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Ngaoundéré : Quand l’insalubrité dicte sa loi.

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Les populations de la capitale régionale craignent la flambée des maladies hydriques.

Insalubrité à Ngaoundéré. Images prises ce 29 juin 2026.A Ngaoundéré, chef-lieu de la région de l’Adamaoua, les images sont saisissantes. Des tas d’immondices à proximité des vivres installées à même le sol, bacs à ordures débordées, des routes quasiment bloquées par les ordures ménagères. Non loin de là, ce sont des tâcherons qui s’évertuent à la tâche de nettoyage de poisson des clients achetés juste dans une poissonnerie à proximité. Non loin de là, se trouve l’un des quartiers mythiques de la ville, Joli Soir. Aux carrefours Jean Congo et Gabriel, les images sont loin d’être différentes. De la viande de brousse et d’autres légumes vendues cohabitent allégrement avec le dépotoirs d’ordures. Au sein de la communauté, des voix s’élèvent pour dénoncer l’accumulation des ordures ménagères qui menacent. En ce moment de grande pluie dans la région, certains habitants redoutent les maladies. Dans une tribune, Fabrice Chonang, acteur de la société civile appelle les municipalités à plus d’action de salubrité. Même le fameux ‘’jeudi de propreté’’ a du mal à faire tache d’huile, les populations préférant garder les commerces et autres espaces marchands fermés en attendant 10 heures pour les ouvrir. Pour lui, la ville de Ngaoundéré affiche un visage peu reluisant avec l’insalubrité qui expose les habitants à divers risques. « Dans plusieurs marchés et quartiers de Ngaoundéré, les tas d’ordures côtoient quotidiennement les aliments destinés à la consommation. Fruits, légumes, poissons et autres denrées sont exposés aux mouches, aux mauvaises odeurs et aux microbes, mettant en danger la santé des populations. Où sont les services d’assainissement ? Où est la mairie ? Qui est responsable de cette situation qui dure depuis trop longtemps ? », s’interroge-t-il. Et d’interpeller les autorités partant de la loi n°96/12 du 5 août 1996 portant loi-cadre relative à la gestion de l’environnement dispose également que les lois et règlements doivent garantir à chacun le droit à un environnement sain et que les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les autres acteurs ont la responsabilité de protéger cet environnement. Cissé Djibril, un autre acteur de la société civile s’inscrit dans la même logique en initiant des campagnes de sensibilisation. Au petit marché de Ngaoundéré, les commerçants se plaignent de cet état de choses. « Parfois le bac à ordures qui est plein n’est pas retiré et la communauté de vendeurs n’a d’autres choix que de déposer les ordures à même le sol », se plaint maman Isabelle, bayam-selam. Actions des communautésPour accompagner dans l’assainissement de l’environnement, des associations des jeunes à l’instar de l’Association des Jeunes de l’Adamaoua pour la Participation au Développement (Ajapad), organisent régulièrement des activités de nettoyage. Appuyés par certaines chefferies traditionnelles à l’instar de Sabongari 3, les membres de l’association mettent la propreté dans les quartiers tous les jeudis. Des actions qui s’avèrent insuffisantes au vue de la production importante des déchets ménagers. Problèmes d’aménagements et risques sanitaires accrusSi certains habitants accusent la municipalité et l’entreprise en charge de l’hygiène et la salubrité, les urbanistes dénoncent un faible aménagement des quartiers de la ville. Selon une étude commise par une équipe de chercheurs de l’Université de Ngaoundéré conduite par le feu Professeur Michel Tchotsoua en 2018, la ville fait face à une urbanisation désordonnée. Ce qui limite les accès aux structures en charge du ramassage des ordures ménagères. Sur le plan sanitaire, le risque des maladies hydriques à l’instar du choléra est palpable, en cette saison des grandes pluies. Lors d’une réunion l’année dernière sur l’implication des collectivités en matière de lutte contre les maladies, le coordonnateur du Groupe Technique Régional du Programme Elargi de Vaccination (Pev), docteur Koona Koona Joseph Adonis relevait qu’aucune lutte contre les maladies ne peuvent produire des résultats sans l’implication des municipalités. L’insalubrité associée au retour des pluies constitue un risque majeur pour la santé des populations surtout en ce moment l’Etat éprouve des difficultés à soutenir ses programmes de santé avec la rareté des ressources financières marquée par le retrait des bailleurs des fonds. Cette implication permettrait au Cameroun de lui éviter des dépenses supplémentaires dans les maladies comme le choléra et le paludisme qui place le pays parmi les 10 pays les plus touchés au monde par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Rendu ce lundi matin à la Communauté Urbaine de Ngaoundéré afin de rencontrer les responsables, ni le maire ni ses deux adjoints, personne n’était au bureau lors de notre passage. L’insalubrité dans la ville de Ngaoundéré en ce moment des pluies, au-delà du visage hideux qu’elle donne à la ville, représente des réelles menaces pour la santé des populations. Une prise de conscience collective et la responsabilité des autorités en charge de l’assainissement permettrait d’éviter la résurgence des maladies hydriques.

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Jean Besane Mangam qui cumule plus de 5 ans d’expérience. Titulaire d’un Master en Histoire et d’un certificat en documentation et archivistique, et correspondant de Echos Santé dans l’Adamaoua depuis 2020. Il a à son actif plusieurs certifiants en journalisme et le fact-checking dont Africa Fact Checking fellowship, Desinfox Afrique Cameroun, Code for Africa et Internews (vaccins et grands singes). Boursier de la Thomson Reuters Foundation / Fonds Mondial, Dakar 2024 mais aussi lauréat de plusieurs prix, Banque Mondiale en 2018, CDC/ Épicentre/CCOUSP en 2021 et Victoria International Media Merit Award en 2022.

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📰 Dernière parution : Echos santé n°1434 du mardi 30 juin 2026

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