Infrastructure vétuste, pénurie d’équipements et déficit en personnel qualifié, le ministre de la Santé publique, Manaouda Malachie, exige une remise à niveau immédiate.
C’est dans la chaleur accablante de l’Extrême-Nord que le ministre de la Santé publique, MANAOUDA Malachie, a fait irruption ce matin dans l’enceinte de l’hôpital de district de Gazawa. Une visite impromptue qui aura mis à nu les réalités parfois cruelles du système sanitaire dans cette zone reculée du Cameroun. Dès son arrivée, le ministre a pu constater l’écart entre les directives nationales et leur application sur le terrain. Alors que le personnel suivait assidûment une formation sur l’algorithme de dépistage combiné VIH, syphilis et hépatite, le contraste était saisissant avec l’état général de l’infrastructure. Les murs décrépits, le manque d’équipements modernes et l’absence de spécialistes criaient plus fort que les bonnes intentions affichées. « Nous devons véritablement redonner vie à cet hôpital », a lancé le ministre, visiblement touché par les conditions de travail du personnel soignant. Face au Dr ELLA ESSIANE Davy, directeur de l’établissement, le ton est resté ferme mais constructif : l’heure n’est plus au constat, mais à l’action.
Une structure asphyxiée
Avec seulement 27 lits et un plateau technique limité, l’hôpital de district de Gazawa éprouve les plus grandes difficultés à répondre à la demande sanitaire des populations du Mayo-Tsanaga, démontrant les limites criardes d’un système de santé en tension. Le ministre a identifié trois déficits structurels majeurs qui entravent gravement son fonctionnement : des infrastructures vétustes exigeant une réhabilitation d’urgence pour garantir des conditions d’accueil et de soins décentes ; une carence criante en équipements médicaux spécialisés, compromettant la qualité des diagnostics et des traitements ; et un manque crucial de ressources humaines qualifiées, particulièrement dans le domaine chirurgical, ce qui oblige trop souvent à transférer les patients vers d’autres structures, avec tous les risques et frais supplémentaires que cela implique. Cette triple contrainte plonge l’établissement dans une détresse opérationnelle chronique et hypothèque l’accès aux soins essentiels pour toute une région. La situation est d’autant plus préoccupante que cet hôpital constitue un maillon essentiel dans la chaîne de soins de toute une région.
Mobilisation générale
Alertées par la présence du ministre, les populations se sont rapidement rassemblées pour faire entendre leurs préoccupations. Leurs témoignages ont confirmé l’urgence d’une intervention rapide des autorités. Le sous-préfet et le maire de Gazawa, joints en urgence, ont rejoint le ministre sur place. Une concertation immédiate s’est tenue, marquant la volonté du MINSANTÉ d’opérationnaliser la décentralisation dans le secteur santé.
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Feuille de route pour la relance
Face à la situation critique de l’hôpital de Gazawa, MANAOUDA Malachie a détaillé une stratégie complète de redynamisation articulée autour de quatre axes prioritaires. Le ministre a ordonné un renforcement urgent des capacités chirurgicales du personnel soignant, visant à doter l’établissement de compétences essentielles pour réduire les évacuations coûteuses vers d’autres structures. Il a également préconisé le déploiement de stratégies avancées incluant des unités mobiles de vaccination et des campagnes de dépistage communautaire, afin de toucher les populations les plus éloignées. L’organisation de consultations itinérantes régulières figure également au programme, avec pour objectif déclaré de rapprocher concrètement l’hôpital des populations et de désengorger les services fixes. Enfin, le ministre a insisté sur l’établissement d’un plan de réhabilitation des infrastructures élaboré en étroite collaboration avec les collectivités territoriales, marquant ainsi sa volonté d’ancrer cette renaissance hospitalière dans une dynamique de décentralisation effective et de partenariat local durable. « Les stratégies avancées doivent être une réalité permanente », a insisté le ministre, fixant ainsi le cap pour les semaines à venir. Alors que le soleil plongeait sur Gazawa, la visite ministérielle se concluait sur une note d’espoir mêlée d’urgence. Les populations attendent désormais que les promesses se transforment en actes concrets, pour que cet hôpital redevienne le pilier sanitaire que mérite la région.
E.S.N














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