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Hôpital régional de Garoua : Le service de réanimation médicale face à des nombreux défis

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L’Hôpital Régional de Garoua, formation mère du système de santé dans la région, abrite un service de réanimation médicale qui ne cesse de faire la fierté de l’hôpital.  Logé dans un bâtiment moderne annexé à l’hôpital principal, ce service se distingue par la qualité de ses prestations, son environnement soigné et le dévouement de son personnel.  Pourtant, derrière ce beau visage se cachent des défis énormes.

Dès l’entrée, le service de réanimation médicale de l’hôpital régional de Garoua impressionne. La propreté des locaux, l’accueil chaleureux et organisé sont constants.  Ce service est le rempart pour les patients en état critique, victimes d’affections potentiellement fatales.  Le calme apparent et l’efficacité du personnel masquent l’intensité du travail et la pression constante liée à la prise en charge de vies humaines en danger. L’admission au service suit un protocole rigoureux.  Tout patient est d’abord examiné aux urgences de l’hôpital. Un premier diagnostic permet au médecin d’orienter le patient vers le service de réanimation si son état le justifie.  Les affections traitées sont multiples et variées, reflétant la complexité des situations médicales rencontrées dans la région. Les affections neurologiques aiguës à l’instar de l’AVC, des traumatismes crâniens, encéphalopathies hypertensives, éclampsies. Les affections infectieuses graves sont aussi concernées. Le service joue un rôle qui n’est pas négligeable dans la prise en charge des maladies infectieuses comme le COVID-19 et la tuberculose, nécessitant une isolation appropriée et des traitements spécifiques.

Aperçu de l’intérieur du service.

Le service de réanimation médicale de l’hôpital régional de Garoua dispose d’un équipement médical moderne et performant.  Lits électriques, moniteurs cardiaques, respirateurs artificiels, matériel d’intubation… tous les outils nécessaires à la prise en charge des patients critiques sont disponibles.  Cependant, ce plateau technique ne suffit pas à surmonter les contraintes financières qui entravent le bon déroulement des soins. En effet, les patients et leurs familles, bien que satisfaits de la qualité des soins prodigués par le personnel médical dévoué, se heurtent souvent à un obstacle, celui du coût exorbitant de la prise en charge.  Les médicaments nécessaires aux traitements en réanimation sont souvent hors de portée pour la plupart des citoyens.  Ce facteur, selon le Dr François, chef du service, représente l’un des défis les plus importants. Il empêche souvent le personnel de mener à bien le traitement, faute de moyens financiers suffisants chez les patients.

A lire aussi: Adamaoua : Quand l’inclusion des personnes handicapées et non instruites est foulée aux pieds dans les hôpitaux

Malgré le dévouement exceptionnel du personnel soignant, le service de réanimation souffre d’un manque criant de personnel spécialisé.  L’absence d’un médecin anesthésiste-réanimateur représente un handicap considérable. Cette situation entraîne une surcharge de travail importante pour l’ensemble du personnel médical. L’effectif actuel est insuffisant pour répondre à la demande croissante, ce qui conduit au surmenage et peut compromettre la qualité des soins. L’affectation d’un médecin anesthésiste-réanimateur se présente donc comme une priorité absolue.  Malgré les difficultés, le personnel médical du service continue à faire preuve d’un dévouement et d’un professionnalisme exemplaires.

Marcus DARE

 

Réaction

« S’il nous est affecté un médecin anesthésiste réanimateur, nous serons plus efficaces dans la prise en charge »

Dr NZIMA François, Chef service de réanimation médicale.

Le service de réanimation médicale, comme son nom l’indique, c’est un service de réanimation. c’est un service situé dans un bâtiment annexe à l’hôpital régional de Garoua. il est composé  d’un secteur de soins et d’un secteur administratif. Le secteur de soins est constitué de 19 salles. Il y a certaines salles de soins intensifs, salles de réanimation et salles d’isolement. Donc on a plusieurs pathologies qu’on prend en charge dans notre service. Il y a les pathologies telles que les éclampsies, les traumas crâniens, les AVC, les encéphalopathies hypertensives ou les poussées, les urgences hypertensives, les morsures de tout type, morsures de serpent, de scorpion…le service admet également la prise en charge des maladies infectieuses ou transmissibles telles que le COVID, la tuberculose, pour des affections graves. Lorsqu’on dit réanimation, on parle d’affections graves. Pour qu’un malade se retrouve en réanimation, tout d’abord il doit passer par l’entrée de l’hôpital qui est le service des urgences ou d’accueil d’orientation. Quand un patient arrive au service des urgences, il est réévalué, ses paramètres sont pris par les infirmiers, il est réévalué par un médecin et s’il a des indications de réanimation, c’est-à-dire une affection ou un état général. Généralement les concernés, ce sont des patients qui sont inconscients, des patients qui sont en détresse respiratoire ou des patients qui n’arrivent pas à être autonomes. Le patient sera transporté du service des urgences pour la réanimation via l’ambulance médicalisée de l’hôpital et arrivé ici, il sera reçu par les infirmiers qui en fonction de sa pathologie, vont installer dans une chambre bien précise et vont commencer la prise en charge en fonction des premières directives du médecin qui a préévalué le patient aux urgences. Ensuite, il y a une deuxième évaluation par le médecin du service que je suis pour ajuster les traitements par rapport aux pathologies et aux protocoles du service. Généralement, quand le patient est déjà installé, qu’on a réévalué, qu’on a mis le protocole en place, les infirmiers se chargent de l’application des soins et il y a un checking, une réévaluation quotidienne. Couramment si on réussit à stabiliser le patient ou à contrôler sa maladie et qu’il n’a plus d’indication pour la réanimation, on le retransmet dans un service d’hospitalisation au sein du bâtiment principal de l’hôpital. Et c’est à partir de là qu’il pourra rentrer généralement chez lui. En termes des forces du service, nous avons un personnel qualifié, capacité et déterminé et les équipements à la pointe, moniteur, respirateur, matériel d’intubation et les lits électriques. Toute cette ressource humaine et la qualité du matériel contribuent largement à satisfaire les patients qui sont admis dans notre service. Nous rencontrons également des difficultés dans le service. Nous sommes submergés par le travail en raison de l’effectif réduit au niveau du personnel. Il faut aussi souligner que la motivation financière n’égale pas la charge du travail que le personnel fournit. Autre difficulté, ce qu’actuellement dans le service, nous n’avons pas de médecin anesthésiste réanimateur affecté depuis le départ du précédent ; Malgré que les capacités du personnel aient été renforcées par le médecin réanimateur, le personnel reste limité dans certaines modalités de prise en charge. S’il nous est affecté un médecin anesthésiste réanimateur, nous serons plus optimal dans la prise en charge. L’un de nos défis, c’est de faire face à la pauvreté de nos patients. la réanimation demande beaucoup de soins, de médicaments, des examens de manière constante et les familles dans la plupart du temps se plaignent des finances.

Propos recueillis par Marcus Daré

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