Pour certaines femmes, enlever le soutien-gorge avant de dormir est un véritable soulagement. Pour d’autres, c’est tout le contraire. Une habitude qui peut sembler anodine, mais qui présente des risques pour la santé.
La nuit tombe, la journée s’achève et le même rituel se répète. Au moment de se coucher, retirer son soutien-gorge est pour certaines un geste de libération indispensable pour laisser le corps respirer, l’abandon de ce vêtement étouffant
devenant un soulagement. Pour d’autres, en revanche, pas question de fermer l’œil sans ce maintien rassurant, perçu comme le meilleur moyen de préserver la fermeté de leur poitrine. Pourtant cette habitude présente des risques pour la santé.
Les risques pour la santé
Après une journée entière, le soutien-gorge a été en contact avec la transpiration, le sébum et la peau. Le conserver toute la nuit prolonge donc les frottements, particulièrement au niveau des bretelles, du dessous des seins et du contour du thorax. Un modèle trop serré ou fabriqué dans une matière qui évacue mal l’humidité peut favoriser les rougeurs, les démangeaisons et les irritations. La situation peut être plus inconfortable dans les régions chaudes, où la transpiration est importante. Sous les seins, l’humidité et les frottements répétés peuvent également favoriser certaines atteintes cutanées. Le problème n’est donc pas simplement de dormir avec un soutien-gorge, mais de dormir avec un sous-vêtement qui comprime ou irrite la peau pendant plusieurs heures. Un soutien-gorge à armatures est conçu pour maintenir la poitrine pendant les activités de la journée. Au lit, les mouvements et les changements de position peuvent faire pression sur les baleines et les coutures. Lorsqu’une femme dort sur le côté ou sur le ventre, une armature rigide peut notamment s’enfoncer dans la peau. Un soutien-gorge mal ajusté peut alors laisser des marques, provoquer une sensation de pression ou rendre certaines positions inconfortables. À cela s’ajoute la possibilité d’une mauvaise qualité de sommeil. Une bretelle qui serre, une agrafe qui gêne ou une armature qui appuie constamment sur le corps peuvent provoquer des micro-réveils ou empêcher de trouver une position confortable.
Soutien-gorge la nuit : il ne provoque ni cancer ni affaissement des seins
Porter un soutien-gorge la nuit n’est pas reconnu comme un facteur de risque du cancer du sein. Une rumeur très répandue en Afrique francophone recommande régulièrement de ne pas dormir avec un soutien-gorge, particulièrement lorsqu’il possède des armatures. Mais une analyse récente de l’Agence France Presse, publiée par sa rédaction au Sénégal, rappelle qu’aucune preuve scientifique ne permet d’établir un lien de causalité entre le port du soutien-gorge et le cancer du sein. Le Dr Kirstie Graham, de l’Union internationale contre le cancer, précise que le cancer du sein dépend de nombreux facteurs, notamment l’âge, certains antécédents familiaux et génétiques, ainsi que certains facteurs liés au mode de vie. Le soutien-gorge n’en fait pas partie. Il ne protège pas non plus contre le
relâchement des seins. Une autre idée répandue est que le soutien-gorge porté la nuit empêcherait les seins de tomber. Là encore, aucune preuve solide ne permet de l’affirmer. La forme et la fermeté de la poitrine évoluent naturellement avec l’âge. La grossesse, les variations importantes de poids, la génétique et l’élasticité des tissus interviennent également. Dormir avec un soutien-gorge ne constitue donc pas une méthode reconnue pour empêcher le relâchement mammaire.
Dormir avec ou sans soutien-gorge reste donc un choix personnel. L’essentiel est de privilégier le confort, une bonne hygiène et un modèle adapté, plutôt que de céder aux fausses informations sur le cancer du sein.
Marie Chantale FAIDA









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