Contaminés au diéthylèneglycol, une substance potentiellement mortelle, les sirops COLDRIF, Respifresh TR et ReLife doivent être immédiatement retirés de la circulation.
Le Ministère de la Santé Publique (Minsanté) a émis une alerte sanitaire d’urgence ce mardi 18 novembre, ordonnant le retrait immédiat et la quarantaine de trois sirops pédiatriques contre la toux et le rhume, jugés « de qualité inférieure » et contaminés par du diéthylèneglycol (DEG), un produit toxique pouvant entraîner la mort. L’alerte, lancée via une lettre circulaire signée par le Ministre, fait suite à une notification officielle de l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS). Les produits incriminés, identifiés en Inde, sont les sirops COLDRIF, Respifresh TR et ReLife.
Une contamination aux conséquences graves
Le diéthylèneglycol est un solvant industriel extrêmement toxique pour l’organisme humain. Son ingestion, même en faible quantité, peut provoquer des lésions rénales sévères, des atteintes neurologiques et s’avérer fatale, particulièrement chez les jeunes enfants. Les analyses menées par les autorités indiennes ont révélé des taux de contamination alarmants. « L’analyse des trois échantillons suspectés a révélé que ces sirops étaient contaminés par le diéthylèneglycol (DEG), substance fortement toxique pour l’organisme et pouvant être fatale en cas d’ingestion », peut-on lire dans la circulaire du Minsanté, citant le rapport de l’OMS.
Les détails des analyses confirment une contamination significative au Diéthylène Glycol (DEG) dans plusieurs produits pharmaceutiques. Le sirop COLDRIF (Fabricant : Sresan Pharmaceutical) présente le taux le plus alarmant, étant contaminé à 46,6% de DEG. Le produit Respifresh TR (Fabricant : Rednex Pharmaceutical) est également touché, bien qu’à un taux beaucoup plus faible, avec une contamination de 1,34% de DEG. Enfin, ReLife (Fabricant : Shape Pharma) est le troisième produit mentionné, présentant une contamination de 0,61% de DEG. Ces données mettent en évidence la disparité des niveaux de risque entre les fabricants et les produits, le COLDRIF se distinguant par un pourcentage extrêmement élevé de substance toxique.
Des mesures immédiates et obligatoires
Face à ce risque sanitaire, le Minsanté a ordonné une série de mesures drastiques à l’ensemble des acteurs de la chaîne pharmaceutique, des hôpitaux jusqu’aux officines de pharmacie. « J’appelle par conséquent votre vigilance et vous instruis de prendre les mesures suivantes », a déclaré le Ministre de la Santé Publique. Ces instructions sont claires : Vérifier que les lots incriminés ne figurent pas dans les stocks. Arrêter immédiatement « leur distribution, leur dispensation et/ou leur administration ».
Mettre en quarantaine tous les produits identifiés
Le Ministre a également insisté sur l’impératif de « communiquer rapidement l’information » à l’Inspection Générale des Services Pharmaceutiques et des Laboratoires (IGSPL) via l’adresse e-mail igpharmacie@yahoo.com ou le mobile 222 22 84 72.
Une Vigilance Collective Requise
Cette alerte rappelle tragiquement les précédents scandales sanitaires liés au diéthylèneglycol, qui ont causé des centaines de décès d’enfants dans le monde ces dernières décennies. Elle souligne l’importance cruciale des systèmes de pharmacovigilance et de la collaboration internationale pour identifier et retirer rapidement les médicaments falsifiés ou de qualité inférieure. « J’attache du prix à la stricte application des présentes instructions », a conclu le Ministre dans sa note, exigeant une mobilisation générale pour protéger la population, et plus particulièrement les enfants, qui sont la cible de ces sirops. Les autorités sanitaires appellent les professionnels de santé et les parents à la plus grande vigilance et à signaler sans délai toute suspicion liée à ces produits.
E.S.N














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