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Extrême-Nord : La 5ᵉ édition de la campagne de santé gratuite officiellement lancée

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Plus de 300 000 consultations, 1 000 opérations de la cataracte, 1 000 interventions chirurgicales et 50 000 nouveaux enrôlements à la Couverture santé universelle sont notamment annoncés pour cette 5ᵉ édition. La cérémonie s’est tenue hier jeudi 20 août 2026 à Maroua, sous la présidence du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, promoteur et président d’honneur de l’initiative.

La campagne de santé gratuite « Promotion Santé 2026 » est officiellement lancée dans l’Extrême-Nord. La cérémonie s’est tenue ce jeudi 20 août 2026 à Maroua, sous la présidence du ministre de la Santé publique, Dr Manaouda Malachie, promoteur et président d’honneur de l’initiative. Pour cette cinquième édition, les organisateurs affichent des ambitions à la hauteur des besoins sanitaires de la région, avec une priorité accordée aux populations vulnérables et aux personnes vivant dans les zones enclavées.

les équipes médicales entendent aller davantage vers les communautés afin de réduire les barrières financières et géographiques qui empêchent encore de nombreuses familles d’accéder aux soins spécialisés. Mokolo, Maroua, Yagoua et Kousseri constituent les principaux pôles de déploiement, avec des interventions prévues dans plusieurs formations sanitaires et sites retenus à travers la région.

La cérémonie de lancement a également permis de rappeler la philosophie qui sous-tend cette initiative : rapprocher les soins des populations et faire de la solidarité un levier de santé publique. Dans son intervention, le maire de la ville de Maroua, Dr Sali Babani, a salué une campagne qui, selon lui, constitue avant tout une rencontre entre la République, les professionnels de santé et les communautés.

« La santé ne saurait être construite uniquement dans les hôpitaux et les cabinets médicaux, elle se construit aussi avec les communautés au cœur même des villages, des quartiers et des familles », a-t-il souligné. Pour l’édile, cette approche participative permet aux populations de ne plus être considérées comme de simples bénéficiaires, mais comme des acteurs de leur propre santé.

Cette proximité avec les communautés est également au cœur du message porté par le Colonel Kaldadak Koufagued, président exécutif de l’Association pour la Promotion de la Santé. Dans son discours, il a présenté « Promotion Santé » comme bien plus qu’une simple campagne médicale.

« Promotion Santé n’est donc pas simplement une campagne de santé. C’est une vision, c’est un engagement, c’est une main tendue aux populations les plus vulnérables », a-t-il déclaré.

Le président exécutif de l’association a illustré son propos par l’histoire d’une femme qu’il a appelée Aïssatou, confrontée depuis plusieurs années à une importante baisse de la vue. Après une prise en charge médicale et une intervention, cette patiente a pu retrouver la capacité de voir les visages de ses proches. Pour le Colonel Kaldadak, cette histoire montre que derrière chaque intervention médicale se trouve une personne, une famille et une vie à améliorer.

« Ce n’est pas seulement sa vue que nous avons restaurée. Nous avons restauré une partie de sa vie », a-t-il expliqué, insistant sur la dimension humaine de la campagne.

Les ambitions affichées pour cette 5ᵉ édition traduisent cette volonté d’aller plus loin. Les organisateurs prévoient plus de 300 000 consultations médicales générales et spécialisées, plus de 1 000 opérations de la cataracte, ainsi que plus de 1 000 interventions chirurgicales générales. À cela s’ajoutent plus de 1 000 actes bucco-dentaires et la prise en charge complète de 100 cas de fistules obstétricales.o

Le volet dépistage occupe également une place importante. Plus de 100 000 personnes devraient bénéficier de dépistages portant notamment sur le VIH, les hépatites B et C, la tuberculose, le diabète, l’hypertension artérielle ainsi que les cancers du sein et du col de l’utérus. La campagne ambitionne par ailleurs de sensibiliser plus de 500 000 personnes et de procéder au pré-enrôlement de 50 000 nouvelles personnes à la Couverture santé universelle.

Pour le Colonel Kaldadak Koufagued, ces chiffres ne doivent cependant pas être réduits à de simples statistiques. « Derrière chaque chiffre, il y a un visage. Derrière chaque intervention chirurgicale, il y a une souffrance. Et derrière chaque patient guéri, il y a une famille qui retrouve le sourire », a-t-il rappelé.

La campagne accorde une attention particulière aux personnes vulnérables et indigentes, notamment les femmes souffrant de fistules obstétricales, les personnes âgées confrontées à la cataracte et les populations vivant dans les zones les plus enclavées. Les prestations comprennent les consultations générales et spécialisées, les interventions ophtalmologiques, chirurgicales et bucco-dentaires, les examens de laboratoire, la dispensation des médicaments prescrits, l’éducation sanitaire et la sensibilisation communautaire.

Des équipes seront déployées notamment au Centre hospitalier régional de Maroua, dans les hôpitaux régionaux annexes de Yagoua, Pousséri et Mokolo, ainsi que dans d’autres formations sanitaires retenues. Cette édition prévoit également le déploiement de cliniques mobiles de gynécologie afin de rapprocher davantage les services spécialisés des femmes éloignées des centres de santé.

Le lancement intervient au lendemain du symposium scientifique tenu les 19 et 20 août à Maroua autour du thème : « De la promotion de la santé à la couverture santé universelle : engager les communautés pour une santé résiliente ». La rencontre a réuni plus de 1 500 experts et professionnels de santé venus partager leurs expériences et formuler des recommandations en vue d’améliorer la réponse aux besoins sanitaires des populations de l’Extrême-Nord.

Réaction : « Quelle que soit notre origine ou notre appartenance politique ou religieuse, nous ne laissons personne de côté. »

Dr. Manaouda Malachie, Ministre de la santé publique, Promoteur de l’APS

« Je voulais d’abord préciser que vous avez vu une innovation cette année. Il y a eu beaucoup d’artistes qui ont presté, on aurait presque dit un concert. J’ai précisé qu’effectivement, nous avons organisé ce mini-concert pour marquer le retour de Son Excellence Paul Biya. À travers cette initiative, nous voulions lui témoigner notre affection et notre joie de le voir de retour dans notre pays, et faire taire toutes les rumeurs que nous avons pu entendre çà et là. C’était donc la première innovation de cette campagne.

La deuxième chose à retenir, c’est que la campagne va se dérouler sur l’ensemble de la région de l’Extrême-Nord, avec comme points d’ancrage quatre villes : Mokolo, Maroua, Yagoua et Kousséri. Mais toutes les populations sont concernées, y compris celles qui viennent d’ailleurs. S’il y a une chose que nous savons faire dans la famille de la santé, c’est que, quelle que soit notre origine ou notre appartenance politique ou religieuse, nous ne laissons personne de côté. Nous voulons prendre en charge tout le monde.

Sur le plan technique, cette campagne a commencé par un symposium politique et scientifique. Il fallait prendre le temps de réfléchir sur un certain nombre de thématiques afin de formuler des recommandations au ministère de la Santé

publique et, à travers lui, à Son Excellence Monsieur le Président de la République, pour éclairer la prise de décision.

Des scientifiques de haut niveau, près de 1 500 participants dans cette salle, ont ainsi discuté et réfléchi autour du thème de la rencontre. Les actes issus de ces travaux seront communiqués au ministère de la Santé publique et au Président de la République.

La deuxième innovation est la mobilisation de plusieurs spécialités qui n’étaient pas toujours disponibles dans la région. Ces spécialistes seront déployés dans les différentes localités afin que les populations de l’Extrême-Nord puissent également bénéficier de soins spécialisés et de qualité.

La troisième innovation concerne la mise à disposition de cliniques mobiles, notamment dans le domaine de la gynécologie. Ces véhicules, acquis grâce à la volonté de Son Excellence Monsieur le Président de la République, sont équipés d’instruments et de matériels médicaux modernes et embarquent des spécialistes qui vont consulter et prendre en charge nos mamans et nos sœurs.

Ces cliniques mobiles vont sillonner les différentes zones de la région de l’Extrême-Nord pendant toute la durée de la campagne afin de rapprocher les soins spécialisés des populations.

Pour le reste, il y aura des consultations, des interventions chirurgicales, notamment des opérations de la cataracte. Nous avons également prévu une prise en charge plus importante des fistules obstétricales, qui nécessitent des interventions chirurgicales spécialisées. »

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Samuel Adjewa

Journaliste communicateur

Samuel Adjewa est journaliste-communicateur basé à l’Extrême-Nord du Cameroun. Il est correspondant régional du groupe Échos Santé dans cette partie du pays. Il est actuellement en Master 2 en communication des organisations à l’Université de Maroua. Il a collaboré avec plusieurs médias et ONG nationales et internationales, notamment dans la production de contenus radio et documentaires. Son travail s’intéresse particulièrement aux questions de santé, de développement local et de communication institutionnelle.

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