L’Ordre National des Opticiens du Cameroun (ONOC) annonce une campagne nationale de fermeture des officines clandestines d’optique, dans un effort sans précédent pour assainir le secteur et protéger la santé visuelle des populations.
Face à la recrudescence des cabinets d’optique non agréés dans les villes et les régions du Cameroun, l’Ordre National des Opticiens du Cameroun (ONOC) a décidé de frapper fort. Une vaste opération de fermeture de ces officines illégales sera bientôt lancée dans les chefs-lieux des dix régions du pays. Objectif : mettre un terme à l’exercice illégal de la profession d’opticien et préserver la santé oculaire des Camerounais.
Dans un communiqué officiel récemment rendu public, l’ONOC précise que cette initiative répond à une exigence nationale de santé publique, en droite ligne avec les recommandations du Ministre de la Santé Publique et les objectifs de la Stratégie Nationale de Développement 2020-2030 (SND30). Selon l’Ordre, « l’envahissement de la profession par des vendeurs d’illusions et des mains inexpertes » contribue significativement à la montée inquiétante du taux de cécité dans le pays.
La situation est alarmante. Dans de nombreuses villes, des individus non qualifiés proposent des services d’optique sans la moindre compétence médicale ni autorisation officielle. Cela entraîne des diagnostics erronés, la prescription de verres inadaptés et des complications oculaires pouvant aller jusqu’à la perte partielle ou totale de la vue. Une atteinte directe à la santé publique, que l’ONOC entend combattre avec rigueur.
« Cette opération tient à interpeller ces hors-la-loi à cesser ces actions nocives à la santé publique », martèle l’Ordre, qui se dit résolu à mener cette campagne de répression jusqu’à son terme, avec l’appui des autorités sanitaires et administratives. L’ONOC assure par ailleurs que ces actions seront multipliées et étendues sur tout le territoire national, dans un élan durable de protection des citoyens.
Dans l’attente de la mise en œuvre effective de cette opération, la présidente de l’Ordre National des Opticiens du Cameroun a lancé un appel fort à la population. Elle invite les citoyens à ne plus se fier aux vitrines attrayantes ou aux tarifs attractifs des opticiens de fortune, mais à se rendre uniquement chez des professionnels agréés.
« Seuls les opticiens en possession d’une autorisation d’exercer délivrée par le Ministre de la Santé Publique sont habilités à vous proposer des lunettes adaptées à vos besoins », rappelle-t-elle. Un geste de vigilance qui peut faire toute la différence entre une correction visuelle bénéfique et une aggravation irréversible de problèmes de vue.
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La présidente de l’ONOC a également salué les efforts déjà engagés par les pouvoirs publics et les opticiens agréés dans cette lutte contre l’illégalité. Elle les exhorte toutefois à renforcer leur engagement pour éradiquer « cette gangrène de la santé publique ». L’Ordre appelle à une mobilisation collective et à une responsabilisation accrue de tous les acteurs du secteur.
Alors que le pays cherche à améliorer ses indicateurs de santé oculaire dans le cadre de ses engagements pour les Objectifs de Développement Durable (ODD), cette opération marque un tournant décisif dans la structuration et la crédibilisation de la profession d’opticien au Cameroun.
Charonne Dongmo













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