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Imagerie médicale et vieillissement : Le Cameroun en première ligne pour une gériatrie de qualité

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La ville de Yaoundé a accueilli les 23 et 24 mai 2025 la 3e édition des Journées Nationales d’Imagerie Médicale (JNIM – EPU 2025).

 Cet événement majeur, axé sur le thème “Imagerie et vieillissement”, a mis en lumière le rôle essentiel de l’imagerie médicale dans la prise en charge des seniors, marquant ainsi une avancée significative pour la gériatrie au Cameroun.

Présidée par le Pr Pierre ONGOLO ZOGO, directeur de l’Hôpital central de Yaoundé, la cérémonie d’ouverture a mis en exergue l’engagement local à harmoniser les pratiques et améliorer les soins gériatriques.

L’allongement de l’espérance de vie, bien que célébré comme un progrès sociétal, confronte les systèmes de santé à de nouveaux défis. La prise en charge des pathologies liées à l’âge, telles que l’arthrose ou les maladies neurodégénératives, exige une expertise pointue et des infrastructures adaptées. C’est dans cette optique que le RNAROGE et le Centre pour le développement des bonnes pratiques en santé (CDBPSH), en collaboration étroite avec l’Hôpital central de Yaoundé et la faculté de Médecine et des Sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1, ont orchestré ces journées de formation.

L’objectif était clair et ambitieux : renforcer l’expertise des professionnels de santé en imagerie médicale, un pilier fondamental pour la détection précoce et le suivi précis des affections gériatriques. Le Pr Pierre ONGOLO ZOGO, directeur de l’hôpital central de Yaoundé, a présidé la cérémonie d’ouverture, soulignant avec force l’engagement des institutions sanitaires locales dans cette initiative capitale. Sa présence a réaffirmé l’importance de cette synergie pour élever la qualité des soins offerts à nos aînés.

Le programme des Journées nationales d’Imagerie médicale (JNIM – EPU 2025) a été méticuleusement élaboré pour offrir une immersion complète dans les dernières avancées de l’imagerie gériatrique. La première journée, le 23 mai 2025, a été dédiée à un “refresher course”. Cette session théorique a permis aux participants d’actualiser leurs connaissances sur un large éventail de sujets, des complexes maladies neurodégénératives aux affections ostéo-articulaires courantes chez les personnes âgées. Les échanges ont été denses et riches, témoignant de l’appétit insatiable des professionnels de santé pour l’apprentissage.

Le point d’orgue de ces journées a été la deuxième journée, le 24 mai 2025, entièrement consacrée à des ateliers pratiques et interactifs. L’hôpital central de Yaoundé a été le cadre d’une session particulièrement attendue : l’atelier sur le cerveau dégénératif, magistralement animé par le distingué Pr Jissendi. Avec une pédagogie remarquable, le Pr Jissendi a décortiqué les différentes étapes de la dégénérescence cérébrale, s’appuyant sur des images médicales explicites qui ont éclairé les mécanismes complexes de ces pathologies.

Cet atelier a été unanimement salué pour sa clarté et son interactivité. Comme l’a rapporté le Dr Sylviane Ndongmo, radiologue à l’hôpital régional de Buea. « Nous avons abordé plusieurs thèmes qui vont nous permettre de nous améliorer dans notre pratique et, par conséquent, d’optimiser la prise en charge des patients âgés, en particulier en imagerie médicale. » « Il est crucial de considérer les besoins spécifiques de cette population pour leur offrir une meilleure qualité de soins ». Les participants, captivés, ont pris des notes assidûment, manifestant un vif intérêt pour les avancées et les défis de l’imagerie médicale dans ce domaine en constante évolution.

Ces sessions pratiques ont offert aux professionnels de santé une opportunité inestimable d’acquérir une expérience concrète avec les dernières techniques et équipements d’imagerie, sous la supervision d’experts reconnus. Cette approche didactique est essentielle pour traduire les connaissances théoriques en compétences directement applicables sur le terrain, assurant ainsi une meilleure qualité des soins.

L’imagerie médicale : un “duo gagnant” pour le bien-être des aînés

Les 3ᵉ Journées nationales d’imagerie médicale ont démontré avec force que l’imagerie médicale est bien plus qu’un simple outil de diagnostic ; elle est une véritable clé pour le bien-être de nos aînés. En permettant une détection précoce et un suivi précis des pathologies liées au vieillissement, elle contribue directement à l’amélioration de la qualité de vie des personnes âgées. Les radiologues, gériatres et autres spécialistes présents ont eu l’opportunité d’affiner leurs diagnostics et d’optimiser les parcours de soins, garantissant ainsi à chaque citoyen, quel que soit son âge, le droit à une prise en charge médicale de qualité.

Le succès retentissant de ces journées est un encouragement majeur pour les organisateurs, qui se tournent déjà vers la préparation de la prochaine édition. La Dr Sylviane Ndongmo a insisté sur le caractère “très bien organisé” et “très instructif” de l’événement, soulignant l’importance de l’atelier sur l’imagerie du sujet âgé.

Yaoundé, pôle d’excellence médicale

Les 3ᵉ Journées nationales d’imagerie médicale ont, une fois de plus, mis en lumière la ville de Yaoundé comme un centre d’excellence médicale incontournable. Des professionnels de la santé venus de tout le pays ont convergé vers la capitale pour participer à cet événement, renforçant les liens et les collaborations entre les différents acteurs du secteur.

A lire aussi: Batchenga : L’association LEF et le centre de santé Marie Médiatrice unissent leurs forces pour une campagne de consultations ophtalmologiques et bucco-dentaires.

L’organisation impeccable de ces journées est un témoignage éloquent de la volonté des autorités camerounaises de promouvoir une santé et une médecine de qualité. Les participants ont pu apprécier la qualité des infrastructures et des équipements mis à leur disposition, ainsi que la compétence et le dévouement des organisateurs.

Le succès de ces journées est indéniable, et les participants attendent avec impatience la prochaine édition. Yaoundé a ainsi prouvé qu’elle est bel et bien une ville de l’excellence médicale, un lieu où les professionnels de la santé peuvent se réunir pour discuter des dernières avancées en imagerie médicale et, in fine, améliorer la prise en charge des patients, faisant de l’imagerie médicale un levier essentiel pour un futur où vieillir rime avec bien-être et dignité au Cameroun.

Elvis Serge NSAA

 

Réactions

« L’imagerie médicale au service des seniors »

Dr MBEDE Maggy, radiologue.

Le Dr MBEDE Maggy, radiologue à l’hôpital central de Yaoundé, revient sur la troisième édition des journées nationales de l’imagerie médicale, qui se sont déroulées sous le thème ‘Imagerie et vieillissement’. Elle nous explique l’importance de l’imagerie médicale pour les personnes âgées et les défis liés à l’interprétation des résultats.

L’hôpital central de Yaoundé, en collaboration avec la faculté de médecine et des sciences biomédicales de l’université de Yaoundé 1, a organisé la troisième édition des journées nationales de l’imagerie médicale, sous le thème : « Imagerie et vieillissement », donc l’imagerie de la personne âgée.

L’importance était justement de s’appesantir sur l’imagerie chez la personne âgée. Nous avons passé en revue les différentes modalités, les différentes particularités et les pièges de l’imagerie face à la personne âgée.

Nous avons surtout souvent parlé de l’arthrose au niveau de l’appareil locomoteur. Nous avons parlé de la démence d’Alzheimer, des maladies dégénératives du cerveau. Et durant ces deux jours, nous avons fini, le 24 mai 2025, par un atelier pratique sur l’interprétation de l’imagerie du rachis dégénératif de la personne âgée.

Le rachis, c’est la colonne vertébrale. Et quand on dit qu’il est dégénératif, ça veut dire qu’il devient arthrosique. C’est-à-dire qu’il vieillit. Il y a donc des phénomènes d’arthrose sur le rachis. Et nous voyions donc comment interpréter l’imagerie du rachis de la personne âgée, donc l’arthrose, le rachis qui vieillit chez la personne âgée.

L’espérance de vie de la population camerounaise augmente. Les premières journées d’imagerie médicale portaient sur les pathologies oncologiques. Les deuxièmes journées portaient sur les urgences. Et cette année, nous avons parlé du vieillissement.

Je faisais partie du comité d’organisation. Nous avons senti un engouement et un intérêt particulier de nos collaborateurs. Donc je pense que ça a été un succès. Nous devons retenir que le principal objectif de l’imagerie est surtout que l’imagerie et les signes qu’on voit à l’imagerie ne sont pas forcément responsables des signes que présente la personne âgée. Donc, il faut vraiment… On leur a expliqué comment faire pour ne pas confondre le vieillissement normal, qui n’est donc pas symptomatique, des anomalies qu’on retrouve, qui expliquent donc pourquoi la personne âgée vient consulter.

 « Le vieillissement est un enjeu sociétal et médical majeur au Cameroun. »

 

Le vieillissement de la population, avec son lot de défis médicaux, sociodémographiques et financiers, a été mis en lumière par la

Pre Madeleine NGANDEU NAWE, rhumatologue

à l’université de Yaoundé 1. Alors que l’espérance de vie augmente, la nécessité de repenser la prise en charge des personnes âgées et de promouvoir le “vieillissement en bonne santé” est plus que jamais d’actualité, soulignant l’urgence de la prévention et d’une intégration sociétale adaptée.

Je vous remercie de l’occasion que vous m’offrez de parler du vieillissement et de ses enjeux. En fait, le vieillissement est intrinsèquement lié à l’âge. Lorsque l’on a 65 ans ou plus, on est considéré comme une personne âgée. Cette problématique est associée à diverses situations cliniques, notamment des maladies cardiovasculaires, endocriniennes, digestives – bref, l’ensemble des systèmes corporels peut être affecté, y compris la peau. Les maladies de l’appareil locomoteur, telles que l’arthrose et l’ostéoporose, sont particulièrement l’apanage des personnes âgées.

À côté de cet enjeu médical et sanitaire, le vieillissement soulève également des enjeux sociodémographiques. L’augmentation du nombre de personnes âgées dans une population implique d’accroître les ressources allouées à leur prise en charge. Par exemple, les pensions de retraite doivent être réajustées en fonction de la croissance de cette frange de la population.

Il est donc impératif de repenser notre société pour que les personnes âgées y soient pleinement intégrées. En réalité, c’est à nous d’adapter le fonctionnement de la société pour les inclure.

En dehors de ces enjeux sociodémographiques, il y a aussi des enjeux financiers. Comme je l’ai mentionné, la prise en charge des personnes âgées coûte cher. Que ce soit pour les pathologies comme les fractures ou l’arthrose, avec les prothèses articulaires au niveau de la hanche ou du genou, les coûts sont très élevés. Sommes-nous prêts à les prendre en charge ? Sommes-nous prêts à assumer une vieillesse sans maladie dans l’état actuel des choses si nous n’avons pas repensé la manière dont les personnes âgées vont vivre avec nous ? Avec nous, parce que nous-mêmes, demain, si Dieu nous prête vie, serons des personnes âgées. Il est très important de penser à ces aspects.

En Afrique, et particulièrement au Cameroun, la prise en charge des personnes âgées est majoritairement assurée par les enfants ou d’autres membres de la famille. Est-ce toujours possible ? De plus en plus, des personnes âgées subissent des maltraitances, qu’elles soient psychologiques ou physiques. Il est donc essentiel de repenser le modèle : comment voulons-nous que nos aînés vivent dans notre contexte ?

Bien sûr, avec l’âge, surviennent de nombreuses maladies chroniques non transmissibles. La prise en charge de ces maladies revient également très chère. Pour conclure mon propos, je dirais que la prévention est la plus importante. D’autant plus que l’OMS a désigné la décennie 2021-2030 comme la décennie du vieillissement en bonne santé.

La prévention est donc la règle numéro 1. Comme vous l’avez vu dans les autres exposés qui ont suivi, toutes les maladies et modifications liées à l’âge nécessitent une approche proactive.

Propos recueillis par Elvis Serge NSAA

 

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