La start-up Orasanté a clôturé, le 1er août 2026 aux Instituts des Sciences de la Santé Saint-Christophe, la deuxième édition de son concours d’éloquence. Une initiative qui remet au centre des priorités, la communication thérapeutique, un outil clinique majeur pour restaurer la confiance et l’humanité au cœur des soins.
Dans les couloirs des structures hospitalières, les crises les plus profondes ne naissent pas toujours de la complexité d’une pathologie, mais d’une rupture brutale du dialogue. Trop de patients quittent encore l’hôpital plongés dans le flou, sans avoir compris leur diagnostic, le déroulement de leur traitement ou la posologie des médicaments prescrits. Face à ce constat, une certitude s’impose : la médecine ne peut se réduire à une simple succession d’actes techniques.
C’est le combat mené par Orasanté, une start-up innovante qui forme les professionnels et étudiants en santé à la communication thérapeutique et à l’art oratoire. Pour mesurer l’impact de cette démarche sur le terrain, la structure a créé le concours national d’éloquence « Parler pour soigner », dont la deuxième édition vient de rendre son verdict.
Un pilier thérapeutique à part entière
Loin d’être un luxe accessoire ou une simple règle de politesse, la communication en santé est un outil thérapeutique indispensable. Elle possède une efficacité mesurable : elle apaise les familles en proie à la détresse, diminue l’anxiété du patient et facilite grandement le travail des soignants. Cette discipline repose sur une double exigence : Le verbal : choisir les mots justes, vulgariser le jargon médical et s’assurer de la bonne compréhension des consignes. Le non-verbal : maîtriser les gestes, le regard, les mimiques et pratiquer une écoute active.
Savoir écouter et savoir se taire au bon moment permet donc, de tisser une alliance thérapeutique solide, pour l’observance des traitements et la réussite de tout protocole médical. « L’objectif est de redonner confiance à ces apprenants », explique Géraldine Matip promotrice de la startup Orasanté. « Il faut qu’ils comprennent qu’ils ne sont pas seulement ceux qui piquent, mais qu’ils peuvent soigner par la parole, porter un projet et s’exprimer librement en maîtrisant les codes de la communication. »
Une urgence médicale et académique
Pour le Dr Emmanuel Kapou, médecin généraliste à la clinique Saint-Christophe de Nkoabang et enseignant, la communication thérapeutique est une petite révolution qui doit urgemment s’intégrer dans le contexte local, où elle reste trop souvent absente des cursus.
En tant que membre du jury, son constat est sans appel : « La communication thérapeutique est quasi-absente dans notre contexte. En Occident, elle occupe une place primordiale. Orasanté est en avance sur son temps. » Alors que les étudiants en sciences infirmières et paramédicales étaient à l’honneur, le médecin appelle ses confrères praticiens à s’approprier ces outils pour garantir la sécurité psychologique et l’estime de soi des patients.
Un avis partagé par Colince Kamgno, Directeur général des Instituts Saint-Christophe, qui a soutenu l’événement. Fier de voir ce projet porté par une ancienne étudiante, il rappelle que le besoin d’humanité dans les hôpitaux est criant et que la maîtrise de cette parole soignante apporte une réelle valeur ajoutée au système de santé.
Sur le plateau des candidats, la métamorphose des étudiants prouve que la parole s’apprend et se cultive. Lauréate de cette édition, Lorène Sangou Pédangmo, étudiante en génie sanitaire de niveau 2, savoure le chemin parcouru : « Je sors de là avec un plus. En tant que future professionnelle de santé, je sais désormais que je pourrai rassurer mes patients et répondre aux inquiétudes des familles sans avoir peur. »
Bien communiquer n’est plus une option, c’est le socle d’une médecine durable. Ancrer définitivement la communication thérapeutique dans la routine des hôpitaux, est le grand défi de demain pour réconcilier durablement les malades avec le système de santé.









