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Conseil consultatif des adolescentes : Le Minproff et l’Unicef lancent la 2e cohorte

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Réunies à Yaoundé ce 7 août 2026, les membres de la nouvelle cohorte du Conseil consultatif des adolescentes (AGAB) ont officiellement pris leurs fonctions

C’est une scène encore rare dans le paysage institutionnel camerounais. Dans la salle feutrée du Mérina Hôtel à Yaoundé, ce vendredi 7 août 2026, ce ne sont pas des experts ou des hauts fonctionnaires qui occupent le devant de la scène, mais douze jeunes filles. Elles sont les nouveaux membres de la deuxième cohorte du Groupe Consultatif des Adolescentes (AGAB), une assemblée portée par l’UNICEF, et leur investiture, présidée par Marie Thérèse Abena Ondoa, Ministre de la Promotion de la Femme et de la Famille, marque un tournant décisif dans la manière dont le Cameroun envisage l’avenir de sa jeunesse.

« Aucune société ne peut prétendre construire un avenir durable sans offrir à ses adolescentes les moyens de participer pleinement aux décisions qui façonnent leur présent et déterminent leur avenir ». Par ces mots forts, la Ministre a d’emblée posé le cadre de cette cérémonie : il ne s’agit pas d’une simple formalité, mais de la reconnaissance d’un droit fondamental et d’une nécessité stratégique pour la Nation.

Le Groupe Consultatif des Adolescentes n’est pas un espace de parole vide de sens. C’est un outil de co-construction. Composé de filles âgées de 15 à 19 ans, issues de cinq localités (Yaoundé, Bertoua, Buea, Maroua et Bikok), ce conseil a pour mission de peser sur l’élaboration, le suivi et l’évaluation des programmes qui les concernent directement. Mariages précoces, accès à l’éducation, santé sexuelle et reproductive, lutte contre les violences basées sur le genre : ces thématiques, trop souvent reléguées au second plan, sont désormais portées par des voix jeunes, déterminées et légitimes.

La réalité du Cameroun est pourtant rude pour les adolescentes. Plus de trois filles sur cinq n’achèvent pas le premier cycle du secondaire, et le taux de grossesse précoce reste alarmant. Ces chiffres, qui sont des vies brisées, ont été rappelés en toile de fond par Madame le Ministre, qui a souligné la responsabilité collective face à ces obstacles. Mais plutôt que de dresser un tableau sombre, la cérémonie était tournée vers l’espoir et l’action.

La Ministre a officiellement lancé les activités de cette nouvelle cohorte, invitant les jeunes filles à endosser un rôle majeur : celui d’artisanes du changement. Elle leur a adressé un message vibrant : « Votre mission ne consiste pas seulement à identifier les difficultés. Elle consiste surtout à proposer des solutions, à susciter le dialogue, à inspirer le changement et à démontrer que la jeunesse est une force de proposition ».

Ce plaidoyer pour un leadership responsable, centré sur le service et l’intégrité, place la barre très haut pour ces jeunes ambassadrices. Elles deviendront les portes-voix de leurs sœurs restées dans l’ombre, des filles des zones rurales, des régions affectées par les crises, ou de celles vivant avec un handicap. « Derrière chacune de vos voix se trouvent celles de vos sœurs, qui, parfois, n’ont ni les mêmes opportunités, ni les mêmes espaces pour se faire entendre », a-t-elle rappelé.

L’événement de ce vendredi 7 août n’est donc pas une fin en soi, mais un formidable départ. Le Ministère de la Promotion de la Femme et de la Famille, aux côtés de l’UNICEF, réaffirme sa volonté de faire des adolescentes des actrices à part entière du développement national. En les écoutant, en leur donnant les moyens d’agir, le Cameroun investit dans un avenir plus juste et plus inclusif. Car comme l’a si bien conclu la Ministre, “Le Cameroun a besoin de votre engagement pour construire une société plus juste, plus inclusive et plus attentive aux populations les plus vulnérables.

Réaction : « Le leadership des adolescentes est le moteur de l’émergence camerounaise »

Abena Ondoa née Obama Marie Thérèse, ministre de la promotion de la Femme et de la famille

« En observant cette jeunesse vibrante et déterminée, une émotion profonde m’envahit. Le lancement de cette deuxième cohorte du Conseil consultatif des adolescentes n’est pas une simple formalité administrative. C’est l’acte de naissance d’un leadership féminin que nous voulons durable, ancré dans les réalités de nos villes et de nos villages les plus reculés. Ce projet porte en lui une espérance immense. Il s’agit de briser les barrières invisibles qui, pendant trop longtemps, ont limité le champ des possibles pour nos jeunes filles.

Nous avons voulu faire de cette plateforme un espace de liberté, de parole et surtout d’action concrète. La société camerounaise, dans sa marche vers l’émergence, ne peut se permettre de laisser sur le bord du chemin la moitié de ses forces vives. Lorsque je vois ces adolescentes, je ne vois pas seulement des enfants en phase d’apprentissage, je vois les architectes de demain. Leur capacité à identifier les solutions face aux violences basées sur le genre, aux grossesses précoces ou au défi climatique nous rappelle que la jeunesse n’est pas le problème, elle est la réponse.

Notre rôle en tant que ministère est de les accompagner sans les étouffer, de leur donner les outils pour transformer leur colère, leur peine et leurs rêves en politiques publiques efficaces. Il s’agit d’une co-construction permanente. Chaque

recommandation qu’elles formuleront sera examinée avec la plus grande attention car elles sont les meilleures expertes de leur propre vie. Mon appel est lancé à tous les acteurs, des chefs traditionnels aux partenaires techniques, pour qu’ils ouvrent grand leurs portes à ces jeunes ambassadrices.

Il me tient à cœur de souligner que le vrai leadership ne réside pas dans les privilèges, mais dans le sacrifice au service des autres. Ces adolescentes ont une responsabilité immense envers leurs sœurs qui n’ont pas la chance d’être ici aujourd’hui. Elles doivent être les sentinelles de cette solidarité nationale. En déclarant leurs activités lancées, c’est toute ma confiance que je leur transmets. Je suis convaincue qu’elles sauront faire preuve de cette audace nécessaire pour bousculer les habitudes et pour porter haut la voix du Cameroun.

Nous avançons ensemble, main dans la main, vers une Nation plus juste, plus inclusive et plus forte. Ces jeunes filles ne sont pas seulement l’avenir, elles sont le présent. Elles sont le souffle nouveau dont notre administration a besoin pour rester au plus près des besoins des citoyens. Je leur redis ceci : osez, innovez et ne cessez jamais de croire en votre potentiel. Le Cameroun est fier de vous, et votre Ministère sera toujours votre allié le plus fidèle dans ce combat pour l’autonomisation et la dignité humaine. »

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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