Face aux dangers et aux problèmes d’hygiène sur les marchés informels, la promotrice de l’Académie bilingue des sciences de la santé (ABSSA), la Dre Betty Best, a organisé une campagne de sensibilisation communautaire ce 10 août 2025. Des étudiants en sciences de la santé se sont déployés au marché de Melen, dans l’arrondissement de Yaoundé 6, pour éduquer les vendeurs sur les meilleures pratiques de vente et de conservation des aliments.
Une scène inhabituelle a captivé l’attention au marché de Melen, à Yaoundé, ce week-end. Loin des habituelles négociations bruyantes et du va-et-vient des clients, un groupe d’élèves en blouse blanche, tous étudiants de l’Académie bilingue des sciences de la santé, a mené une opération de sensibilisation des vendeurs sur les meilleures pratiques de vente et de conservation des aliments. Leur objectif : lutter contre une pratique malheureusement trop répandue, l’exposition des produits alimentaires directement sur le sol, une source de dangers sanitaires pour la population. Dirigés par leur promotrice, la Dre Betty Best, ces jeunes “soldats de la santé” ont pris d’assaut les allées du marché. L’idée est née d’un constat amer : l’hygiène est souvent reléguée au second plan dans les marchés camerounais. Fruits, légumes, poissons séchés, tubercules… une large gamme de produits frais et secs est régulièrement disposée à même le sol, une pratique qui favorise la prolifération des microbes et des maladies.
La Dre Betty Best a décidé de ne pas rester les bras croisés face à cette situation. Elle a mobilisé ses étudiants, les transformant en ambassadeurs de la propreté et de la santé publique. Leur mission ? Aborder les commerçants avec courtoisie, pour les éduquer sur les risques liés à l’insalubrité. Loin d’être une simple formalité, cette campagne a été menée avec sérieux et une approche pédagogique. Le Dr Betty Best M. M., promotrice de l’ABSSA, a motivé cette action en constatant les conditions insalubres du marché. « J’ai constaté que tout est à même le sol là-bas : la viande, le poisson, les légumes. C’est pourquoi nous avons voulu mener cette action de sensibilisation », a-t-elle expliqué. Cette campagne, qui s’inscrit dans un programme de sensibilisation de trois ans, a déjà porté ses fruits. « Au début c’était difficile, mais aujourd’hui, beaucoup de commerçants ont des comptoirs grâce à l’appui du chef du quartier de Melen 7, qui veille au grain et au respect des règles d’hygiène », a-t-elle ajouté.
Au-delà des conditions sanitaires, les vendeurs de rue, principalement des femmes, sont exposés à de multiples dangers. KEMGOU Yannick, étudiant de l’ABSSA. La sensibilisation a mis l’accent sur les problèmes de santé publique liés à la vente à même le sol. NWERE FWITA Cheche, également de l’ABSSA, a insisté sur les risques de maladies et d’infections, en particulier dans une ville comme Yaoundé où l’accès à l’eau est parfois difficile. « Quand vous laissez vos produits à même le sol, cela peut causer beaucoup de maladies. En les exposant sur un comptoir propre, vous vous protégez et vous protégez tous les Camerounais », a-t-il affirmé.
L’accueil de la population a été très positif. Bien que certains vendeurs aient exprimé leur frustration face au manque de solutions de la part de la mairie, nombreux ont promis d’améliorer leurs pratiques. « Ils ont coopéré avec nous, on sent que les choses vont s’améliorer davantage », a conclu KEMGOU Yannick, très satisfait de l’engagement des vendeurs à mettre en œuvre les conseils prodigués.
Le contact sur le terrain a révélé un éventail de réactions. Une cohorte de trois étudiantes s’est approchée d’un marchand de légumes, la blouse immaculée contrastant avec la terre battue. Après une salutation polie, l’une d’elles, d’une voix calme, a commencé la discussion. « Monsieur, nous sommes là pour vous parler de l’importance de l’hygiène. Le fait de poser vos produits sur le sol peut être dangereux pour la santé de vos clients ».
Les réponses ont été variées. Certains commerçants, visiblement réfractaires et méfiants, ont balayé d’un revers de main les conseils des étudiants, arguant que c’est une tradition ou que le manque de moyens ne leur permet pas d’améliorer leur situation. « On a toujours fait comme ça. Et puis, vous croyez qu’on a l’argent pour s’acheter des tables et des gants ? » a lancé un vendeur, un peu agacé.
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Cependant, la persévérance et le ton respectueux des étudiants ont payé. D’autres marchands ont accueilli l’initiative avec enthousiasme. Une vendeuse de condiments, attentive, a écouté les explications sur la nécessité d’utiliser des gels hydroalcooliques, des désinfectants pour les mains, et des gants pour manipuler les produits. “C’est vrai, vous avez raison,” a-t-elle reconnu en souriant. « Je n’y avais jamais vraiment pensé, mais c’est important. Je vais essayer de m’équiper ».
Ce ne sont pas moins de 100 élèves qui ont sillonné le marché, armés non pas de tracts, mais de mots et de démonstrations pratiques. Leurs efforts ont mis en lumière le besoin criant de sensibilisation et l’impact positif que peuvent avoir de telles actions sur le changement des mentalités.
Cette journée au marché de Melen a été bien plus qu’une simple campagne d’information. Elle a été la preuve que l’engagement citoyen et la volonté d’agir peuvent transformer des habitudes ancrées. Bien que le chemin soit encore long, la graine de l’hygiène et de la santé publique a été semée, grâce à la détermination de la Dre Betty Best et de ses étudiants.
E.S.N















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