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Grève des personnels de santé : L’OST-Santé durcit le ton

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Rappels de salaire impayés, disparition suspecte de noms sur les listes de contractualisation, arbitraire hiérarchique et précarité des temporaires : ces griefs alimentent une colère que le syndicat promet de porter devant les services du Premier Ministre dès le mardi 18 août 2026.

Grève des soignants au Cameroun : OST/SANTE a lancé un mouvement d’humeur dès ce 11 août

Ce mardi 11 août 2026 devait marquer le grand arrêt de travail dans les structures sanitaires du pays. Pourtant, dans les hôpitaux de référence des grandes métropoles, l’appel à la grève relayé par les plateformes numériques s’est étouffé dans le quotidien des consultations. Point de marées humaines ni de services paralysés à Douala ou Yaoundé ; la contestation y a fait un flop manifeste. Cependant, à mesure que l’on s’éloigne des capitales, la réalité rapportée par l’Organisation Syndicale des Travailleurs de la Santé (OST-Santé) change radicalement de visage. Dans les hôpitaux de district et les centres de santé intégrés, l’heure est à la grève des cartons, portée par des agents de santé isolés mais déterminés à briser le silence.

La cartographie des oubliés et la fronde de l’arrière-pays

À défaut de rassemblements massifs devant les administrations, ce sont des clichés poignants et des messages inscrits à la hâte sur du carton qui ont documenté cette première journée de mobilisation, sous la bannière du président national de l’OST-Santé, Prosper Biakolo Ekassi. Au Centre Médico- d’arrondissement de Minkoameyos, un agent expose une décennie de précarité avec ce constat amer : « Sans salaire depuis 2018 au centre médico d’arrondissement de Minkoameyos. » À Bangangté, deux femmes du corps médical posent stoïquement, portant des accusations frontales : « Depuis 2016 sans salaire. On a trop supporté », relayé par ce cri d’incompréhension : « Sans salaire depuis 2020, où sont passés nos noms dans la liste de la contractualisation ? » Au Centre de Santé Intégré de Midré, le même désarroi domine à travers un message sans équivoque : « Depuis 2019 sans salaire. Où sont passés nos noms dans la contractualisation. » Enfin, au Centre de Santé Intégré de Ngay Lara, des soignants se sont immortalisés en posant avec des pancartes interpelant directement la hiérarchie ministérielle sur leur abandon institutionnel.


Les causes profondes d’une fronde alimentée par le désespoir

Au cœur de cette contestation se dressent des griefs profonds accumulés au fil des ans. Pour le syndicat, la colère est exacerbée par le contraste entre les attentes suscitées par les hautes instructions présidentielles et la réalité du terrain. Pour mémoire, l’annonce du recrutement progressif de neuf mille neuf cent quarante personnels de santé sur une période de cinq ans, formulée par le Chef de l’État dans son adresse de fin d’année du 31 décembre 2024, avait fait naître un immense espoir. Cette mesure historique visait à combler le déficit en ressources humaines pour tendre vers la couverture santé universelle, un engagement largement salué à travers le pays par les professionnels et les étudiants.

Pourtant, le constat dressé par l’OST-Santé pointe du doigt un gouffre entre l’intention politique et sa déclinaison administrative. Les revendications portées par le président national Prosper Biakolo Ekassi reposent sur des exigences claires : la titularisation des milliers de personnels temporaires, la dénonciation de la disparition suspecte des noms des soignants de longue date sur les listes de contractualisation, la régularisation des agents décisionnaires pour garantir une équité salariale, le règlement immédiat des rappels de salaire et des prestations familiales, ainsi que la fin des intimidations et des sanctions arbitraires. Alors que cette première journée n’a pas réussi à plier les grands centres hospitaliers des métropoles, elle a eu le mérite de mettre en lumière la situation critique de la médecine rurale. Le mouvement, structuré sur quatre jours jusqu’au 14 août avec un service minimum garanti pour préserver la vie des patients, brandit déjà la menace d’une extension. Si la tutelle ministérielle reste sourde à ces doléances, l’OST-Santé promet de porter la contestation directement devant les services du Premier Ministre dès le mardi 18 août 2026.

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Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

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