La fièvre est fréquente chez l’enfant. Connaître les premiers gestes à adopter et les signes qui doivent alerter permet aux parents de réagir rapidement et de savoir quand consulter.
La nuit, un enfant se met soudainement à chauffer. Inquiète, sa mère pose la main sur son front, le couvre davantage et tente de le faire boire quelques gorgées d’eau. Mais l’enfant reste apathique, pleure, refuse de manger et semble très fatigué. Face à cette situation, difficile pour certains parents de savoir s’il s’agit d’une simple fièvre ou d’un signe nécessitant une consultation médicale. « La fièvre, c’est une élévation de la température corporelle chez l’enfant au-dessus de 38 °C », explique Dominique ENYAMA, neuropédiatre, lors de son passage dans l’émission Canal Matin il y a environ trois mois. Pour savoir si un enfant a réellement de la fièvre, le spécialiste recommande de prendre sa température avec un thermomètre digital. La mesure de référence se fait par voie rectale. Si cette méthode n’est pas possible, la température peut être prise sous l’aisselle ou dans la bouche, avec les corrections indiquées par le médecin.
Plus que la température, surveiller l’état général
Pour le spécialiste, le degré de la fièvre n’est pas le seul élément à considérer. « C’est plus l’état général qui importe plutôt que le degré même de la température », souligne-t-il. Un enfant à 38,5 °C qui reste actif, mange et joue peut être moins inquiétant qu’un enfant à la même température qui devient très somnolent, apathique, plaintif ou difficile à réveiller. La présence d’autres symptômes doit également attirer l’attention. Un enfant fiévreux qui convulse, tombe dans le coma, respire rapidement ou tousse peut présenter une situation grave. De même, une articulation chaude, gonflée et douloureuse peut évoquer une infection. Les vomissements ou la diarrhée associés à la fièvre peuvent également être le signe d’une infection digestive. « Au moindre doute, à la moindre inquiétude, ne pas hésiter à consulter le plus vite possible », conseille le neuropédiatre.
Les gestes à faire à la maison
La fièvre constitue avant tout un mécanisme de défense de l’organisme contre une infection. En attendant une consultation si elle est nécessaire, le médecin recommande trois gestes simples. Il faut d’abord déshabiller légèrement l’enfant afin de permettre à la chaleur de s’évacuer. Ensuite, il faut lui donner régulièrement à boire pour prévenir la déshydratation. Pour un nourrisson allaité, la mère peut proposer le sein plus fréquemment. Enfin, il est conseillé d’aérer la pièce, notamment en ouvrant les fenêtres ou en utilisant un ventilateur pour favoriser la circulation de l’air et éviter une atmosphère trop chaude.
Le paracétamol avec prudence
Un antipyrétique comme le paracétamol peut également être utilisé, précise le Dr Dominique ENYAMA. Toutefois, la dose doit impérativement être adaptée au poids et à l’âge de l’enfant. « Il faut bien lire la notice pour ne pas avoir des risques de surdosage et de toxicité », insiste-t-il. La fièvre ne doit donc pas être jugée uniquement à partir du chiffre affiché sur le thermomètre. L’état général de l’enfant et les symptômes associés restent essentiels pour déterminer le niveau d’urgence.
Face à une fièvre accompagnée de signes inhabituels ou inquiétants, mieux vaut consulter rapidement plutôt que d’attendre une aggravation.
Marie Chantale FAIDA









Comments are closed