Shopping cart

Subtotal CFA

View cartCheckout

Echosanté est un magazine de santé en ligne dédié à l’information fiable, à la prévention, au bien-être et aux innovations médicales, pour aider chacun à mieux vivre et décider.

TnewsTnews
  • Home
  • A LA UNE
  • Lutte contre la poliomyélite : le Rotary International déterminé à éradiquer la maladie
A LA UNE

Lutte contre la poliomyélite : le Rotary International déterminé à éradiquer la maladie

Email : 269

En prélude à la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la polio prévue ce vendredi 24 octobre 2025, le Rotary International, en synergie avec des organisations internationales et le programme élargi de vaccination (PEV), a lancé une vaste campagne pour venir à bout de la polio ;

Plusieurs activités de sensibilisation sont au programme afin de permettre aux populations de comprendre l’importance de la vaccination qui a déjà contribué à 99 % à l’éradication de cette maladie dans le monde ;

Dans un entretien exclusif, le Dr Adalbert Tchetchia, point focal journée mondiale de lutte contre la poliomyélite/PEV, évalue la situation de la poliomyélite au Cameroun. Il évoque également les stratégies mises en œuvre dans la lutte et les défis à relever.

Au moment où la célébration de la Journée mondiale de lutte contre la polio bat son plein, le Rotary Club, en synergie avec le Programme élargi de vaccination, a lancé une vaste campagne. Avec pour thème mobilisateur « Pour un monde sans polio », l’enjeu est colossal : vacciner 400 millions d’enfants chaque année pour atteindre l’objectif d’éradication fixé pour 2029.

Pionnier de cette lutte humanitaire depuis 1985, le Rotary International est le moteur de l’Initiative mondiale pour l’éradication de la poliomyélite (IMEP), aux côtés de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de l’UNICEF et, plus récemment, de la Fondation Bill et Melinda Gates. Le Rotary, fort de ses 1 400 000 membres et d’une devise centrée sur le service, a fait de la lutte contre la poliomyélite sa priorité absolue.

Un engagement historique pour un impact mondial

L’engagement du Rotary ne date pas d’hier. Le docteur Sylvie Handy, présidente de la Commission nationale Polio Plus du Rotary au Cameroun, rappelle l’origine : « La première fois que le Rotary est entré en rapport avec la polio médicale, c’était en 1979. Le Rotary a organisé une campagne de vaccination aux Philippines et a pu vacciner 6 millions d’enfants pendant 6 ans. » Face au succès, et alors que « 1000 enfants par jour contractaient la maladie dans le monde entier », le programme « Polio Plus » est né en 1985. C’est cette initiative qui est à l’origine de l’IMEP.

Depuis, les résultats sont spectaculaires : « Plus de 3 milliards d’enfants ont été vaccinés » à travers le monde. Grâce à ces efforts, la maladie a disparu à « plus de 99 % ». En 35 ans de lutte, les membres du Rotary ont apporté plus de 2,1 milliards de dollars et d’innombrables heures de bénévolat, contribuant également à mobiliser plus de 10 milliards de dollars de la part des gouvernements.

Les derniers kilomètres : défis et plan stratégique 2022-2029

Malgré ces avancées, « le travail n’est pas terminé », insiste le Dr Sylvie Handy. Le défi réside dans les derniers 1 % de la maladie. La forme la plus virulente, le poliovirus sauvage, n’est plus endémique que dans deux pays, l’Afghanistan et le Pakistan. Néanmoins, l’Afrique est confrontée au « poliovirus dérivé du vaccin », une forme qui invalide et peut être mortelle, nécessitant une vigilance continue dans plus de 70 pays. Pour surmonter ces derniers obstacles, le Conseil de surveillance de la poliomyélite a approuvé en octobre 2024 un budget pluriannuel totalisant 6,9 milliards de dollars US pour la période stratégique prolongée 2022-2029. L’objectif est double : éradiquer le virus là où il est endémique et maitriser les flambées causées par les virus mutants.

Sensibilisation et appel aux parents

En amont de la Journée mondiale, des actions « En finir avec la polio » sont organisées pour faire le point sur la situation. Le comédien et scénariste Adda Abdelli, parrain de la campagne, apporte son soutien actif à cette mise en lumière. Au Cameroun, la Commission nationale Polio Plus a adapté ses activités. Suite à l’actualité nationale, une marche de sensibilisation a été remplacée par une causerie éducative prévue à l’hôpital de district de Biyem-Assi la semaine prochaine.

Le principal défi sur le terrain reste la réticence de certains parents à la vaccination, aggravée par la désinformation post-COVID-19. « Un parent a le devoir de protéger ses enfants », clame le Dr Sylvie Handy, rappelant que la polio est une maladie « irréversible » rendant l’enfant « handicapé à vie ». Son cri du cœur est clair : « Chers parents, n’hésitez pas. C’est deux gouttes de vaccin oral. Ce n’est même pas une piqûre… Plus il est vacciné, mieux ça vaut, mieux son immunité est bonne et mieux il est protégé. »

L’objectif du Rotary est de laisser un monde sans polio. Célébrer cette Journée mondiale, le 24 octobre, est « essentiel pour rappeler que beaucoup d’efforts ont été faits, mais le travail n’est pas terminé.   « Il ne reste qu’un petit bout de chemin, et si nous prenons conscience ensemble, nous allons finir par arriver au bout de cette maladie », conclut le Dr Sylvie Handy. Il faut préciser que durant les campagnes organisées au Cameroun, le Rotary International prend en charge le financement des vaccins, leur transport, le matériel, le personnel de santé et la surveillance environnementale.

Junior NTEPPE KASSI

Interview

« Pouvoir couvrir au moins 90 % des enfants à un âge de 0 à 5 ans ». 

Dr Adalbert Tchetchia, point focal journée mondiale de lutte contre la poliomyélite/PEV.

Docteur, pouvez-vous nous parler des principales stratégies mises en place par le Programme élargi de vaccination (PEV) pour lutter contre la poliomyélite ?

Je vais d’abord vous parler de la lutte contre la poliomyélite dans le cadre de la 37ᵉ Journée mondiale de lutte contre la polio que nous subissons, à la suite également du communiqué signé par le ministre de la Santé publique. Pour ce qui est de la lutte contre la poliomyélite, globalement le pays prend appui sur les stratégies qui ont été élaborées au niveau mondial. Ces stratégies sont contenues dans un document qui a pour titre : « Stratégie d’éradication de la poliomyélite 2022-2026 ». Donc globalement, cette stratégie d’éradication de la poliomyélite 2022-2026 vise à interrompre la circulation de tout poliovirus, le poliovirus étant le virus qui a agressé cette maladie qu’on appelle la poliomyélite, et donc les conséquences graves se manifestent notamment par les paralysies davantage chez les personnes de moins de 15 ans.

Parmi ces stratégies, il en existe essentiellement 4. La première stratégie porte donc sur le renforcement de la vaccination de routine. Vous savez, quand nous disons vaccination de routine, les parents, au jour le jour, ici je ne vais pas aller spécifiquement des mamans, souvent également parfois accompagnés de leurs maris, se rendent dans les formations sanitaires, ça peut être un centre de santé, ça peut être un centre médical d’arrondissement ou alors un hôpital. Ces parents-là se rendent donc dans ces formations sanitaires à l’effet de vacciner leurs enfants dès la naissance.

C’est-à-dire que dès la naissance, l’enfant va recevoir un vaccin qu’on appelle le BCG et la dose 0 du vaccin contre la poliomyélite. Et puis on va donner un rendez-vous aux parents et qu’ils vont revenir un mois et demi après pour recevoir la première dose du vaccin contre la poliomyélite et d’autres doses du vaccin qui accompagnent la poliomyélite. Donc cette première stratégie vise donc à d’abord renforcer, c’est-à-dire s’assurer que les vaccins sont disponibles dans les formations sanitaires, que quand les parents arrivent dans ces formations sanitaires, que les enfants puissent effectivement bénéficier de ces vaccins. Il faut dire que pour ce qui est du placement du vaccin contre la poliomyélite, l’enfant doit le prendre jusqu’à l’âge de 3 mois et demi. Donc, à 3 mois et demi, l’enfant reçoit donc la troisième dose de ce vaccin.

Renforcer la vaccination de routine également, c’est s’assurer que le personnel de santé est bien formé et capable d’accueillir les parents dans les formations sanitaires, de bien conserver les vaccins évidemment. Donc ça c’est la première stratégie de la vaccination qui s’est faite au jour le jour dans les formations sanitaires. Deuxièmement, l’autre stratégie, c’est de pouvoir faire ce qu’on appelle la surveillance épidémiologique.

Donc pendant qu’on vaccine, on s’assure également de savoir si les doses de vaccins qui sont administrées aux enfants, est-ce que ces vaccins sont efficaces. Parce que si les vaccins sont efficaces, de moins en moins on a également les maladies qui surviennent. Donc la surveillance épidémiologique se fait également pour pouvoir voir s’il y a des cas de poliovirus par exemple dans l’environnement ou alors s’il y a des cas de paralysie chez les enfants en communauté et qu’il faudrait prélever et puis envoyer au laboratoire pour détecter s’il n’y a pas un virus, notamment le poliovirus qui est à l’origine de cette paralysie là.

Donc ça c’est la deuxième grosse stratégie, c’est de faire la surveillance épidémiologique. Et que nous faisons à deux niveaux, dans le niveau environnemental, où il y a des eaux sales qui sont prélevées et puis, disons, des eaux souillées par le poliovirus. Ça peut entendre les eaux souillées par le poliovirus.

Et puis également, la surveillance qui s’est faite en modifiant tous les cas de paralysie. Troisièmement, c’est l’organisation des campagnes. On voit que les populations globalement sont habituées à suivre, que les pays organisent une campagne de vaccination contre le poliovirus.

Donc, c’est une troisième stratégie majeure parce que cette stratégie-là notamment vise à riposter aux épidémies de poliovirus. Donc lorsqu’il y a des cas de poliovirus qui sont détectés dans l’environnement ou alors chez l’Homme, à ce niveau-là, il faut riposter par une campagne à l’effet d’interrompre la circulation de ce virus-là sur l’échelle du territoire camerounais. Quatrième stratégie, c’est la communication et l’engagement communautaire.

Au niveau de la communication, il est notamment question de sensibiliser les communautés. D’abord sur cette maladie, pourquoi est-ce que cette maladie-là est grave, pourquoi est-ce que ça a été une maladie d’abord contagieuse. Donc pourquoi est-ce que les enfants et les populations communautaires sont en risque de l’attraper, vu les conditions également sanitaires dans lesquelles nous vivons ? On attrape le virus à la bouche, et les enfants sont beaucoup plus à risque parce que côté hygiène, les enfants ne se contrôlent pas, comme les adultes notamment. Donc il y a cette sensibilisation qui est faite sur la maladie, sur les mesures d’hygiène, qui est faite également sur l’importance de la vaccination. À côté de la communication, il y a également ce qu’on appelle l’engagement communautaire.

Dans l’engagement communautaire, il y a notamment le fait d’engager les médias que vous êtes. L’engagement communautaire qui s’est fait via les leaders communautaires, notamment les chefs traditionnels, les leaders religieux, les leaders associatifs, bref, les associations également, les organisations, les associations des civils.

Donc voilà un peu les quatre stratégies sur lesquelles le pays s’appuie. Il faut dire que l’initiative mondiale d’éradication de la poliomélite a commencé dans le monde en 1988. Rendu aux années 2000, grâce à cette stratégie, on avait éradiqué la poliomélite dans le monde à hauteur de 99 %. Donc, tout ce que nous faisons jusqu’ici, c’est les 1 % restants pour pouvoir véritablement éradiquer cette maladie-là. Donc c’est dans ce cadre-là que se déploient les quatre stratégies citées.

Comment évaluez-vous l’impact des campagnes de sensibilisation sur la participation des communautés aux efforts de vaccination ?

On peut dire que, vu quand même les progrès qui ont été réalisés dans le cadre de l’éradication de la poliomélite, parce qu’il faut dire qu’en 2020, on a obtenu le statut du pays exempt pour le virus sauvage. On parle bien de la forme sauvage du virus.

Ça, c’était en 2020. Ce qui montre quand même que la sensibilisation qui a été faite auprès des communautés a eu pour effet d’amener les populations à des campagnes de vaccination qui étaient organisées. Et c’est ce qui a donc conduit à l’éradication de cette forme sauvage du virus. Il est très important de comprendre pourquoi est-ce que les campagnes sont encore organisées. Et ça aussi, c’est un autre pan de sensibilisation. Elles sont tout simplement organisées parce qu’actuellement, les cas de poliomélite auxquels nous faisons face sont dus au poliovirus variant, c’est-à-dire c’est la forme variante du virus.

Parce que quand le virus est sans attaque, il se déforme aussi. Il prend d’autres formes. Et donc, du coup, il peut poser la maladie en passant d’une autre forme de virus que la forme sauvage qui avait été éradiquée jusque-là. Du point de vue de l’impact de la sensibilisation, elle est réelle. Mais il y a encore des lignes, notamment en raison de l’humeur, qui sursurtoutent. Parce que les gens ne comprennent pas, par exemple, pourquoi est-ce que nous continuons d’organiser des campagnes.

Il faut continuer de sensibiliser. Non, c’est parce que nous continuons de faire face à la survenue d’épidémies liées à la poliomélite. Il y a des cas de poliovirus, même si ce n’est pas le poliovirus sauvage, mais les poliovirus variants qui sont détectés. Non seulement en l’année 2020, c’est-à-dire qu’on va détecter plusieurs cas. Et il faut bien se reposer contre ces cas-là parce qu’elles causent bien des paralysies chez les enfants. Et on ne peut pas rester sans rien faire lorsqu’on observe la souffrance des enfants du fait de ces paralysies-là. Donc, il y a l’impact, mais le défi demeure encore.

Quels sont les défis à relever ?

Il y a plusieurs défis. Effectivement, il y a plusieurs défis. J’ai bien déjà dérivé le défi à ce que je vais appeler l’hésitation vaccinale. Vous savez, l’hésitation vaccinale est du fait que les gens se posent beaucoup de questions sur les vaccins, et notamment le vaccin contre la poliomélite. Pourquoi est-ce qu’on organise des campagnes de vaccination à répétition ? J’ai expliqué pourquoi. C’est parce que le virus continue de circuler sous sa forme variante.

Et ce virus-là, pour le virus, continue de causer des paralysies chez les enfants. Il faut bien qu’on le poste pour pouvoir protéger les enfants. On leur souhaite bien d’éradiquer ce virus.

Donc, l’hésitation vaccinale, également, s’explique en raison des réseaux sociaux. Vous voyez, il y a tellement de désinformations, de fake news qui circulent sur le vaccin en lui-même. Il faut bien pouvoir sensibiliser les communautés pour bien s’en rendre compte.

C’est un vaccin qui est déjà administré en routine, car les parents et les parents de certaines formations sanitaires se vaccinent et l’administrent. Mais il y a aussi le même vaccin administré lors des campagnes, même s’ils ne signent pas la même souche virale. Parce que c’est quand on détecte un virus qu’on va utiliser le vaccin, qui rompt sa circulation dans la communauté.

Un autre défi est lié, je vais l’appeler le défi transfrontalier. Vous savez que le Cameroun, c’est un pays qui est frontalier à d’autres pays, comme le Nigéria ou le Tchad. Or, ces pays que je viens de citer sont des pays qui sont encore endémiques à la communauté. En raison du mouvement des populations entre le Tchad et le Cameroun, entre le Nigéria et le Cameroun, nous avons arrêté d’avoir ces épidémies là sur le territoire. Les populations du Cameroun qui vont au Tchad, au Cameroun, au Nigéria, et qui peuvent en rentrer avec le virus. Donc, il est important de faire ce que j’appelais tout à l’heure la silience épidémiologique.

Deuxièmement, il est important de continuer d’organiser ces campagnes de vaccination lorsque nous détectons des cas de pauvreté. Le défi transfrontalier, il faut pouvoir le maîtriser, ça reste encore un défi. Un troisième défi : est-ce qu’il y a une ouverture vaccinale ? Tout à l’heure, je vous parlais de la vaccination qui est un outil d’information sanitaire.

L’objectif du pays, c’est de pouvoir couvrir au moins 90 % des enfants à un âge de 0 à 5 ans. Qu’ils puissent recevoir les deux doses, même s’il y a la dose zéro. Il y a une dose zéro, puis il y a trois doses qui suivent jusqu’à trois mois et demi. Donc que les enfants, pour chacune de ces doses-là, puissent être vaccinés à hauteur de 90 %. Lorsque nous enchaînons, nos réalisations actuelles sont encore de l’ordre de 80 %. Donc, on a encore 10 % d’enfants qui naissent, qui grandissent jusqu’à l’âge de trois mois et demi. Et qui atteignent l’âge de cinq ans sans avoir été vaccinés contre la polio. Ces enfants-là constituent des risques, parce qu’ils sont exposés au virus. 10 %, c’est beaucoup. S’il faut prendre 10 % sur, par exemple, un million. Vous voyez, on est dans une centaine de milliers d’enfants. Et un peu plus, qui peuvent être un risque pour les autres enfants. S’ils ont le virus, ils peuvent également contaminer les autres. Donc là, le défi n’était pas du maximum. Un autre défi que je pourrais citer à côté.

Propos retranscrits par Junior NTEPPE KASSI

Comments are closed

Articles similaires

📰 Dernière parution : Echos santé n°1388 du vendredi 17 avril 2026

×