Face au diagnostic de leucémie de sa fille de 8 ans, Mary-Fortune, EKOLLE Eden Blanche, enseignante et mère célibataire, est confrontée à un mur financier. Abeja Mary-Fortune Efon, pleine de vie et d’intelligence, souffre d’une leucémie lymphoblastique aiguë depuis le 25 mai 2024. Déterminée à ne pas baisser les bras malgré le coût exorbitant des traitements, sa mère lance un appel à l’aide désespéré pour sauver sa fille.
EKOLLE Eden Blanche et sa fille Abeja Mary-Fortune Efon à la Fondation Chantal Biya.
Le récit commence par une alerte inattendue. Mary-Fortune, habituellement en pleine forme, a vu apparaître des bulles sur tout son corps, un signe avant-coureur d’un mal encore inconnu. EKOLLE Eden Blanche, enseignante et mère célibataire, se souvient avec émotion de ce début d’année où, après des injections pour une infection banale, l’état de sa fille s’est dégradé, laissant place à une anémie grandissante. Le 25 mai 2024, à 18 h, la situation devient préoccupante. Accompagnée d’une parente infirmière, elle se rend à l’hôpital de district d’Efoulan. Le pédiatre, face aux symptômes, prescrit une batterie d’examens coûteux : paludisme, VIH, tuberculose, ainsi que des échographies et radiographies, pour un montant total de 90 000 FCFA. Devant l’ampleur de la somme, seules quelques analyses sont réalisées, révélant une infection sévère et une anémie prononcée, mais sans identifier l’origine du mal.
L’incertitude et l’inquiétude grandissent. C’est grâce à l’intervention d’un oncle que Mary-Fortune est admise au centre hospitalier universitaire (CHU). Là, les examens sont plus poussés. Le diagnostic tombe, implacable : c’est un cancer. Le professeur Kamgaing confirme la terrible nouvelle, mais le type exact de cancer reste à déterminer. Le 1er juin de la même année, une opération est pratiquée pour retirer un ganglion, essentiel pour l’identification. Un mois d’attente insoutenable s’ensuit, et finalement, le verdict est sans appel : un cancer du sang.
Initialement, les médecins penchent pour un lymphome et un traitement est mis en place. Cependant, un microgramme va affiner le diagnostic et révéler la vraie nature de la maladie : une leucémie. C’est à la Fondation Chantal Biya que le diagnostic de leucémie est confirmé, et le véritable combat commence.
La chimiothérapie s’impose comme seule voie. Mais, le coût des médicaments est astronomique. Sur une liste de dix médicaments, l’hôpital n’en fournit que deux. Le reste doit être acheté par la famille. EKOLLE Eden Blanche se retrouve face à un mur financier. Son salaire d’enseignante ne lui permet même pas d’acheter une seule poche de sang, dont le prix avoisine celui d’un mois de traitement. “Je n’ai jamais autant dépensé pour moi”, confie-t-elle, les larmes aux yeux, face à cette dépense sans limites. La fréquence des chimiothérapies est variable, parfois toutes les deux semaines, et chaque séance représente un gouffre financier imprévisible.
Pour faire face à cette réalité, EKOLLE Eden Blanche doit sans cesse solliciter l’aide de son entourage. Au début, la famille, bouleversée par la maladie de Mary-Fortune, se montre très solidaire. Les proches contribuent par de petites sommes, 1 000 ou 500 francs, pour l’achat de poches de sang. Mais le cancer est une maladie longue et épuisante, et avec le temps, l’aide s’amenuise. “Au début, les gens sont là pour vous aider. Puis après, parce que c’est un traitement tellement long, les gens se fatiguent. Les gens se disent qu’ils n’ont plus d’argent”, explique-t-elle, consciente de l’épuisement des ressources et de la lassitude de certains. Même son compagnon, malgré ses efforts et les difficultés rencontrées dans sa boutique, lutte pour apporter son soutien. La maladie n’a pas brisé les liens familiaux. Ses parents la soutiennent inconditionnellement, et il n’y a pas eu de dissensions, contrairement à d’autres familles confrontées à des épreuves similaires.
Au travail, EKOLLE Eden Blanche tente de maintenir le cap. Elle met ses soucis de côté pour se consacrer pleinement à son métier d’enseignante, où elle est appréciée de ses collègues et des parents d’élèves. Ironiquement, même certains parents d’élèves, touchés par son histoire, lui apportent leur aide financière.
Le fardeau n’est pas seulement financier ; il est aussi émotionnel et psychologique. Mary-Fortune, si dynamique et joyeuse, se retrouve affaiblie par la maladie et les traitements. Elle exprime son désir de retrouver la santé, de retourner à l’école avec ses amis qui viennent la visiter à l’hôpital. Elle ne veut plus qu’ils la trouvent alitée. EKOLLE Eden Blanche, démunie, lance un appel à l’aide, un cri du cœur pour que le gouvernement ou les hommes de bonne volonté interviennent. L’espoir d’une aide pour la prise en charge ou même une évacuation sanitaire est ce qui la tient. L’estimation du coût total des soins est vertigineuse, atteignant environ 10 millions de FCFA.
Au-delà des difficultés financières et des traitements lourds, il y a la douleur de voir son enfant souffrir. Mary-Fortune, autrefois pleine de vie, est souvent prise de fièvres, et le quotidien est une lutte constante. Avant chaque chimiothérapie, des examens des paramètres sanguins – taux de sang, plaquettes, globules blancs – sont essentiels. Si la plupart des indicateurs sont bons, les plaquettes posent souvent problème, ajoutant une couche d’inquiétude à un tableau déjà sombre.
Elvis Serge NSAA















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