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INTERNATIONAL

Epidémie de choléra : L’Afrique sévèrement touchée

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En 2026, l’épidémie de choléra connait une invasion fulgurante. De la République Démocratique du Congo, en passant par l’Ethiopie, le Mozambique et le Nigéria, le pic est très élevé. Une propagation qui nécessite une riposte immédiate.

Alors que les instances internationales espéraient reléguer le choléra au rang des mauvais souvenirs, la maladie dite des « mains sales » effectue un retour fracassant, se propageant à une vitesse alarmante à travers le continent. De l’Afrique centrale aux plaines inondées de l’Afrique australe, en passant par la Corne de l’Afrique, les courbes épidémiologiques s’affolent. Ce ne sont plus de simples foyers isolés, mais une véritable vague de fond qui secoue plusieurs nations, exacerbée par des crises humanitaires complexes et les dérèglements climatiques.

Un foyer épidémiologique continental

Au cœur de cette tourmente sanitaire, la République démocratique du Congo (RDC) paie le lourd tribut. Il cumule un score dramatique de plusieurs dizaines de milliers de cas, franchissant la barre critique des 35 000 malades recensés. Cette épidémie s’est solidement enracinée dans de nombreuses provinces, avec une virulence particulièrement marquée dans les régions du Kivu. Déjà éprouvées par des conflits armés persistants et des déplacements massifs de populations, ces zones deviennent des terrains fertiles du vibrion cholérique. Plus de 800 décès y ont déjà été déplorés, transformant cette crise en un drame humanitaire absolu où le manque d’accès à l’eau potable et l’insécurité compliquent chaque jour la riposte

médicale.

Plus à l’est, l’Ethiopie subit elle aussi de plein fouet cette vague. Avec plus de 24 000 cas répertoriés et au moins 220 morts, le pays subit l’une de ses vagues les plus meurtrières. La bactérie profite ici de la promiscuité des camps de déplacés et de la fragilité des infrastructures sanitaires rurales. Chaque mois, de nouveaux sommets de transmission sont atteints, submergeant des structures de soins souvent démunies.

En Afrique australe c’est le Mozambique qui en constitue le principal foyer. Le pays concentre à lui seul près de 90 % des cas de sa sous-région, avec près de 10 000 malades signalés. Ici, le coupable est environnemental : des inondations cycloniques répétées et d’une violence inouïe ont submergé les systèmes d’assainissement, mélangeant eaux usées et réserves d’eau potable. L’Angola voisin enregistre également des hausses brutales de contamination, s’inscrivant parmi les sommets de transmission de la région.

En Afrique de l’Ouest et centrale, le Nigéria et le Cameroun affichent une dynamique tout aussi inquiétante, notamment le long de leurs zones frontalières communes. Le Nigéria dépasse désormais les 7 000 cas pour plus de 200 décès. Au Cameroun, bien que le volume global soit plus faible, la concentration géographique du fléau suscite l’effroi. L’essentiel des malades se trouve dans la région de l’Extrême-Nord avec plus de 990 cas suspects et 28 décès enregistrés au 3 août 2026. Dans ces terres arides, ce sont les camps de réfugiés où s’entassent des milliers de personnes fuyant l’instabilité régionale qui paient le prix fort de la promiscuité et du manque d’hygiène.

Une épidémie aux causes multiples

La résurgence du choléra en 2026 met en lumière une réalité implacable : la pauvreté, les conflits et le changement climatique forment un trio mortel. Les inondations déplacent les populations et contaminent les sources d’eau, tandis que les guerres forcent des familles entières à s’entasser dans des abris de fortune sans latrines ni eau courante.

Face à ces vagues épidémiques mensuelles successives, les zones frontalières et rurales demeurent d’une vulnérabilité critique. Sans un investissement massif et urgent dans les infrastructures d’eau et d’assainissement, et sans une distribution équitable des vaccins oraux, l’Afrique risque de voir ses efforts de développement sanitaire balayés par cette bactérie tueuse qui continue de gagner du terrain.

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Elvis Serge NSAA DJOUFFO TALLA est un journaliste camerounais spécialisé en santé et enquêtes de terrain, actuellement rédacteur en chef adjoint au groupe Echos-Santé. Lauréat de plusieurs prix nationaux pour ses reportages sur la tuberculose et le VIH, il allie rigueur factuelle et engagement pour les droits humains, notamment à travers des enquêtes sur l’accaparement des terres, la mortalité minière ou l’accès aux soins. Sa démarche s’appuie sur une expertise vérifiée, renforcée par une formation en vérification des faits et un engagement continu pour un journalisme porteur de changement social.

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