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Yaoundé : Au cœur du marché central, l’insalubrité triomphe !

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Les bacs à ordures se transforment en urinoirs à ciel ouvert, diffusant des effluves pestilentiels et exposant des milliers de commerçants et d’usagers à de graves risques sanitaires. Entre le coût des toilettes publiques et la prolifération des bars ambulants, cette pratique, tolérée dans une indifférence choquante, pose un défi majeur aux autorités et à la dignité urbaine..

En ce vendredi 30 mai 2025, à 11h10 précises, la scène qui se déroule au pied de l’immeuble Hollando, au marché central de Yaoundé, est d’une élégance déconcertante, pour ne pas dire révoltante. Ce qui devrait être un parking se révèle être un véritable urinoir à ciel ouvert, une insulte olfactive et visuelle à la dignité humaine, et une menace insidieuse pour la santé publique. Depuis l’habitacle d’un véhicule stationné, l’observation est poignante. Un quadragénaire s’avance à pas de course vers un bac à ordures transformé en réceptacle immonde. Sans la moindre gêne, il sort de son pantalon gris souris sa verge, laissant couler le liquide avec une pétarade et des crachats désinvoltes. Son “bijou de famille” réintègre ensuite son pantalon, et l’homme s’éloigne comme si de rien n’était. Quelques instants plus tard, un homme d’une trentaine d’années vient jeter sa poubelle, puis répète le même geste, avec une normalité qui glace le sang.

Ce “rituel” se multiplie ainsi toute la journée, sous le regard impuissant et paradoxalement protecteur des agents de la police municipale. Et pourtant, tout à côté, des milliers de commerçants vendent leurs marchandises à la criée, respirant à pleins poumons les émanations nauséabondes. Ces urines, une fois la capacité du bac atteinte, dégoulinent le long de la route, sous les comptoirs des commerçants, sur la chaussée, et même jusqu’au supermarché NIKI, formant des ruisseaux malodorants.

D’après les riverains, cette pratique anti-citoyenne est directement à l’origine de la détérioration accélérée de la chaussée. Mais au-delà des dégâts matériels, ce sont des milliers de commerçants et d’usagers qui hument ces odeurs pestilentielles, s’exposant ainsi à de graves maladies respiratoires et pulmonaires. Le paradoxe est cruel : ce grand centre commercial de la capitale politique du Cameroun, censé être un moteur économique, devient un foyer potentiel d’insalubrité.

Après une enquête auprès des commerçants, la justification de cet acte est aussi simple qu’amer : le coût des toilettes publiques à l’intérieur du marché, fixé à 100 francs CFA, est jugé exorbitant. Plutôt que de débourser cette somme, nombreux sont ceux qui préfèrent uriner en plein air, dans une indifférence choquante aux conséquences sanitaires et environnementales.

Cette pratique est également récurrente du fait de la prolifération, voire de la démultiplication des bars ambulants dans le marché. Au cours de notre reportage, nous avons constaté l’étendue de ces buvettes improvisées pour les “adeptes de Bacchus”, qui s’y retrouvent jusqu’à très tard dans la nuit. Inévitablement, ces consommateurs n’hésitent pas à “évacuer” le liquide de leur vessie pleine en plein air, n’en déplaise aux personnes pudiques comme Gaston, qui préfère, lui, “garder ses urines jusqu’à la maison à défaut de toilettes publiques à proximité”.

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L’impunité, l’indiscipline et le désordre urbain aggravent ce type de comportement. L’absence de sanctions fermes, combinée à un manque criant d’infrastructures sanitaires abordables, crée un cercle vicieux où la saleté devient la norme.

Il est donc grand temps que les pouvoirs publics agissent avec la même détermination qu’ils déploient pour sanctionner le stationnement anarchique des véhicules. Une mesure sévère, comme l’application de sabots aux véhicules mal garés, devrait inspirer une approche similaire pour les compatriotes qui urinent allègrement sur les roues des voitures et les bacs à ordures.

Pour la dignité des Yaoundéens, pour la santé de ceux qui travaillent et fréquentent le marché central, et pour l’image d’une capitale qui se veut moderne, une prise de conscience collective et des actions coercitives deviennent une urgence vitale.

Elvis Serge NSAA

 

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