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Douleur nerveuse : un mal silencieux qui affecte la vie des Camerounais

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D’après l’OMS, en 2020, les décès liés à cette maladie au Cameroun ont atteint 449, soit 0,25 % des décès totaux. D’autres troubles, comme la myasthénie grave et le syndrome de Guillain-Barré, affectent la communication entre les nerfs et les muscles, provoquant une faiblesse musculaire.

Entre la vingtaine et la soixantaine, la douleur ne fait pas de distinction d’âge. C’est le cas de Vérane Balla, une jeune comptable résidant dans la ville de Yaoundé, et de Blaise Mallong, un quinquagénaire. Tous deux souffrent régulièrement de maux de tête qui affectent leur quotidien, illustrant un problème de santé publique souvent négligé au Cameroun, à savoir : les affections du système nerveux. Vérane, qui n’a même pas trente ans, se plaint de douleurs lancinantes dans le cou et au niveau de la tête. « Je ressens constamment une douleur au niveau de la tête et de certaines veines de mon cou. C’est insupportable. Je prends des médicaments qui calment la douleur. Mais, quelque temps après, cela revient. Dès que j’aurai un peu d’argent, je me rendrai à l’hôpital pour me faire consulter par un médecin », confie-t-elle.

Comme elle, Blaise Mallong, 58 ans, est victime de maux de tête chroniques. Sans moyens financiers pour consulter un spécialiste, il se contente de calmants et de massages à l’eau chaude pour apaiser la douleur. L’absence de traitement adéquat a des conséquences graves : son audition et sa vue se sont dégradées. Ces deux cas montrent suffisamment que le système nerveux est le centre de contrôle du corps humain. Il gère nos pensées, nos mouvements, nos sensations et le fonctionnement de nos organes. Lorsque ce réseau complexe est endommagé, les conséquences peuvent être multiples et variées, allant de la simple gêne à des troubles graves et chroniques. Ces affections sont généralement appelées neuropathies ou maladies neurologiques. Ces maux sont souvent sous-estimés, car leurs symptômes peuvent sembler anodins au départ.

Cependant, ils peuvent rapidement s’aggraver sans un diagnostic et une prise en charge médicale appropriée. Les cas de Vérane et Blaise montrent bien que la douleur, qu’elle soit due à une névralgie ou à une neuropathie périphérique, n’est pas une fatalité et nécessite une attention médicale. Selon des spécialistes en santé, les causes des troubles neurologiques sont nombreuses et variées. Il y a notamment les carences en vitamines (notamment la B12) qui peuvent affecter la santé des nerfs, tout comme les infections (zona) ou certaines maladies chroniques comme le diabète. L’exposition à des toxines ou à certains médicaments de chimiothérapie peut également être un facteur de risque, de même que des maladies auto-immunes comme le lupus. Les symptômes sont aussi variés que les causes. Ils dépendent du type de nerf affecté. Les douleurs sont souvent décrites comme des sensations de brûlure, des décharges électriques ou des picotements intenses.

C’est le cas de la sciatique ou de la névralgie du trijumeau, qui provoque des douleurs faciales aiguës. Les engourdissements, les picotements et la perte de sensation (paresthésie) sont également des signes fréquents de neuropathie. La faiblesse musculaire, les crampes et la perte de réflexes peuvent aussi survenir. Dans les cas les plus graves, les troubles neurologiques peuvent affecter les fonctions vitales, provoquant des problèmes digestifs, des troubles de la tension artérielle et des dysfonctionnements de la vessie.

Pour les personnes comme Vérane et Blaise, la première étape est de consulter un neurologue. Ce spécialiste est le mieux placé pour poser un diagnostic précis grâce à un examen clinique et des tests spécifiques comme l’électromyogramme (EMG) ou l’imagerie par résonance magnétique (IRM). La prise en charge des maladies nerveuses ne se limite pas à la simple prise de calmants. Un traitement ciblé est indispensable pour éviter que le mal ne s’installe et n’entraîne des complications irréversibles. Le faible nombre de spécialistes est un obstacle majeur : le Cameroun ne compte qu’à peine 25 neurologues pour près de 25 millions d’habitants, un chiffre révélé lors du 3e congrès conjoint des académies nationale et africaine de la neurologie à Douala.

En attendant, des gestes simples peuvent aider : la relaxation, l’activité physique modérée et une alimentation équilibrée peuvent contribuer à réduire la fréquence et l’intensité des symptômes. Pour de nombreux Camerounais, un diagnostic précoce et un traitement approprié pourraient changer leur vie.

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Junior NTEPPE KASSI

Interview

« Une maladie du système nerveux peut avoir plusieurs origines »

Dr Victor Sini, Chef de service de neurologie à l’Hôpital Général de Yaoundé.

Qu’est-ce qu’un nerf ?

Le nerf est l’élément essentiel du système nerveux. C’est-à-dire cette partie de notre corps qui s’occupe d’intégrer toutes les informations qui viennent de l’environnement, les traiter et donner des réponses adaptées. Les nerfs s’occupent également de la gestion du fonctionnement de notre corps. C’est grâce aux nerfs que nous apprenons, pensons, communiquons, marchons, analysons ce que nous voyons, répondons de façon précise à une information intérieure ou extérieure à notre corps. Bref, le nerf nous permet d’interagir avec l’environnement d’une part et d’autre part de contrôler le fonctionnement de notre propre corps.

Il existe des milliards et des milliards de nerfs. On les regroupe dans un ensemble appelé système nerveux. Le système nerveux central est cette partie qui est dans notre tête (encéphale) et dans notre colonne vertébrale (moëlle épinière), et le système nerveux périphérique est connecté aux organes pour contrôler leur fonctionnement (muscles, vessie, cœur, etc.).

Quand dit-on qu’une personne est atteinte du mal de nerf ?

Le « mal de nerf » est perçu par l’homme de la rue comme toute maladie liée à un mauvais fonctionnement du système nerveux. Il peut s’agir d’une faiblesse d’une partie du corps, d’une incapacité à réfléchir, des troubles du sommeil, des mouvements incontrôlés, etc.

Qu’est-ce qui est à l’origine du mal de nerf ?

Une maladie du système nerveux peut avoir plusieurs origines : Toxique (alcool, drogues, toute autre substance de nature à créer un dysfonctionnement des nerfs) ; Iatrogène : créé par un autre médicament utilisé pour soigner une maladie ; Occlusion d’une artère ou d’une veine cérébrale ; Rupture d’une artère dans le cerveau ; Infection touchant certains nerfs ; Dégénérescence de certains nerfs ; Inflammation des nerfs, etc.

Quels sont les symptômes ?

Les symptômes sont divers et varient en fonction des structures atteintes. Nous avons déjà cité des exemples plus haut : faiblesse d’une partie du corps, difficulté à marcher ou à parler, perte de mémoire, mouvements involontaires, mauvais contrôle des urines ou des selles, fourmillements ou douleurs des pieds ou des mains, insomnies, etc.

Quelles sont les mesures à prendre pour y remédier ?

Tout dysfonctionnement de notre organisme doit nous amener à voir un médecin. Ceci n’est pas seulement valable pour le nerf. La première chose à faire reste d’aller voir un médecin, pas forcément un neurologue, même un médecin généraliste qui pourra vous accueillir et si besoin vous envoyer chez un neurologue.

Comment éviter le mal de nerf ?

En réalité, lorsque vous êtes déjà tombé malade, il est impératif de se faire examiner par un médecin. Même s’il n’est pas possible de prévenir toutes les maladies touchant au fonctionnement de nos nerfs, il est néanmoins important de noter que notre hygiène de vie contribue à diminuer clairement ces affections. Pour cela, il faut adopter, premièrement une bonne hygiène du sommeil. Car c’est pendant le sommeil profond que le cerveau se nettoie, mémorise, se repose, se réorganise, etc. Nous avons besoin d’environ 8h de sommeil par jour ; Deuxièmement, il faut éviter les drogues, diminuer l’alcool, la consommation de mauvaise graisse, etc. ; Faire de l’exercice physique régulièrement pour mieux oxygéner le cerveau.

Propos recueillis par Junior NTEPPE KASSI

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