Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • ACTUALITE
  • Insécurité alimentaire : Le gouvernement face à ses responsabilités
ACTUALITE

Insécurité alimentaire : Le gouvernement face à ses responsabilités

Email : 63

4,5 millions de Camerounais en zone à risque, 428 000 personnes menacées de perdre toute aide faute de financement : les chiffres de l’INS et les alertes du PAM posent une question directe celle de la réponse de l’État face à une crise qui dure depuis des années.

Un rapport qui confirme une trajectoire déjà connue

Le rapport conjoint sur la sécurité alimentaire et nutritionnelle publié le 7 août par l’Institut national de la statistique (INS) chiffre à 4,5 millions le nombre de Camerounais en zone à risque d’insécurité alimentaire aiguë en mars 2026, soit 15% de la population. Ce chiffre n’a rien d’une surprise : dès décembre 2025, le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Gabriel Mbaïrobe, avait lui-même annoncé que 3 120 294 personnes, soit 11% de la population, étaient en insécurité alimentaire et nutritionnelle aiguë entre octobre et décembre 2025. En un an, la situation ne s’est donc pas stabilisée : elle s’est aggravée.

Les projections FEWS NET pour la période courant jusqu’à septembre 2026 confirment cette dégradation : dans les zones les plus touchées du pays, les faibles perspectives de récolte maintiendront les ménages en situation de crise dans les zones touchées par l’insécurité, selon le réseau d’alerte précoce.

Le PAM dit ne plus pouvoir suivre

Sur le terrain, l’agence des Nations unies chargée de l’aide alimentaire alerte sur ses propres limites. Le représentant du PAM au Cameroun, Gianluca Ferreira, a expliqué en mai que le programme a dû fermer cinq bureaux à travers le pays, faute de moyens. Il a précisé que le plan opérationnel 2026 visait à venir en aide à environ 600 000 des 2,9 millions de personnes souffrant d’insécurité alimentaire et que, sur cet objectif déjà réduit, seules 170 000 personnes avaient pu être atteintes entre janvier et mars,avec des rations réduites.

Dès décembre 2025, l’agence onusienne avait prévenu que sans financement supplémentaire, 428 000 personnes, dont 210 000 enfants et mères, pourraient perdre une aide vitale en 2026.

Un plan de réponse national qui ne trouve pas ses financements

Le Plan de besoins et de réponse humanitaire (HNRP) 2026, coordonné par OCHA, réclame 319 millions de dollars pour venir en aide à 1,9 million de personnes sur les 2,9 millions recensés comme étant dans le besoin. Le passif de l’année précédente donne la mesure du problème : en 2025, à peine 1 million de personnes sur les 2,1 millions ciblés avaient reçu une assistance.

Face à ce constat, des voix critiques s’élèvent sur la capacité de l’État à anticiper ce type de crise plutôt que de la gérer dans l’urgence certains observateurs pointant, à titre de comparaison, les mécanismes de régulation des exportations céréalières mis en place par d’autres pays producteurs pour sécuriser leur marché intérieur.

Ce que la crise révèle sur le terrain

Les conséquences documentées par les organisations humanitaires sont concrètes : dans l’Extrême-Nord, zone la plus touchée selon le PAM, les acteurs de terrain, dont Médecins sans frontières, rapportent une détérioration des indicateurs de malnutrition infantile. La Croix-Rouge camerounaise, de son côté, cherche à étendre son assistance à 330 000 personnes vulnérables, mais reconnaît que cette réponse dépend d’un financement encore incertain.

img

Elvis Serges NSA'A DJOUFFO TALLA

Rédacteur en Chef Adjoint

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos Santé n° 1484 du lundi 14 septembre 2026

×