simienne », a connu une résurgence inquiétante, avec des cas confirmés dans plusieurs pays, notamment en Sierra Leone, en République Démocratique du Congo (RDC) et en Ouganda.

Cependant, les données montrent une tendance à la baisse dans les pays les plus touchés, notamment l’Ouganda et le Burundi, tandis que la République démocratique du Congo (RDC) connaît une stagnation des cas. Toutefois, la Sierra Leone inquiète, avec une croissance exponentielle des cas au cours des trois dernières semaines.

Cela dit, au cours de la semaine épidémiologique 17, la Sierra Leone a enregistré près de 50,7 % des cas confirmés, illustrant une tendance à la hausse inquiétante. Avec 129 711 cas suspects et 29 609 cas confirmés cumulés sur la période 2024-2025, le taux de mortalité s’élève à 1,3 %.

L’Africa CDC souligne l’efficacité du déploiement ciblé des vaccins dans les zones à haut risque, en particulier en Ouganda, qui a permis de ralentir la propagation du virus. Mais l’organisme rappelle que la baisse globale ne signifie pas la fin de la menace, et appelle à maintenir la vigilance et les investissements dans la prévention.

La mobilisation des ressources domestiques est déterminante pour faire face à cette crise avons-nous appris au cours de cette conférence de presse. En s’appuyant sur l’expérience de la Guinée Équatoriale, où près de 95 % des besoins du système de santé sont couverts localement, d’autres pays africains pourraient bénéficier d’un modèle similaire pour renforcer leur résilience face aux épidémies.

Choléra : une crise persistante en Afrique centrale et orientale

À la semaine épidémiologique 17 de 2025, soit du 21 au 27 avril, l’Afrique recense 71 829 cas de choléra et 1 653 décès dans 15 pays, avec un taux de létalité (CFR) de 2,3 %. Le nombre de cas hebdomadaires a bondi de 3 372 à 3 718 entre les semaines 16 et 17 (du 21 au 27 avril), soit une hausse de 9,3 %, tandis que les décès ont quasiment doublé (+77,6 %).

Les pays les plus affectés sont : Angola : 22 301 cas, 478 décès (CFR 2,1 %, incidence 183,84/1 000 000). Soudan du Sud : 15 165 cas, 547 décès (CFR 3,6 %). RDC : 18 385 cas, 364 décès (CFR 2,0 %). Soudan : 9 253 cas, 236 décès (CFR 2,6 %)

Ces quatre pays concentrent 90 % des cas à l’échelle du continent. Près de 47 % des personnes infectées sont des enfants de moins de 15 ans, ce qui souligne l’urgence d’une réponse centrée sur les populations les plus vulnérables.

Cas particulier de l’Angola : En Angola, à la semaine 18 (28 avril au 4 mai), on recense 17 967 cas cumulés et 576 décès. Bien qu’une baisse de 7,3 % des cas ait été observée par rapport à la semaine précédente (1 865 vs 2 012), la situation reste préoccupante avec un taux de létalité ponctuel de 16 % sur la semaine. Cinq provinces, dont Luanda, Benguela, Bengo, Cuanza Nord et Icolo e Bengo, concentrent 91 % des cas et des décès. Les hommes représentent 54 % des cas et 63 % des décès, et 64 % des décès surviennent en milieu hospitalier, signe de défaillances dans la prise en charge précoce.

La situation s’avère critique, nécessitant une réponse régionale coordonnée. L’Afrique CDC a insisté sur l’importance de l’intensification de la surveillance et de l’amélioration des infrastructures sanitaires pour endiguer la propagation de la maladie.

Réponses stratégiques et mobilisations communautaires

Face à ces défis, l’Afrique CDC appelle à une mobilisation accrue des communautés et à l’engagement des gouvernements. Des initiatives comme la vaccination ciblée en Ouganda ont montré des résultats encourageants, contribuant à réduire la propagation du Mpox parmi les groupes à risque. De plus, l’importance de la formation des travailleurs de la santé sur la gestion des cas et le contrôle des infections a été mise en avant pour améliorer la réponse aux épidémies.

A lire aussi: Informer pour mieux protéger : L’Africa CDC forme les journalistes africains à la santé publique

Autrement dit, l’Africa CDC appelle à une réponse régionale coordonnée pour juguler ces épidémies. Les recommandations incluent : le renforcement de la surveillance épidémiologique active, l’accès élargi à l’eau potable et à l’assainissement, le déploiement stratégique de vaccins et la mobilisation des communautés autour des mesures de prévention.

« Alors que l’Afrique continue de faire face à des urgences sanitaires majeures, il est impératif de renforcer la coopération entre les pays, les organisations internationales et les communautés locales. L’Africa CDC reste déterminée à protéger la santé des Africains en mettant en œuvre des stratégies adaptées et en mobilisant les ressources nécessaires pour faire face à ces crises sanitaires. La santé publique ne doit pas être un luxe, mais un droit accessible à tous. » Dixit Dr Jean Kaseya, Directeur Général d’Africa CDC.

Mireille Siapje

 

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